Lecteur : Mon mari

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jeudi, 14 mai 2020

Une fille modèle, de Karin Slaughter.

Une fille modèle

L'ouvrage:
Pikeville, Georgie. Mars 1989. Ce soir-là, Gamma Quinn et ses filles (Samantha et Charlotte) s'apprêtent à s'attabler devant des spaghettis, lorsque l'enfer entre chez elles.

Vingt-huit ans plus tard, si tous ceux qui ont perdu quelque chose au cours de cette fatale soirée tentent de l'oublier, cela s'avère impossible. De plus, certains événements vont faire resurgir les blessures du passé.

Critique:
Je n'ai lu qu'un roman de Karin Slaughter, et il m'a plu. J'ai donc été contente de pouvoir tenter celui-ci. Le livre est assez épais, mais il n'y a pas de longueurs. Bien sûr, la même soirée racontée de deux points de vue différents peut engendrer des redondances, mais cela ne m'a pas gênée, car il y en a peu.

La romancière prend le temps d'explorer la psychologie de ses personnages principaux, ce qui m'a plu. Tout cela est crédible. J'ai quelque peu reproché certaines réactions à tel ou tel personnage, mais je sais qu'à leur place, j'aurais réagi comme eux, voire encore moins bien. Il est impossible de savoir si on parviendrait à se relever après avoir vécu de tels événements. J'imagine que cela m'aurait été très difficile.
Je regrette quand même que deux personnages aient perdu tout ce temps à cause de l'obstination de l'un d'eux...

Karin Slaughter crée au moins un rebondissement auquel je ne m'attendais pas. Il y en a un autre dont je n'avais deviné qu'une partie, et un autre auquel j'avais pensé, et à propos duquel j'espérais me tromper... En tout cas, il y a du suspense, la tension est omniprésente, rien n'est incohérent, rien n'est bâclé. Ce roman fait partie de ceux pour lesquels j'aimerais un chapitre supplémentaire, voire une suite dans laquelle on retrouverait certains personnages. Mon mari a lu un autre roman (très court) qui se passe au cours des vingt-huit ans d'ellipse entre le début et le reste de «Une fille modèle». Cependant, ce roman ne me tente pas parce que ce ne serait pas une suite, et en plus, mon mari m'a dit une chose qui ne m'a pas plu au sujet de ce livre.

Ma chronique n'est pas très longue, mais je pense que parler de ceci ou cela dévoilerait trop de choses sur l'intrigue. Je vous conseille donc ce thriller bien ficelé.

Éditeur: Harper Collins.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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jeudi, 6 juin 2019

Qui a tué l'homme homard?, de J. M. Erre.

Qui a tué l’homme-homard ?

L'ouvrage:
Petit village de Margoujols. Joseph Zimm a été assassiné et démembré. Un gendarme est dépêché sur les lieux pour mener l'enquête. Celle-ci nous est racontée par Julie de Creyssels, une habitante du village. Il semblerait que Joseph ait été détesté par tous, étant donné que c'était quelqu'un d'odieux.

Critique:
Pour moi, la caractéristique principale des romans de J. M. Erre, c'est l'humour. J'ai donc été très déçue de ne pas beaucoup rire. J'ai même failli abandonner le roman, mais comme mon mari s'est donné la peine de l'enregistrer, je l'ai continué. J'ai eu quelques sourires (par exemple, lorsque les migrants sont accusés du meurtre), et ai vraiment ri une fois: lors de la rencontre avec Michael. Je ne sais pas trop ce qui devait faire rire dans le blog de Winona Jane... Je l'ai plutôt trouvé ennuyeux. J'imagine que le fanatisme des Bernicola pour les autruches devait être cocasse, ainsi que l'absence de mémoire immédiate de Nicolaï et ses conséquences... cela n'a pas pris avec moi.

J'ai apprécié certaines choses, comme la façon dont l'auteur (par l'intermédiaire de sa narratrice) décortique les codes et ficelles des romans policiers. J'ai trouvé cela bien analysé. Bien sûr, il y a certaines choses auxquelles j'ai pensées avant que Julie n'en parle. Par exemple, elle se rend soudain compte qu'elle n'a pas évoqué tel personnage. Or, cela faisait un moment que je me demandais pourquoi elle n'en parlait pas. Donc cette ficelle, avec moi, n'a pas vraiment pris. J'ai également trouvé une incohérence, dont je ne peux pas divulguer la teneur sous peine de dévoiler un élément important.

Le romancier se moque des personnes qui croient tout savoir sur les mécanismes d'une enquête parce qu'elles ont suivi les séries télévisées policières. Cela m'a fait sourire, mais pas vraiment rire.
Julie, tout en décortiquant les codes du polar, retarde certaines révélations, et souligne qu'elle les retarde... C'est un peu lourd.
L'auteur nous fait le coup classique (comme il le reconnaît à demi-mots) de nous faire soupçonner tout le monde. Je le lui aurais sûrement pardonné si j'avais passé mon temps à rire... Les choses sont quand même globalement bien amenées.

L'héroïne (la narratrice) est attachante. Je ne suis pas toujours d'accord avec elle concernant le handicap, mais il faut dire que le mien est beaucoup moins «handicapant» que le sien. Je comprends d'ailleurs qu'elle ait terminé son récit sur une note moins positive que ce qu'elle avait prévu. Concernant ce sujet, je ne sais pas trop comment l'auteur aurait pu nous faire rire, mais pour moi, ses tentatives ne sont pas réussies, sauf lors de la première rencontre de Julie et Vanessa, et aussi les fois où la narratrice parvient à se débarrasser des deux abominables enfants...

Une fois que j'ai accepté que je n'allais pas passer mon temps à rire, j'ai apprécié le déroulement de l'enquête, la narratrice, certains autres personnages...

À lire comme un divertissement, mais pas en s'attendant à avoir des fous rires.

Service presse des éditions Buchet-Chastel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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samedi, 24 mars 2018

La guerre des mères, de Kaui Hart Hemmings.

La guerre des mères

L'ouvrage:
Mele Bart, vingt-huit ans, mère d'Elie (deux ans), s'inscrit au Club des Mamans de San Francisco (CMSF). Son but est d'échanger avec d'autres personnes qui font face à la même situation qu'elle: élever un enfant. Le club organisant un concours de recettes de cuisine, Mele décide d'y participer. Pour ce faire, elle demande à des amis de lui raconter des anecdotes qu'elle associera à une recette.

Critique:
À la lecture du résumé, je m'attendais à un roman où des jeunes femmes se serreraient les coudes et partageraient leurs astuces sur les petits ennuis du quotidien. J'imaginais que tendresse et humour seraient au rendez-vous. J'ai été très déçue. Je me suis très vite ennuyée. Comme il y a beaucoup d'anecdotes différentes, le tout est décousu. En outre, je n'ai pas vu le rapport entre ces récits et les recettes. De plus, aucun personnage ne m'a paru sympathique. Mele dit du mal de tout le monde, soupire après son ex, et n'accepte de s'en désintéresser que pour penser à entamer une relation avec un autre homme. Il n'y a aucun moment de complicité et d'amour entre sa fille et elle. Certes, il y a bien les scènes où l'une dit qu'elle aime l'autre et où l'autre surenchérit, mais c'est tellement cliché (j'ai trouvé ce genre de scènes dans des livres sirupeux) que ce n'est pas crédible.

Entre les anecdotes et les réflexions de Mele, on a droit à une succession de clichés que la drôlerie rattraperait, si elle était présente. Par exemple, l'histoire de la narratrice très stressée qui va en repérage dans une école où elle compte inscrire son enfant, et découvre, en plein milieu de l'entretien, qu'elle a une culotte sale coincée dans une jambe de pantalon... Cela ne m'a pas fait rire, parce que j'imagine que, normalement, pour un rendez-vous auquel elle accorde une telle importance, elle va faire très attention à tout.
Autre exemple: la discussion sur le racisme. En substance: «Oh làlà! Si je dis à ma fille que non, ce n'est pas le père de Robert, mais qu'il lui ressemble, je vais avoir l'air raciste!» Pourquoi la mère n'a-t-elle pas expliqué à sa fille que les deux hommes ont la même nationalité, mais que c'est bien deux personnes différentes? Je ne vois pas où était la drôlerie dans cet exemple.

On rencontre, entre autres, une mère dont l'enfant est rejeté parce qu'il n'interagit pas avec les autres. C'est censé moquer ce genre de réactions, mais je n'ai pas vu où c'était amusant...

Je vais arrêter ma chronique ici, car je n'ai rien de positif à dire sur ce roman. Je suis très étonnée qu'il ait fait rire tant de gens...

Service presse des éditions Denoël. La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

Titre: La guerre des mères
Auteur: Kaui Hart Hemmings
Éditeur: Denoël
Nombre de pages: 310
ISBN: 978-2-20713-692-8
Traduction: Mélanie Trapateau
Date de publication: 8 février 2018

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jeudi, 7 décembre 2017

Les brigades du chaos, de Serge Brussolo.

Les brigades du chaos T1

L'ouvrage:
Los Angeles, 2025.
MaThias Faning travaille à la morgue. Il est chargé d'extraire les derniers souvenirs des assassinés, au cas où ils auraient vu leur meurtrier. Sa femme est dépendante du Rubout, une drogue qui fait oublier les derniers événements vécus. Plus on en prend, plus on oublie.

Koban est un géant né sur Mars. Il a été en contact avec la poussière des martiens, ce qui lui a laissé d'étranges séquelles. Aujourd'hui, il pense avoir une mission à accomplir.

Critique:
Ce livre a été coupé en trois tomes, mais ce découpage n'a pas lieu d'être.

J'ai aimé la mise en place du roman parce que Brussolo déborde d'imagination. Il nous plonge dans cet univers de science-fiction où beaucoup de choses captivantes ont cours. Les inventions mentionnées dans le résumé sont exploitées de différentes manières. Leur utilisation première est détournée, ce qui n'étonnera pas venant des hommes. J'ai bien sûr adoré voir comment certaines choses étaient perverties.

Brussolo aimant mêler les genres, il insère du fantastique et un peu de suspense. Ce mélange donne un roman riche. J'ai suivi avec intérêt la progression des personnages. Au départ, on ne sait pas trop où va l'auteur, ce qui est une bonne chose. Ensuite, il y a une partie que j'ai moins aimée: celle où les protagonistes sont dans le flou, et le professeur Mikofsky raconte ce qui est arrivé à la Terre. C'est aussi à ce moment que de curieux phénomènes arrivent à cause des interventions de Koban. Certains m'ont paru un peu lents. Mais cela ne dure pas.

La solution que trouve le professeur Mikofsky pour éviter la catastrophe m'a laissée perplexe. D'abord, elle est très simple, et je ne l'ai pas devinée. Cela veut dire que j'ai été assez immergée dans l'histoire pour ne pas trop me poser de questions. Ensuite, il ne peut pas être sûr que cette solution ne signifie pas chasser un mal par un autre, à cause de ses conséquences. D'un autre côté, il est logique que Brussolo ait inventé quelque chose de ce genre.

Éditeur: Fleuve noir.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

jeudi, 30 novembre 2017

Borowitz broie du noir, de Steven Boikey Sidley.

Borowitz broie du noir

L'ouvrage:
Jared Borowitz, physicien de renom, devient grincheux. Il en a assez de ce qu'il pense être la crétinerie des gens. Il ne supporte pas certaines croyances, qu'en bon physicien, il ne peut que rejeter, et est exaspéré que des gens y ajoutent foi. Sa compagne, Katherine, voit bien que le monde agace Jared, mais sent que le sujet est difficile à aborder avec lui.
C'est alors qu'il est dans cet état d'esprit que plusieurs événements vont bouleverser sa vie.

Critique:
Ayant adoré «Meyer et la catastrophe», je ne pouvais pas passer à côté du premier roman de Steven Boikey Sidley. Je l'ai beaucoup aimé, également. La façon de faire de l'auteur est un peu pareille, bien qu'il ne se passe pas du tout la même chose dans les deux romans. Le décor est planté, on voit Jared évoluer: son travail, sa vie privée, ses amis, etc. Steven Boikey Sidley est un des rares romanciers qui parvient à m'intéresser en s'attachant au quotidien de ses personnages. Pendant un moment, tout comme dans «Meyer et la catastrophe», on ne sait pas trop où tout cela va mener. Je ne me suis pas du tout ennuyée parce que le style de l'auteur est vivant, et qu'il montre des personnages intéressants. Sans vouloir avoir quelqu'un comme Ryan pour ami, j'ai trouvé drôle d'observer ses actes, de lire ses répliques, etc. J'ai également apprécié la scène du déjeuner chez Nora, la mère de Jared. Elle est comme une parodie de caricature, puisque Nora et son fils savent très bien à quoi s'en tenir, quant au petit spectacle auquel ils se livrent pour la plus grande joie du lecteur.

Borowitz ne parvient pas à lâcher prise, à prendre la vie comme elle vient. Alors, celle-ci va se charger de lui montrer où est l'essentiel. Tout comme dans «Meyer et la catastrophe», l'auteur passe d'une histoire bon enfant à quelque chose de subitement beaucoup plus sérieux et grave. Ce contraste fait qu'on ressent encore plus la tension de la situation, et qu'on se dit que ce genre de choses n'arrive pas qu'aux autres.

Je n'ai pu m'empêcher de comparer Jared à Meyer parce qu'on retrouve certaines choses chez l'un et l'autre: leur vivacité d'esprit, les personnages truculents qui les entourent... Il finit par leur arriver des choses qui vont les secouer et perturber leur univers. J'ai trouvé Meyer plus humble. Pétri de certitudes, ne laissant aucune place au hasard, ne pensant pas qu'il pourrait ignorer un paramètre important, Jared manque de franchir une limite sans retour. Le pire est qu'il ne se ravise pas, il faut qu'on l'empêche de commettre l'irréparable. Cela fait réfléchir. Son attitude m'a déplu, mais comment aurais-je réagi à sa place? Je pense que cela ne peut être pardonné, malgré le fait qu'il était persuadé qu'il aurait agi dans l'intérêt du groupe, mais si je m'étais conduite comme lui, n'aimerais-je pas qu'on me pardonne? Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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