À la recherche d'Alice Love

L'ouvrage:
Un soir, pendant un cours de gym, Alice Love tombe et se cogne la tête. À son réveil, elle pense tout de suite au bébé qu'elle porte. Elle espère qu'il va bien. C'est alors qu'on lui apprend qu'on est en 2008, et non en 1998 comme elle le pense. Elle découvre qu'elle a oublié les dix dernières années de sa vie.

Critique:
Avant qu'Audiolib sorte des romans de Liane Moriarty, j'ai lu «Le secret du mari», emprunté à la Ligue Braille. Je ne l'ai pas aimé. Aussi, quand Audiolib a sorti d'autres romans de cette autrice, j'ai pensé: «Oui, le synopsis est tentant, mais celui de «Le secret du mari» l'était, et tu ne l'as pas aimé.» J'ai finalement décidé d'essayer «À la recherche d'Alice Love». Je me préparais à râler après moi-même, mais... le roman m'a plu.

Ce qui arrive à Alice fait qu'elle envisage sa vie sous un autre angle. C'est très intéressant. Je suis sûre qu'à sa place, n'importe qui réagirait de la même manière: elle a oublié dix ans de sa vie, elle veut donc reprendre son existence telle qu'elle était en 1998, alors qu'elle était heureuse. Au fil du roman, le lecteur entrevoit qu'avant de perdre la mémoire, Alice était une sacrée garce. Puisqu'elle ne semblait ne pas l'être dix ans auparavant, les aléas de la vie l'ont «transformée». Cela ne m'a pas du tout paru exagéré de la part de Liane Moriarty. Au gré des rencontres, des humeurs et de la sensibilité de chacun, certaines choses peuvent arriver: des changements, des coups (moraux) qu'on ne digère pas, des malentendus, des incompréhensions... Alice et sa soeur (Elisabeth) sont victimes de cela. Je pense que l'autrice a très bien cerné ce genre de situations. Cela doit arriver très souvent. Si j'ai déploré certains actes qu'Alice commit avant de perdre la mémoire, je ne m'imaginais pas la conseillant. En effet, si elle a mal agi, ce n'était pas par calcul: elle percevait les choses d'une certaine manière, et cela avait été façonné par des faits qui s'étaient ajoutés les uns aux autres, et par le fait qu'Alice, trop impliquée, ne pouvait prendre du recul et analyser plus objectivement la situation. La seule qui pouvait la conseiller, c'était... la Alice de dix ans auparavant. ;-)

La romancière n'avait pas la partie facile d'abord parce que le thème a déjà été utilisé. Ce qui la démarque des autres, c'est qu'elle n'a pas essayé d'écrire un roman policier. L'autre difficulté venait de ce que «les deux Alice» (si je puis le tourner ainsi) devaient être crédibles. Pour moi, l'écrivain a réussi son pari, tout en invitant son lecteur à observer ses propres actes, et l'impact que telle ou telle décision peut avoir sur sa vie.

J'ai également été sensible à ce qui arrive à Elisabeth. C'est un personnage sympathique parce que tout en étant obsédée par les pieds de nez que s'obstine à lui faire la vie, elle se rend compte qu'il serait peut-être bon pour elle de lâcher prise. Je ne sais pas ce que j'aurais fait à sa place. Je n'ai pas les ennuis qu'elle a, mais je sais qu'il est extrêmement difficile de lâcher prise. Malgré son obsession, Elisabeth apprend de ses erreurs. Elle n'a pas besoin de se cogner la tête, mais tout comme sa soeur, elle tente d'améliorer sa vie. Ce n'est pas flagrant, mais on voit ses efforts à travers certaines de ses réflexions. En outre, elle accepte d'écrire le journal que lui demande de rédiger son psychiatre...

La romancière introduit de l'humour dans son roman, notamment avec le blog de Franny, la passion de Roger et Barb pour la salsa, et d'autres petites choses.

L'intrigue ne souffre pas de temps morts. J'ai apprécié que l'épilogue raconte en détails ce qui est arrivé après le chapitre 35. J'ai un peu râlé que l'autrice traîne un peu avant d'apprendre au lecteur quelque chose qu'il brûle d'envie de savoir, mais comme cette chose va dans le sens que je souhaitais, j'ai fini par sourire que la romancière ait fait en sorte de me faire un peu languir.

Après cette expérience heureuse, je compte tenter les autres romans de Liane Moriarty. Je relirai peut-être même «Le secret du mari»...

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Valérie Marchant.

Il m'a plu de retrouver cette comédienne. J'ai apprécié son interprétation. Elle ne modifie pas sa voix à outrance. Elle marque un peu le rôle de Dino, mais cela ne m'a pas dérangée parce qu'on voit peu le fameux Dino, et parce qu'à y bien réfléchir, je pense que la comédienne a eu raison de le jouer ainsi. On le voit dans un seul chapitre, et il fallait qu'il marque quelque peu les esprits... Après tout, c'est peut-être grâce à lui que... ;-)
J'ai adoré la voix et le ton que prend Valérie Marchant pour le personnage de Kate Harper, femme qui se donne de l'importance, cancane à n'en plus finir, et semble très coincée!

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