Les dieux ne valent pas mieux!

L'ouvrage:
Les dieux de l'olympe ne sont plus ce qu'ils étaient. Actuellement, les plus importants vivent à Londres. Ils habitent dans une maison en ruines et très sale. Ils font tourner le monde et s'occupent comme ils le peuvent.
Artémis regrette ses chiens de chasse, alors, elle promène ceux des voisins en faisant son footing matinal.
Aphrodite, déesse de l'amour et de la beauté, fait du téléphone rose.
Apollon prédit l'avenir dans une émission télévisée.

C'est au cours de cette émission qu'Aphrodite va mettre en oeuvre sa vengeance. En effet, Apollon ayant refusé d'utiliser ses pouvoirs pour faire chauffer de l'eau pour la douche de la déesse, elle ne peut laisser ce crime impuni. De sa vengeance découleront tout un tas d'événements indissociables les uns des autres.

Critique:
Ce livre pourrait être un banal repose-cerveau. Il est certes divertissant, et invite le lecteur à se détendre, mais Marie Phillips s'y est prise intelligemment. On pourrait me dire qu'elle n'a fait qu'écrire des histoires de fesses, des vengeances idiotes, que le scénario est très facile. Ce à quoi je rétorquerai qu'elle a réussi son pari: transposer la mythologie grecque au vingt-et-unième siècle. Il est vrai que ce livre ressemble à un soap opera. Mais qu'est-ce que les histoires des dieux grecs? Ce sont les ancêtres de nos soap operas. Le premier du genre n'est pas le premier feuilleton télévisé qui date des années 50, non! C'est les histoires de fesses et de vengeances des dieux.
Toute l'histoire part d'une peccadille. Excellent parallèle avec la mythologie grecque où les dieux se tapaient dessus et se vengeaient les uns des autres pour des broutilles.
Outre cela, les caractères des dieux sont, eux aussi, bien retranscrits. Ils sont tels qu'on les imagine lorsqu'on lit leurs aventures dans la mythologie grecque, et ils sont très bien adaptés à notre monde actuel.

Quant aux références, le livre en foisonne: les Enfers, Orphée, etc. On retrouve aussi les façons de faire des dieux: certains agissent en enfants capricieux, et n'hésitent pas à recourir à des bassesses pour obtenir ce qu'ils veulent. L'auteur retranscrit parfaitement leur façon de faire.

Le livre est très léger, et ce qui fait sa force est justement l'idée de mettre en scène les dieux de l'olympe. Du coup, l'auteur pouvait s'amuser à écrire une comédie pleine d'énormes ficelles. On ne peut pas lui reprocher cela puisque c'est justement comme ça, chez les dieux. Il est évident que les ficelles sont énormes, qu'on prévoit certaines choses, et que j'aurais trouvé ce livre très mauvais si l'histoire racontée n'arrivait qu'à des humains. C'est la dimension divine qui change tout, et qui fait que l'auteur peut se permettre tout cela.

La plupart du temps, l'histoire est agréable, servie par des répliques piquantes, et des situations amusantes. On ne rit pas aux éclats, mais on sourit beaucoup.
Cependant, il y a quelques longueurs après qu'Artémis a décidé d'aller aux Enfers. On pardonne ces longueurs à l'auteur, car entre références mythologiques et modernité, le livre est réussi. En outre, il donne envie de se replonger dans les aventures des dieux grecs.

La fin pourra paraître facile à certains, mais étant donné l'esprit du roman, je pense qu'une autre fin aurait tout gâché. Pour moi, elle va très bien avec le reste de l'ouvrage.
En bref, un roman plaisant, sympathique, contenant de bonnes idées et une bonne ambiance. À lire!

Éditeur: Héloïse d'Ormesson.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Valérie Mérat pour la Bibliothèque Braille Romande.

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