La couleur de la neige

L'ouvrage:
Ce soir-là, Trixie Stone, quatorze ans, se rend chez son amie Zeffer où est organisée une petite fête entre ado. Elle veut récupérer son ex petit ami, Jason Underhill qui l'a plaquée il y a quelques semaines. Les choses tournent mal. Au coeur de la nuit, Trixie rentre chez elle choquée, accusant Jason de l'avoir violée.

Critique:
Ce livre a été écrit avant que Jodi Picoult fasse du procès sa marque de fabrique. Ici, il est question de procès, mais il n'y en a pas. Du coup, ce roman semble moins formaté que certains autres.

J'ai aimé la manière dont l'auteur présente les relations de ses personnages. Elle s'attache encore à nuancer. Elle soulève des questions intéressantes. À partir du moment où Trixie sort du rôle qu'elle a toujours tenu auprès de ses camarades, certains la conspuent. Certains croient Jason qui affirme que Trixie était consentante, d'abord parce qu'il a un certain standing, mais aussi parce que tout le monde savait qu'elle lui courait après. Se posent les questions des apparences, des limites des actes de chacun, de ce que chacun est prêt à accepter.

En parallèle, le couple Stone (Daniel et Laura) connaît une autre crise. Là encore, des questions se posent. Jusqu'à quel point aime-t-on quelqu'un? Qu'est-on prêt à accepter? Que peut-on exiger? N'est-ce pas ces exigences, faites en toute bonne foi, au départ, qui finiront par être la cause de la cassure?
Ces épreuves sont comme une quête initiatique des personnages qui seront obligés d'aller au bout d'eux-mêmes, de se remettre douloureusement en question. Daniel est sûrement le plus complexe. C'est sûrement le personnage qui m'a le plus interpellée. En apparence, il est réfléchi, car il sait que c'est la meilleure attitude à avoir, mais son impulsivité, son emportement naturel reprennent parfois le dessus.

Je dois confesser que je n'ai pas apprécié Trixie. D'abord parce que connaissant Jodi Picoult, je savais ce qu'on découvre à la fin à son sujet. Bien sûr, l'auteur nuance encore une fois son propos en expliquant pourquoi Trixie a agi comme elle l'a fait. Cela fait que je l'ai comprise. Cependant, je n'ai pu m'attacher à elle. Je la voyais comme une gamine capricieuse: ceci ne me plaît pas, eh bien, je vais tout faire pour le changer, quitte à enquiquiner tout le monde. Ou bien: oh il faut que j'assume les conséquences de mes actes, tiens, si je m'enfuyais plutôt! Même si, au final, l'expérience de l'adolescente se révélera bénéfique, son attitude m'a agacée tout au long du livre.

L'intrigue est parfois un peu lente, notamment quand Bartholomeo cherche des preuves, mais aussi lorsque nous suivons le périple de Trixie.
D'autre part, l'auteur utilise cette très grosse ficelle qui consiste à nous faire miroiter une possible découverte, et à ne la dévoiler que bien plus tard. (Je parle de ce que Seth vient dire à Laura.)
Je n'avais pas deviné ce qu'on découvre à la fin quant à «l'énigme», mais je pense que j'aurais dû. La fin est ouverte: les personnages prévoient de faire certaines choses, mais on ne sait pas comment cela se passera.

Tiens, une chronique d'un roman de Jodi Picoult qui a une taille raisonnable! ;-) En effet, il y a des chroniques où j'en dévoile davantage sur l'intrigue et les personnages, étant convaincue que cela ne gâchera pas la lecture. Ici, je pense qu'il vaut mieux en dire moins.

Éditeur français: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Carol Monda pour les éditions Recorded Books.

Acheter « La couleur de la neige » sur Amazon