La sixième énigme

L'ouvrage:
Tel-Aviv, août 2001.
Josh Scherman, détective privé, est contacté par Agar Hossman. Sa fille, Yeara, a été enlevée, le 10 août 1999, à l'âge de neuf ans. La jeune mère a appelé Josh, car elle est sûre d'avoir vu sa fille au journal télévisé, parmi la foule qui échappait à un incendie du centre commercial, quelques jours plus tôt. Après quelques réticences, Josh accepte de mener l'enquête.

Critique:
J'ai été surprise d'aimer ce roman, car il est assez classique. L'enquête est réactualisée de manière assez banale. Elle est linéaire, on ne découvre pas le coupable avant la fin, et à part la solution, il n'y a pas vraiment de rebondissements. La clé de l'énigme est trouvée par le gentil détective. Il y a même certaines choses quelque peu discutables. Par exemple, la scène captée par l'enregistrement vidéo montre que l'enfant reconnue par Agar trébuche, se fait rabrouer par un homme, et qu'une femme exhorte tout le monde au calme, tout cela sous les yeux d'un pompier. Josh montre donc la photo de Yeara au pompier qui la reconnaît tout de suite. La scène ayant peu duré, et le pompier devant voir beaucoup de gens dans des conditions extrêmes, il est un peu étrange qu'il se souvienne de l'enfant au point de la reconnaître.

Malgré cela, le roman se démarque par plusieurs côtés.
D'abord, Josh est sympathique. C'est normal, c'est le détective. Seulement, la sympathie du lecteur ne vient pas forcément de ce qu'il fait son travail au mieux, quitte à commettre des actes illégaux. C'est surtout son humour qui m'a conquise. Il jalonne son récit de remarques humoristiques et souvent très justes sur lui-même, la société, les façons de faire, etc. Sa lucidité teintée d'une pointe de cynisme passe très bien, car tout est dit sur un ton amusé. Il ne peut pas changer certaines choses, alors, il en rit... dans une certaine mesure.

Le lecteur s'attachera aussi à d'autres personnages qui ont une certaine profondeur, comme Jackie ou Gaston.

D'autre part, l'auteur a donné de véritables statistiques sur les disparitions d'enfants et les tueurs en série. C'est effrayant, mais on lui sera reconnaissant de faire état des choses.
Les hypothèses émises par le criminologue sont intéressantes, et n'ont pas l'air fabriquées ou frelatées, comme dans d'autres romans. Elles sont réalistes.

On pourra s'étonner que le détective réussisse où les autres ont échoué. Pourquoi fait-il certains rapprochements que la police n'a pas faits? L'auteur trouve une explication plausible à cela, disant que les cas sont trop étalés dans le temps pour que la police ait pu opérer certaines analogies, alors que lui examine l'affaires dans sa globalité.

Je n'ai deviné la solution de l'énigme que quelques minutes avant Josh. Elle apporte un plus au roman. Elle est vraisemblable, cohérente, et assez tordue pour qu'on n'y pense pas tout de suite.

Éditeur: Fayard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anna Manganelli pour l'association Valentin Haüy.
Je n'ai pas l'orthographe exacte du nom de la lectrice, je lui présente donc mes excuses si celui-ci est mal écrit.
La lectrice a une voix très claire et dynamique. Au début, j'ai eu peur d'être gênée par son léger enrouement, mais étant donné que sa lecture est tonique, et qu'elle met le ton approprié, cela ne m'a pas gênée. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

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