Lecteur : Morris Cassandra

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi, 11 janvier 2016

How to save a life, de Sara Zarr.

How to save a life

L'ouvrage:
Après vingt-cinq ans de mariage, le mari de Robin Macsweeny est mort. Ils souhaitaient adopter un enfant. Elle décide de le faire seule. C'est ainsi que Mandy, dix-neuf ans, arrive chez les Macsjeeny. Lorsque son bébé sera né, elle le donnera à Robin. Tout cela n'est pas du goût de Jill, dix-sept ans, fille de Robin.

Critique:
À travers ce roman, Sara Zarr soulève plusieurs questions. Comment faire son deuil? Comment réagir à la sollicitude des autres? Comment montrer sa sollicitude à quelqu'un qui en a besoin, mais ne sait pas la recevoir. Jill et Robin font ce qu'elles peuvent pour combler le vide, pour ne pas s'effondrer. Jill est souvent injuste envers Mandy, mais qui ne le serait pas à sa place? Une parfaite inconnue débarque, elle est censée donner son bébé à la famille... mais rien n'a été signé, conformément au souhait de cette inconnue...

Se pose également la question de la confiance qu'on peut accorder aux autres. Jill se méfie de Mandy. Qui l'en blâmerait? Mandy réfléchit, et a peur de ne pouvoir faire confiance à Robin, malgré la gentillesse de cette dernière. Cela se comprend également. Le monde fourmille de gens indignes de confiance. Je me suis sans cesse demandé ce que je ferais à la place de tel ou tel personnage, dans cette situation très délicate. Sara Zarr montre d'ailleurs plusieurs types de réactions. Si Jill se montre fermée à Mandy, Robin et Dylan sont à l'écoute. Si Mandy pressent qu'elle peut faire confiance à Robin, ce n'est pas à elle que vont ses confidences.

L'auteur met également en regard deux jeunes filles ayant eu une vie totalement différente. J'ai compris les doutes de Mandy et sa maladresse chronique dans la vie en général. On pourrait la voir comme une cruche. Je pense que c'est plutôt quelqu'un qui a poussé comme elle a pu, qui n'a pas été armée, et qui n'a pu survivre qu'en s'adaptant. Et parfois, l'adaptation nécessite de s'effacer, et provoque l'absence de révolte.
Quant à Jill, elle est bien analysée aussi. Sa détresse est toute autre, mais nécessite également une adaptation.

L'intrigue peut paraître un peu lente, un peu grosse. Je ne sais pas trop. Cela m'a plu, même si certaines choses semblaient prévisibles. J'aurais quand même aimé que certaines choses soient moins rapides, ou du moins qu'on les voie davantage se régler.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par les éditions Listenning Library. Ariadne Meyers lisait les passages narrés du point de vue de Jill, et Cassandra Morris ceux vus par Mandy.
Je connaissais déjà Cassandra Morris dont j'aime la voix et le jeu. J'ai également apprécié Ariadne Meyers. J'ai quand même été surprise que Jill ne soit pas interprétée par une comédienne qui aurait eu un timbre plus adolescent. Après tout, elle a dix-sept ans.

Acheter « How to save a life » en audio anglais sur Amazon

mercredi, 2 février 2011

Pouvoirs obscurs, tome 2: L'éveil, de Kelley Armstrong.

Pouvoirs Obscurs, tome 2

Note: ce livre sort en français le 11 mars 2011.

L'ouvrage:
Chloé est à la merci du groupe de médecins de Lile House. Elle doit trouver un moyen de s'enfuir. Elle ne peut faire confiance à personne. Sa peur est accentuée par une découverte troublante: apparemment, tous les adolescents pensionnaires de Lile House y ont été emmenés exprès.

Critique:
Si le tome 1 était intéressant, le tome 2 est captivant. Là encore, il n'y a aucune longueur, les aventures s'enchaînent. L'auteur parvient à nous plonger dans son univers, on se retrouve dans la rue, avec les enfants, en quête du père de Simon et de Derek.
Les thèmes et les personnages sont plus fouillés que dans le tome 1. Les situations ne sont pas prévisibles. Là encore, l'intrigue est très bien menée.
Il est intéressant de voir que la plupart des personnages subissent leurs pouvoirs, sur tout Derek et Chloé. Pour Derek, ce n'est pas un pouvoir, à proprement parler. Avoir des pouvoirs n'apporte pas forcément un plus, c'est même douloureux. Certains les contrôlent partiellement, mais lorsqu'un sort contrôlé est jeté, il ne dure pas longtemps.

Le personnage de Tory est plus creusé, car si elle agace le lecteur, elle le fait rire aussi. Il ne peut s'empêcher de la prendre en pitié, car madame Enright (sa mère), se montre pire que dans le tome 1.
Ses relations avec Chloé sont également bien analysées. Les deux jeunes filles ne s'aiment pas, mais leur infortune fait qu'elles sont obligées de se supporter. Malgré leur mésentente, et même l'aversion de Tory, elles s'accordent sur certains points, et sont parfois solidaires.

Les relations entre Chloé et les deux frères sont également bien décrites. Dans ce genre de livres, on pourrait croire que les deux frères sont amoureux de l'héroïne, et qu'une rivalité naît entre eux. Ici, c'est beaucoup plus crédible. Les deux frères sont peut-être amoureux de Chloé, mais seul l'un fait de timides tentatives vers elle. L'autre est plus complexe. On sent le sentiment amoureux sous-jacent, mais on ne serait pas surpris si le tom 3 ne révélait qu'une profonde amitié. Le lecteur peut spéculer, ce qui est une bonne chose.

Le livre n'est pas manichéen, car certains personnages agissent pour ce qu'ils croient être bien, et au final, cela fait du mal à d'autres. Ce n'est pas juste des «méchants» qui s'acharnent (sauf quelques-uns), ce sont des gens qui écoutent leur coeur, et parfois, se trompent.

Je n'aime pas trop le personnage d'Andrew. On ne le voit qu'à la fin, et il est sympathique, mais il ne m'inspire pas confiance.
En outre, la réflexion que se fait Chloé à la toute fin interpelle le lecteur: cette adolescente normale, parachutée dans une aventure incroyable, découvrant qu'elle a des pouvoirs... elle change de vie tout comme elle découvre des choses sur elle-même et ses parents.

Tout comme à la fin du tome 1, Kelley Armstrong nous laisse avec des questions, et une grande hâte de découvrir le tome 3.

Il y a une incohérence: lorsque Chloé voit sa tante, et que Derek ne la voit pas, Chloé en déduit que sa tante est morte. Les autres tentent de la rassurer en lui disant que non, que c'est un sort qu'ont jeté les «méchants» qui veulent les attraper. Personne ne montre le défaut de ce raisonnement. En effet, lorsque Chloé voit sa tante, celle-ci la conduit droit à Derek. Si cela avait été un sort jeté par les «méchants», la fausse tante aurait conduit Chloé droit dans la gueule du loup. (Ceux qui ont lu le livre comprendront la saveur de cette fin de phrase.)

Je n'ai pas encore le tome 3, mais j'ai hâte de le lire.
En général, je préfère chroniquer une série en entier (surtout si elle me plaît), mais je me résous à publier les chroniques des tomes 1 et 2, car je ne sais pas quand j'aurai le 3.

Éditeur français: Castelmore.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Morris pour les éditions Recorded Books.
Là encore, Cassandra Morris fait preuve d'un grand talent et de beaucoup de naturel. C'est un vrai plaisir d'écouter sa voix et sa façon d'interpréter.

Acheter « Pouvoirs Obscurs, tome 2 » sur Amazon

mardi, 1 février 2011

Pouvoirs obscurs, tome 1: L'invocation, de Kelley Armstrong.

Pouvoirs Obscurs, tome 1 Note: Le tome 1 sort en français le 11 février 2011.

L'ouvrage:
Ce matin-là, Chloé Saunders s'éveille mal à l'aise: elle a fait un cauchemar où des fantômes parlaient à une Chloé de trois ans.
par la suite, un incident se produit pendant qu'elle se rend à son école: elle voit un garçon se jeter sous les roues de son chauffeur. Apparemment, ce serait une hallucination.
Plus tard dans la journée, quelqu'un tente de lui parler. Elle réalise à ses dépens que c'est un fantôme.
Chloé est conduite dans un hôpital psychiatrique, Lile House, où on lui apprend qu'elle est schizophrène.

Critique:
Ce livre ne souffre d'aucun temps mort. Les rebondissements et les mésaventures s'enchaînent, ne laissant pas au lecteur le temps de s'ennuyer. En outre, on ne peut pas prévoir grand-chose, sauf que Chloé n'est pas schizophrène. Mais tout se complique car les pensionnaires de Lile House semblent tous avoir un étrange secret.

Les personnages sont attachants.
Chloé est sympathique parce qu'on peut facilement s'identifier à elle. Elle est peu sûre d'elle, ne se trouve pas jolie, mais n'est pas si bécasse que l'affirme Tory. Elle a du caractère, se révolte quand il le faut, et cherche à comprendre. Elle ne se laisse pas manipuler. On pourrait peut-être penser qu'elle est un peu trop mature pour une adolescente de quinze ans, mais pourquoi pas? De plus, c'est très subjectif. Je côtoie beaucoup d'enfants qui ont à peu près le même âge, et certains sont plus matures que d'autres.

Tory est peut-être un peu caricaturale. C'est la méchante. Elle est désagréable avec tout le monde, jalouse de la moindre attention qu'on porte à un autre qu'elle... Ce personnage un peu simpliste est parfois agaçant. Seulement, le lecteur se doute que tout n'est pas si facile lorsque Chloé assiste à une scène assez édifiante entre Tory et sa mère.

Simon est sympathique au lecteur, même s'il a l'air trop gentil, trop attentionné, etc. Il est vraisemblable. Il supporte beaucoup de choses, il est vrai.
Quant à Derek, il est intéressant car complexe. Outre ou à cause de sa «nature» (si je puis m'exprimer ainsi afin de ne pas trop en dévoiler), le lecteur le cerne mal. Apparemment, il se met rapidement en colère, et se vexe facilement. Mais il est aussi très sensible.

Concernant Lauren, elle agit de manière contradictoire, donc on ne sait trop que penser à son sujet.

Éditeur français: Castelmore.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cassandra Morris pour les éditions Recorded Books.
Cassandra Morris lit très bien! Son ton est toujours juste. Elle réussit à merveille l'exploit de prendre des voix différentes. Elle reste naturelle.

Acheter « Pouvoirs Obscurs, tome 1 » sur Amazon

jeudi, 16 décembre 2010

Moi et Emma, d'Elizabeth Flock.

Moi et Emma

L'ouvrage:
Caroline Parker a huit ans. Sa soeur, Emma, a six ans. Leur mère a du mal à se remettre de la mort de son premier mari, et oscille entre bons et mauvais jours. Richard, le beau-père des fillettes, est alcoolique et violent. Le but de Carrie et d'Emma, c'est de se trouver le moins possible à son contact. Elles ne comprennent pas trop pourquoi leur mère le laisse faire.

Critique:
J'ai voulu lire ce livre parce qu'il était enregistré par Cassandra Morris que j'aime beaucoup. Et puis, en écoutant la présentation, j'ai entendu que c'était un roman des éditions Harlequin. Je n'ai lu que deux romans Harlequin, et ils m'ont agacée, car je trouve qu'ils sont trop légers pour moi. Pour «Moi et Emma», l'envie d'entendre Cassandra Morris a été la plus forte.
Globalement, c'est vrai que certaines choses sont un peu légères, qu'il y a des incohérences et des longueurs, mais à bien y réfléchir, ce roman serait dans la veine de Mary Higgins Clark. Pour moi, ce n'est pas un compliment, mais sachant que c'était un Harlequin, je m'attendais à bien pire. Il serait même un peu mieux qu'un Mary Higgins Clark, car là au moins, la révélation finale surprend quelque peu, alors qu'avec Mary Higgins Clark, on n'est pas surpris.

Il y a donc des longueurs. Au début, on entre dans la vie des personnages, le décor est planté par Carrie, on découvre sa famille, son école, à quel point elle aimait son père. Mais ensuite, ça s'essouffle un peu. Il se passe des choses, mais il y a beaucoup de remplissage.
Le thème des enfants battus est toujours poignant, et le lecteur aura pitié des fillettes, mais là aussi, le thème est évoqué de manière assez légère... Je ne voulais pas que Carrie nous abreuvât de détails sordides, mais il me semble que l'auteur n'apporte rien de conséquent à la cause.
Par ailleurs, la mère des fillettes est assez agaçante: elle s'énerve après la mauvaise personne (même si on finit par comprendre son énervement), et elle laisse Richard faire des choses assez horribles. Les mères de ce genre sont inexcusables.

Quant aux incohérences...
Il est incohérent qu'un homme d'âge mûr enseigne à une enfant de huit ans à tirer au pistolet.
On ne sait pas exactement pourquoi le père des fillettes a été tué. Il y a des suppositions, mais pas de certitude. (Ou alors, c'est moi qui n'ai pas compris, ayant lu ce roman en anglais, et n'étant pas aussi à l'aise en anglais qu'en français.)
À la fin, on ne parle absolument pas d'aider Carrie moralement. Pourtant, ce serait la première chose à faire.
La mère des fillettes et sa soeur s'appellent toutes les deux Elizabeth.
Parfois, la mère appelle Carrie par son prénom complet: une fois, c'est Caroline-Clémentine, et l'autre fois, c'est Caroline-Louise...

En outre, après la révélation finale, le lecteur revoit certaines scènes du roman, et les explique à la lumière de ce qu'il sait. C'est là qu'il y a une chose qu'il est assez difficile d'expliquer. D'autres répliques et attitudes, par contre, s'expliquent aisément.
Ce retournement de situation est à la fois une bonne et une mauvaise chose. C'est bien parce que cela force le lecteur à revoir certaines scènes, et à chercher la petite bête. Ça le fait également réfléchir sur la psychologie de certains personnages. Cependant, ce n'est pas si crédible que cela. Qu'en pensez-vous?

Éditeur français: Harlequin.

Acheter « Moi et Emma » sur Amazon