Lecteur : Malaka Bernard

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lundi, 2 juillet 2018

La cabane des pendus, de Gordon Ferris.

La cabane des pendus

L'ouvrage:
Écosse, après-guerre.
Douglas Brodie, ancien policier devenu reporter, est appelé par son ami d'enfance, Hugh Donovan. Celui-ci est accusé du viol et du meurtre d'un enfant. Le détective va tenter de prouver son innocence.

Critique:
Certains verront peut-être, dans le résumé de ce livre, la promesse d'une enquête prévisible. Gordon Ferris parvient très bien à en faire quelque chose de bien plus intéressant. Il captive très vite son lecteur en contant tout de suite la vie et les blessures (tant morales que physiques) de Douglas et Hugh. Je me suis très vite prise de sympathie pour eux. À travers leur vécu, l'auteur rappelle les traumatismes engendrés par la guerre. N'importe qui, à la place de Hugh, serait devenu accro à la substance qui aurait pu lui faire oublier sa douleur. De plus, connaître leur passé leur donne une dimension humaine.

Au départ, je pensais avoir deviné qui était coupable du crime dont on accusait Hugh. Cependant, les choses sont plus complexes, et elles dévoilent peu à peu un mélange de secrets et de corruption, le tout baigné dans une grande violence tant physique que psychologique. Ce livre m'a touchée parce qu'il est très réaliste. Tout ce que découvre le héros est vraisemblable, quelle que soit l'époque. Cela fera forcément passer le lecteur par toute une palette de sentiments très forts.

Globalement, l'intrigue est bien menée, mais j'ai trouvé dommage que l'auteur traîne dans le dernier quart. Douglas passe beaucoup de temps à aller ici et là, et pour moi, c'est trop détaillé. Je regrette aussi qu'il y ait au moins un élément discutable. Le personnage principal menace quelqu'un afin de l'obliger à dévoiler son jeu. De ce fait, il provoque une horrible conséquence qu'il ne prévoyait pas du tout. Pour moi, il était évident que cela arriverait.
Ces petits reproches ne doivent pas vous empêcher de lire ce roman dont les qualités surpassent les défauts, à mon avis.

«La cabane des pendus» est le premier tome d'une série de quatre. Cette enquête est inextricablement liée à la vie privée du personnage principal. C'est ce qui la rend d'autant plus intéressante pour moi. Je suis donc curieuse de voir si les autres enquêtes ont un rapport si étroit avec le détective. Si c'est le cas, j'aimerais savoir comment fait l'auteur. En effet, une autre affaire de meurtre qui concernerait une autre personne de l'entourage de Douglas semblerait un peu tirée par les cheveux. Mais une énigme moins personnelle serait-elle aussi captivante? Toutes ces questions font que si les éditions Sixtrid s'attaquent à la suite, je la tenterai.

Service presse des éditions Sixtrid.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bernard Malaka.

Je me rends compte que j'ai entendu ce comédien sur très peu de livres. J'apprécie son jeu. Dans ce roman, il a su allier sobriété et sensibilité. Cela n'a pas dû être simple. Le chemin de Douglas étant jonché de cadavres, et l'ancien policier plongeant au coeur d'une horreur grandissante, il aurait été facile de trop en faire ou d'avoir une lecture trop froide.
À plusieurs reprises, Douglas fait allusion aux accents de ses interlocuteurs. Il explique aussi que lui-même module un peu le sien selon qu'il parle à untel ou unetelle, se transformant ainsi en caméléon. Ces accents ne sont pas imitables en français. J'ai donc été ravie que le lecteur ne tente pas d'en inventer.

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lundi, 23 octobre 2006

Vous plaisantez, monsieur Tanner, de Jean-Paul Dubois.

vous plaisantez, Monsieur tanner Note: Au début de l'ouvrage, il est précisé que tout ce qui est raconté a été vécu. Mais je ne sais pas si c'est une note de l'auteur, ou si c'est une note du narrateur qui la mettrait pour faire plus vrai. Donc, je mets le livre dans la catégorie "romans" jusqu'à obtenir de plus amples informations.

L'ouvrage:
Paul Tanner hérite de la maison de son oncle. Il vend alors la maison qu'il occupe, et décide de se consacrer à son héritage. Il se rend compte qu'il lui faut effectuer divers travaux: le toit, la plomberie, etc. Il va embaucher des ouvriers, mais lui-même ne restera pas sans rien faire. Il mettra la main à la pâte. Cela ne plaira pas forcément aux ouvriers.

Critique:
Lorsqu'un auteur ne me plaît pas, j'essaie souvent de lui donner d'autres chances. C'est ce que j'ai fait avec Jean-Paul Dubois. En effet, je n'ai pas aimé "Je pense à autre chose" à cause de la fin, je n'ai pas accroché à "Kennedy et moi", je n'ai pas pu finir "Si ce livre pouvait me rapprocher de toi" et "Une vie française". Là, je me suis dit que je pouvais encore essayer. Bien m'en a pris. Cette fois, le livre m'a plu.

Le pauvre monsieur Tanner tombe sur beaucoup d'ouvriers faignants ou maladroits. D'abord, il y a le couple infernal, Pierre et Pedro. Ils emmènent leur sept chiens sur le chantier, mettent la radio très fort, font n'importe quoi, et n'ont pas d'assurance.
Il y a aussi le faignant au nom imprononçable qui travaille quand ça lui chante.
Il y a Pierre Coty qui se désole tellement à la moindre erreur qu'il reste prostré, à regretter son erreur, pendant que le travail n'avance pas. En outre, une peine de coeur vient le frapper...
Mais il y a aussi de bons ouvriers, comme ceux qui viennent en urgence après les désastres commis par Pierre et Pedro, ou celui qui fait du très bon travail... et dont la voiture brûle en récompense.

Monsieur Tanner nous décrit une foule de personnages farfelus ou franchement désagréables. Il se résigne à être leur pigeon. Le lecteur oscille entre le rire et l'agacement contre ces gens sans vergogne, tout comme le personnage principal, même si pour lui, l'agacement est décuplé. On se demande aussi si une telle concentration de fumistes est possible sur un seul chantier.

C'est un livre qui ne peut pas laisser indifférent. Tous ceux qui l'ont lu, et qui, par la suite, font des travaux chez eux, ne pourront s'empêcher d'y penser. Et si les travaux se passent mal chez vous à cause des ouvriers, il faudra peut-être leur conseiller cet ouvrage.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bernard Malaka pour les éditions Livraphone.

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