Lecteur : Meignan Étienne

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lundi, 3 mars 2014

Le destin d'Honorine, d'Hubert Maximy.

Le destin d'Honorine

L'ouvrage:
Années 1830.
La famille d'Honorine est pauvre. Elle a quatre frères, son père est alcoolique et violent. Un jour, à douze ans, elle découvre la dentelle. Elle fera tout pour devenir dentelière.

Critique:
Si le livre est assez sombre, je pense qu'il décrit bien une certaine réalité dans un contexte et une époque donnés. Honorine peut paraître sans pitié, mais en fait, elle a vite compris que dans sa situation et à son époque, elle devait se montrer plus forte que les autres si elle ne voulait pas être mangée. L'auteur montre ce personnage dans toute son humanité. Elle peut être sans pitié, mais comment aurions-nous réagi à sa place?
Il est peut-être un peu dommage que presque tous les personnages soient détestables. Cependant, pour beaucoup d'entre eux, le contexte l'expliquent. Quant aux autres, c'est leur caractère.

J'ai apprécié la structure du livre. Pendant une grande partie, l'auteur alterne les chapitres montrant Honorine et ceux montrant Benoît, l'autre personnage principal. Il décrit deux univers, deux parcours différents. Il immerge parfaitement le lecteur dans les vies de ses personnages. On ne pourra s'empêcher de comparer les deux parcours. La situation de Benoît n'est pas tellement plus enviable. Bien sûr, on se doute vite que Benoît et Honorine vont se rencontrer, mais ce n'est pas gênant.

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Étienne Meignan pour l'association Valentin Haüy.
J'ai été contente de retrouver ce lecteur qui met le ton approprié sans en faire trop. De plus, il a une voix claire et agréable.

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lundi, 25 février 2013

Irréparable, de Karin Slaughter.

Irréparable

L'ouvrage:
Georgie.
Abigail Campano rentre chez elle pour trouver le cadavre de sa fille (Emma) et le tueur penché dessus. Elle parvient à le tuer en l'étranglant. Cependant, l'enquête révèlera que les choses sont plus complexes.

La police fera appel au GBI. Cela fait que Will Trent se retrouvera coéquipier de Faith Mitchell, qui a certaines raisons de lui en vouloir...

Critique:
Karin Slaughter crée une intrigue solide et des personnages crédibles. Ceux-ci ont une psychologie très intéressante. J'ai compris pourquoi Will se mettait si facilement à la place de l'un des personnages. Apparemment, Faith pense qu'il fait preuve de faiblesse à l'égard de ce personnage. Pour moi, ce n'est pas le cas. Je trouve quand même dommage que Will ne soit capable d'Empathie qu'envers ceux qui ont vécu la même chose que lui.

Les parents d'Emma ont différentes manières de réagir à la disparition de leur fille. Je trouve celle d'Abigail plus saine. D'une manière générale, Paul n'est pas un personnage aimable. Il ne trouve jamais grâce à mes yeux, même après une certaine évolution. C'est surtout parce qu'il semble qu'il n'évolue pas vraiment. Sa manière d'agir à la fin est commandée par sa culpabilité et non par un amour véritable. On me dira qu'il aime sa fille. Soit, mais mal.

J'ai apprécié que l'auteur prennent le temps d'exposer le passé de ses policiers. Elle leur donne davantage d'épaisseur. De plus, ni Will ni Faith n'est totalement sûr de soi-même. Cela les rend plus humains. Ils font parfois des faux pas, réagissent de brutalement ou de manière inappropriée...
Ce livre fait sûrement partie d'une série, car la fin laisse le lecteur dans l'expectative quant à ces personnages.
La manipulation psychologique exercée par le coupable est bien décrite. Malheureusement, on doit trouver ce genre de choses plus souvent qu'on ne croit et qu'on ne le voudrait.

L'intrigue est bien menée, même si l'auteur n'évite pas certains écueils. Par exemple, il y a un moment où les choses piétinent un peu.
D'autre part, quelque chose n'est pas très crédible. C'est dommage, car je pense qu'il aurait été facile à l'auteur de préserver le coup de théâtre qu'apporte cette chose tout en la rendant davantage crédible.
En outre, l'explication donnée après les deux coups de pistolet de l'un des personnages m'a paru bancale. Je pense qu'une chose de ce genre est crédible, mais il aurait peut-être fallu davantage d'explications.
Enfin, il est un personnage qu'il est un peu trop facile de soupçonner... et je pense que l'auteur l'a fait exprès. Je trouve cela un peu déloyal. Mais peut-être voulais-je que ce personnage soit coupable.
Ces petits désagréments ne m'ont pas empêchée d'apprécier ce thriller qui met davantage l'accent sur une psychologie fouillée des personnages.

Éditeur: Bernard Grasset.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Étienne Meignan pour l'association Valentin Haüy.
Je n'ai pas l'orthographe exacte du nom du lecteur, je lui présente donc mes excuses si celui-ci est mal écrit.
Le lecteur a su jouer sans trop en faire. En outre, sa voix est agréable. Je regrette néanmoins qu'il ait prononcé les noms anglophones en y mettant un accent. Il est quand même un des rares lecteurs à savoir que «g» se prononce «dji» en anglais, ce qui fait que j'excuse un peu sa propension à mettre les accents. ;-)

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