Lecteur : Mon Mari

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi, 28 janvier 2016

Retour sur terre, de Mélanie Rose.

Retour sur terre

L'ouvrage:
Michaela Anderson fait un saut en parachute. Après son atterrissage, tout lui paraît différent. Elle ne retrouve pas ses compagnons, l'endroit semble désert... Elle finit par comprendre que si pour elle, très peu de temps est passé, pour ses semblables, six ans et demi se sont écoulés entre son saut et son retour.

Critique:
Le début du roman est prometteur. L'auteur crée du suspense, le lecteur est aussi perdu que l'héroïne... Malheureusement, cela ne dure pas.

Quand Mélanie Rose emploie quelques grosses ficelles, je les lui pardonne parce que son style est fluide, ses personnages sont attachants, ses intrigues sont intéressantes... Ici, j'ai été extrêmement déçue. J'ai fini le livre uniquement parce que mon mari l'avait enregistré et que je ne trouvais pas respectueux pour lui de m'arrêter.

Je pense que ce roman aurait dû être publié dans la collection Harlequin. D'abord, il est très peu crédible que l'héroïne, si amoureuse de son fiancé, tombe en quelques heures dans les bras d'un presque inconnu. Bien sûr, cet inconnu est beau, fort, il se met en quatre pour Michaela; alors que Calum, le fiancé de la donzelle, est dépressif, pense avoir tout raté avec sa fille, n'ose pas affronter l'épreuve qui lui tombe dessus. Ah oui, mais il faut comprendre cette pauvre Michaela: son fiancé, la retrouvant au bout de six ans, l'a éconduite. La pauvre ne pouvait faire autrement (au lieu de le comprendre et de lui laisser du temps) que de se jeter dans les bras d'un autre. C'est tout à fait cohérent et sain, comme réaction!
À noter que la scène où le «méchant» tente de terrasser Michaela et son cher et tendre est là pour effrayer le lecteur. Il est censé ressentir de la peur pour les protagonistes. Cette scène m'a plutôt paru ridicule. D'autant que je me doutais que tout était joué d'avance.

Outre cela, l'héroïne est absolument parfaite. Elle sait toujours quoi faire, et surtout, elle est prête à se sacrifier pour tous! Quel personnage attachant!

Passons maintenant à ce qui lui est arrivé pendant ces six ans et demi. L'auteur confronte deux théories: l'une est ancrée dans la réalité et l'autre flirte avec le fantastique. J'ai trouvé que la théorie «fantastique» était mal amenée. Après tout, pourquoi pas? Cependant, exprimé sous la plume de Mélanie Rose, cela devenait ridicule! À la fin, on ne sait pas vraiment ce qui est arrivé. Les deux théories cohabitent, chacune répond à certaines explications, mais aucune n'est vraiment satisfaisante. Cela ne m'aurait pas vraiment gênée si le reste du roman n'avait été si mièvre et sirupeux. J'ai pensé: l'auteur a écrit quelque chose qui tient à peine, et elle se paie le luxe de le terminer en nous disant que c'est à nous de trancher.

On s'étonnera peut-être de ma véhémence. Après tout, il m'arrive de lire des romans faciles, voire trop faciles. Certes, mais quand je lis ce genre de romans, je sais à quoi m'en tenir, je prends le roman pour ce qu'il est. Avec «Retour sur terre», je m'attendais à une lecture certes facile, mais à une intrigue intéressante, à des personnages attachants (dans ce livre, seuls Abby et Tristan sont attachants). J'ai eu l'impression que Mélanie Rose se moquait de moi, tout comme Sophie McKenzie avec «Appelle-moi». Je pense que je serai extrêmement précautionneuse avant de retenter un Mélanie Rose.

Éditeur: l'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

Acheter « Retour sur terre » sur Amazon

jeudi, 10 décembre 2015

Une mère parfaite, de Nina Darnton.

Une mère parfaite

L'ouvrage:
Une nuit, Jennifer Lewis reçoit un coup de fil de sa fille, Emma, vingt ans, partie étudier en Espagne. Elle est accusée de meurtre.

Critique:
Ce livre montre (à l'instar de «Le bon père» et «Défendre Jacob») comme il est dur pour des parents de voir leur enfant accusé de meurtre, alors que, selon les parents, rien ne semblait annoncer quoi que ce soit de ce genre. Comme dans les romans sus-cités, Jennifer se remet en question. Cependant, cela lui est douloureux, car elle pense avoir fait en sorte que ses enfants reçoivent l'amour et l'éducation nécessaires à leur équilibre.
Mark, le mari de Jennifer, ne voit pas tout à fait les choses sous le même angle. Cela fait qu'au long du roman, le lecteur confronte les points de vue des deux parents, et finit par se faire une opinion. J'ai aimé hésiter puis finir par me décider quant à ce qui s'était passé la nuit du meurtre, à l'aide des points de vue de Jennifer et Mark, des dires d'Emma, de sa façon d'agir...

Cette crise fait resurgir les problèmes de couple de Mark et Jennifer. Une partie de ces problèmes vient du fait que Jennifer a toujours dirigé l'éducation des enfants, sans vraiment tenir compte du point de vue de Mark.

L'auteur étudie également la question de la manipulation. Entre ce qu'on dit, la manière dont on le dit, la conviction qu'on y met... C'est assez impressionnant, parce qu'on se dit que cela pourrait nous arriver...

Pour moi, ce roman est bien pensé. Nina Darnton explore sans complaisance les motivations de chacun, le caractère des uns et des autres... Rien n'est trop gros, rien n'est bâclé... La fin est en accord avec le reste. Elle montre qu'il reste beaucoup de chemin à parcourir... On peut se demander si Jennifer en aura le courage.

Comme je pinaille, j'ai un petit reproche à faire. J'ai trouvé que l'embryon d'histoire entre Jennifer et un personnage était convenu. Pourquoi une femme seule ou dont le couple va mal doit-elle forcément avoir une histoire avec quelqu'un qu'elle côtoie lors des événements contés dans le roman?

Éditeur: City.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

Acheter « Une mère parfaite » sur Amazon

lundi, 7 décembre 2015

Tambours de guerre, de Serge Brussolo.

Tambours de guerre

L'ouvrage:
Après avoir été endoctrinée par des fanatiques, Elona Addair a brûlé sa galerie de peinture. Elle exposait, entre autres, les tableaux de Zac Blasco. Ces tableaux représentaient des tueurs en série.

Critique:
Même si je retrouve la patte de Serge Brussolo, j'ai bien moins aimé ce roman que (s'il faut en citer un récent) «Anges de fer, paradis d'acier». D'une manière générale, j'ai l'impression que les écrits fantastiques de l'auteur sont plus riches que ses policiers, du moins concernant ceux récemment publiés, car ses policiers des années 90 m'ont beaucoup plu.

En général, dans un roman de Brussolo, on apprécie le héros. Ici, l'héroïne (Naomi) est sympathique, mais elle est trop effacée, elle passe trop vite au second plan pour être vraiment intéressante. Tout se joue à côté d'elle et presque à son insu. Elle est un enjeu, à un moment, mais no s'en rend compte que trop tard.

Comme dans d'autres romans, Serge Brussolo montre la folie à grande échelle. D'habitude, je trouve cela remarquable, et je suis époustouflée que l'auteur pousse le raisonnement si loin. Ici, cela m'a plutôt ennuyée, car il n'y avait pas réellement de surprises quant aux réactions et aux aspirations des protagonistes fous.

L'intrigue est d'ailleurs classique. En fait, je m'attends à autre chose quand je lis du Brussolo. Certes, il y a des rebondissements, mais ils sont attendus. Ce petit jeu de je t'attrape, tu m'échappes, je te rattrape, un paramètre imprévu fait que... ce schéma est plutôt décevant de la part de cet auteur. Bien sûr, comme c'est lui, ce n'est pas absolument plat, il y a de l'action...
La fin m'a également paru prévisible, et m'a quelque peu déçue.

Éditeur: le Masque.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

Acheter « Tambours de guerre » sur Amazon

jeudi, 29 octobre 2015

Le pacte des menteurs, de Rebecca Whitney.

Le pacte des menteurs

L'ouvrage:
David et Rachel sont mariés et travaillent ensemble depuis plusieurs années. Ils vivent dans l'aisance. Cependant, pour Rachel, cette vie est une prison dorée. Peu à peu, David l'a assujettie.
Un jour, la jeune femme renverse un homme en voiture, et commet un délit de fuite. Désœuvrée, elle se confie à David. Elle se rend vite compte de son erreur.

Critique:
Si ce livre recèle un parfum de thriller, il est surtout centré sur la psychologie de Rachel. Le lecteur la découvre au travers de sa vie avec David, mais aussi grâce au récit de certains pans de son passé. À ce sujet, je trouve que l'auteur a bien construit son roman. La plupart des chapitres narrent le présent de l'héroïne, et quelques-uns exposent des scènes clés de son passé. Ils arrivent au moment opportun. Au début, on éprouvera un peu d'agacement envers Rachel qui, semble-t-il, se laisse dominer et rabaisser par son mari. Puis, à mesure qu'on la découvre, on comprendra qu'elle se débatte entre petites révoltes, abdications, actes stupides... En effet, il lui arrive d'agir contre elle-même. Compromettant volontairement son intégrité morale et physique, elle cherche à se punir par la souillure. Se punir de quoi? D'être faible, d'accepter la domination de son mari? Si on suit cette logique, on admet qu'il n'est pas de meilleure punition que ce que s'inflige Rachel.
Au milieu de cette descente aux enfers, la jeune femme est parfaitement lucide, et sait qu'il n'est peut-être pas trop tard... C'est sa capacité à ressentir de l'empathie (même si elle est mise à mal, comme le constate Will), le fait qu'elle ne peut nier sa responsabilité dans la mort d'un homme, c'est ce qui la fera avancer.

Certains trouveront un peu gros que Rachel passe son temps à tomber sur des gens mal intentionnés. J'ai trouvé que l'auteur avait bien fait les choses. Malheureusement, ces concours de circonstances peuvent arriver dans la vie. En outre, la souffrance et le désœuvrement peuvent rendre quelqu'un malléable, et cela peut être perçu par des personnes comme David qui, de ce fait, verront en cette personne quelqu'un qu'il sera facile de maintenir dans l'obéissance.

Le lecteur voit très vite que David est dangereux, ne serait-ce qu'à la façon dont il traite ses animaux.
D'une manière générale, les personnages gravitant autour de l'héroïne sont bien analysés, même ceux qu'on voit peu.

Éditeur: Denoël.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

Acheter « Le pacte des menteurs » sur Amazon

lundi, 7 septembre 2015

Anges de fer, paradis d'acier, de Serge Brussolo.

Anges de fer, paradis d'acier

L'ouvrage:
Depuis trois ans, David travaille pour Nothanos 3. La forteresse papale étant régulièrement attaquée, la Terre n'étant plus un endroit sûr, Nothanos décide d'établir une colonie sur la planète Almoha. Seulement, celle-ci est aride et stérile. Il y a une solution pour la rendre habitable. David va faire partie de la mission.

Critique:
Voilà un roman de Serge Brussolo comme je les aime! Il semble aller à cent à l'heure, il fourmille d'idées toutes plus saugrenues les unes que les autres. Pour donner quelques exemples, on trouve des rats qui absorbent de la ferraille, et l'excrètent sous forme de billes explosives. On trouve des moutons-hérissons dont la viande est immangeable, mais les excréments sont délicieux... Ce que j'appellerai le «coeur» dAlmoha (pour ne pas trop en dévoiler) est également quelque chose d'assez spectaculaire. Brussolo s'est amusé à pousser la folie et l'absurde très loin, comme il le fait dans d'autres romans. Il semblerait que certains lecteurs aient trouvé qu'il allait trop loin. Je n'en fais pas partie. D'abord, je préfère une tonne d'idées farfelues, la création d'un monde régi par l'absurde ou le déjanté, un monde où il est impossible au lecteur de s'ennuyer, plutôt que des romans qui traînent et semblent trop classiques pour être du Brussolo. Je pense à «Le masque d'argile» ou «Le suaire écarlate». Il me semble qu'à l'inverse d'autres romans fourmillant d'idées étranges, celui-ci a une dimension déjantée. En effet, certaines idées m'ont paru très drôles. Les exemples d'idées étranges que j'ai donnés, s'ils sont source d'angoisse pour les personnages, sont assez amusants pour le lecteur. J'ai lu beaucoup d'ouvrages de cet auteur, et il me semble que c'est dans ce roman que la dimension amusante est la plus présente. On trouve également un immense lombric immobile qui, lorsqu'on marche dessus, contracte sa peau afin de guider l'imprudent jusqu'à sa gueule... Mes exemples ne sont qu'un infime échantillon des idées qui abondent dans ce roman.

Outre les idées déjantées, peut-être certains ont-ils été gênés par des idées qui pourraient paraître «subversives». Là encore, on retrouve la patte de Brussolo. Il se moque allègrement de tout (ici, c'est majoritairement les croyances religieuses), en partant de situations existantes et en les amplifiant, en montrant ce qu'elles pourraient devenir si l'homme continuait ses exagérations. Autre exemple: il explique qu'à un moment, pendant l'histoire de l'humanité, les dirigeants ont eu peur du savoir...

J'ai aimé retrouver certaines idées exploitées différemment dans d'autres romans. Par exemple, les hommes se changeant en poisson et oubliant tout («L'oeil de la pieuvre»), le mélange en un seul être de l'animal et du végétal («Le carnaval de fer»), le temps, l'intelligence et l'imbécillité, le rajeunissement et le vieillissement, etc.

David est un personnage brussolien. C'est lui le plus lucide sur la situation du monde. Il reste en retrait, il voudrait qu'une relation normale entre lui et ses enfants soit possible... Il m'a quand même agacée, car il ne voulait pas comprendre ce qu'était ses enfants. Le plus exaspérant est que son attachement est venu tard. Au départ (dans «Frontière barbare»), sa femme comptait plus que tout, et il ne se préoccupait pas vraiment de ses enfants. Il semblerait donc que l'affection de David soit faussée par sa culpabilité. À la fin, cela le fait agir en dépit du bon sens.

Grâce à toutes ses idées, Brussolo crée une intrigue pendant laquelle on n'a pas le temps de s'ennuyer. Rien ne traîne, on est emporté, immergé dans l'univers créé. La fin est peut-être un peu rapide. Certaines pistes sont données pendant une partie du roman, puis ne sont pas exploitées quand elles auraient pu l'être. Certains éléments sont un peu vite évacués... C'est dommage. C'est le seul bémol que je mettrai.

Éditeur: Gallimard, collection Folio SF.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

Acheter « Anges de fer, paradis d'acier » sur Amazon

- page 1 de 36