Quatre jours en enfer

L'ouvrage:
Hélène est mariée à Georges. Ils ont deux enfants: Nadine et Daniel.
Voilà plusieurs semaines qu'Hélène a rencontré Philippe. Ils sont amants. Hélène ne l'aime pas, mais elle aime le plaisir que lui procure le jeune homme. Cette aventure durera le temps qu'elle durera.

Ce jour-là, Hélène doit retrouver Philippe chez lui. Lorsqu'elle arrive, elle trouve le jeune homme mort, vraisemblablement assassiné. Prise de panique à l'idée qu'on puisse découvrir qu'elle connaissait Philippe, elle efface ses empreintes, vole le carnets d'adresses de son amant (car son nom y figure), et s'en va. C'est en revenant à sa voiture qu'elle se rend compte qu'elle a disparu.

Critique:
Pierre Salva sait plonger son lecteur dans une atmosphère oppressante. Tout est vu par les yeux d'Hélène. Le lecteur passe donc par les mêmes émotions qu'elle. L'auteur expose des situations simples. L'engrenage dans lequel est prise Hélène est quelque chose qui pourrait arriver à tout le monde. Cela explique que le lecteur s'identifie rapidement à Hélène, comprenne ses motivations et celles de sa famille.

L'auteur montre une fois de plus son talent, car les faits qu'il raconte sont ordinaires, et en quelques courts chapitres, il arrive à nous entraîner dans une spirale infernale. Au premier abord, un lecteur aguerri pourrait mépriser ce genre d'histoires: la femme qui retrouve son amant assassiné, le mari qui est sûrement au courant, les enfants qui le connaissaient... Pierre Salva arrive à nous surprendre. En outre, il ne se perd pas en conjectures, en préambules, en longueurs. Le livre a la taille qu'il faut. On ne se traîne pas péniblement jusqu'à la fin. Bien sûr, Hélène échafaude des plans, des solutions, des théories. Mais cela ne dure pas assez pour ennuyer le lecteur. On la suit dans son raisonnement, et elle ne l'étale pas sur des pages et des pages. Au contraire, la quantité n'étant pas indigeste, le lecteur peut apprécier la qualité des suppositions d'Hélène. Là où d'autres auteurs font du remplissage, Pierre Salva resserre l'étau de l'angoisse.
On appréciera également les notes humoristiques dont l'auteur parsème son roman, utilisant pour cela le personnage de Daniel. Ce sont des pauses divertissantes, qui, par ailleurs, font encore mieux ressortir l'anxiété d'Hélène en contrastant les aspirations simples de Daniel et le piège dans lequel se débat sa mère.

J'espère que je vous donnerai envie de lire ce livre, et d'autres livres de cet auteur. Il me semble que pierre Salva est méconnu, et qu'on ne l'apprécie pas à sa juste valeur. Ses livres ont en commun certains ingrédients: la banalité des faits et des personnages, les titres appartenant au même champ lexical, l'absence de grandiloquence, la justesse de l'écriture. Lisez cet auteur!

Éditeur: Denoël.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mademoiselle Long pour la Bibliothèque Braille Romande.

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