Peur Blanche L'ouvrage:
Le laboratoire Oxenford Medical étudie un virus ravageur: le Madoba-2. C'est un virus terrible: il est très puissant et contagieux. Le laboratoire travaille sur un antidote.

Un jour, Antonia Gallo, directrice de la sécurité du laboratoire, s'aperçoit que des échantillons de l'antidote ont été dérobés. Elle découvre qui a fait cela et pourquoi. Antonia s'en veut, car quelqu'un a réussi à franchir la barrière de sécurité qu'elle a érigée. Elle décide de la renforcer afin que cela ne se reproduise plus jamais.

Kit Oxenford est le fils du patron du laboratoire, Stanley. Il a travaillé pour son père, mais lorsqu'Antonia a découvert qu'il détournait de l'argent, il a été licencié. Kit se sent trahi et injustement traité.
Etant un joueur invétéré et ne pouvant plus détourner l'argent de son père, il a accumulé de grosses dettes. Il est coincé... Mais un moyen de rembourser sa dette va lui être offert: il doit aider des malfaiteurs à cambrioler le laboratoire de son père. Ils ne peuvent réussir qu'avec son aide, car il a conçu certaines pièces maîtresses de la barrière de sécurité du laboratoire, avant d'être renvoyé.

Critique:
C'est le troisième roman de Ken Follett que je lis.
Je n'ai pas trop aimé "Code zéro", que j'ai trouvé trop manichéen, trop simpliste, trop téléphoné.
J'ai plus apprécié "Le réseau corneille", que je vous recommande, d'ailleurs.
Ici, je m'attendais à un thriller pépère. Le résumé m'avait laissé entrevoir quelque chose de convenu. J'ai été agréablement surprise. Ken Follett a trompé mon horrizon d'attente.

D'abord, on sait assez vite que le fils de Stanley Oxenford prémédite un cambriolage du laboratoire. On ne va pas passer douze heures, (le livre dure environ treize heures en audio) à se demander qui sont les malfaiteurs. Non. Il nous réserve d'autres surprises.

Ensuite, Ken Follett prend le temps de planter le décor. En général, lorsqu'un auteur de thriller fait cela, il traîne, il remplit péniblement les pages, et c'est terriblement ennuyeux. Pas ici. On découvre avec intérêt la famille de Stanley Oxenford. Il y a d'abord ses trois enfants, Kit, Olga, et Miranda. Puis le fils de Miranda, Tom, le petit ami de Miranda, Ned, et sa fille Sophie. Enfin, le mari d'Olga, Hugo, et leurs enfants: Craig et Caroline. On découvre leur quotidien, leurs caractères, leurs failles, leurs espérances. Ils ont des préoccupations communes, mais la façon dont ils sont présentés m'a divertie, alors que d'habitude, cela m'ennuie.

Tous ces personnages vont vivre des événements particulièrement traumatisants, lors de la fête de Noël qui les réunit chez Stanley. C'est ici que Ken Follett mettra l'accent sur le suspense. Nous voyons tous les personnages essayant de s'en sortir, tous unis pour aider la famille à triompher, querelles et sales caractères oubliés, ou du moins mis de côté pour un temps.

A la fin, lorsque le cauchemar est fini, Sophie ne devient pas quelqu'un d'aimable, de responsable, et d'attachant, mais pendant la crise, elle a su se battre avec les moyens qu'elle avait.
Un autre personnage ne se remet pas des atrocités vécues.
Tout cela montre que Ken Follett n'a pas créé des personnages factices, qui, après une crise, s'améliorent instantanément, changent du tout au tout. La façon dont il conduit ses personnages est bien plus réaliste et plausible. Bien sûr, j'aurais aimé que Sophie, devînt une adolescente sympathique, mais il est bien plus logique qu'elle reste une peste, même si elle a su faire preuve de force de caractère en s'unissant avec les autres pour faire face à l'horreur. J'aurais aimé que tout le monde se remît sans problème de l'agression, mais tout cela n'aurait pas été très logique. Certains personnages ont révélé de quoi ils seraient capables s'il le fallait, mais au quotidien, ils agissent comme avant.

Vous l'avez deviné, je n'aime pas du tout Sophie. C'est la caricature de la chieuse, imbue d'elle-même, se fichant de tout et de tous. Mon exaspération à son égard a été renforcée par le fait que Craig et Tom la badent.

Il y a quand même quelques petites choses qui ne m'ont pas plu.
D'abord, sachant que Kit a détourné de l'argent, sachant qu'il a des prédispositions de malfrat à cause de sa propension au jeu, pourquoi Antonia, soucieuse d'une sécurité sans faille, n'a-t-elle pas changé le dispositif de sécurité mis en place par Kit quand il travaillait au laboratoire? C'est vraiment très gros!
D'autre part, l'histoire d'amour d'Antonia est un peu téléphonée. Je sais, je trouve beaucoup d'histoires d'amour téléphonées dans les romans. Mais pas dans tous!

Malgré mes petites réticences quant à certaines choses, je recommande ce thriller qui ne manquera pas de vous tenir en haleine.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Elisabeth Morat pour les éditions VDB.

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