Noir austral

L'ouvrage:
2004.
Lise est australienne. Sa patronne est égoïste et acariâtre. Son père et elle ne se sont jamais vraiment entendus. Elle en a assez de son amant. En outre, elle voudrait savoir ce qui est réellement arrivé à sa mère, morte alors qu'elle était petite. Son père ne lui disant pas grand-chose, elle décide de partir s'installer en France, d'abord pour changer de vie, et ensuite parce qu'elle va pouvoir suivre les traces de sa mère.

Critique:
Voilà un roman sans prétention qui a su me captiver avec des ingrédients assez simples.
D'abord, même si la construction peut paraître classique, le lecteur sera intéressé par l'histoire de Lise, à laquelle s'entremêle celle d'une tribu d'aborigènes de 800000 ans avant Jésus Christ à nos jours.

L'histoire de Lise ne souffre d'aucune longueur. L'intrigue peut sembler banale, mais Christine Adamo sait la rendre intéressante en créant des personnages attachants et sympathiques: Lise, Joseph, Marthe, Ralph... En outre, à l'inverse de certains auteurs qui cherchent à tisser des intrigues complexes, et qui sont démasqués, Christine Adamo a entouré ses personnages d'énigmes d'apparence banale. L'une est simple, mais on ne la devine pas si aisément, et l'autre, on ne sais pas qu'il faut la chercher. Par ailleurs, lorsqu'elle trouve sa résolution, elle explique une chose que certains auraient pu trouver très grosse.

L'histoire d'amour n'est pas très crédible, mais Lise elle-même le dis, cela anéantit donc ma remarque. En effet, un personnage qui se rend compte de l'incongruité d'une situation paraît tout de suite sympathique, et on na moins envie de le traiter d'idiot. L'auteur prévoit donc que le lecteur va trouver l'histoire d'amour grosse, et son personnage se trouve plus cruche que ce qu'aurait pu penser le lecteur.

En alternance avec les chapitres évoquant Lise, il y a ceux où nous est racontée l'histoire du peuple aborigène. L'auteur a certainement voulu renseigner le lecteur sans le submerger. C'est sûrement pourquoi elle a brossé des portraits à très grands traits, n'a fait qu'esquisser ses personnages. De ce fait, ces parties m'ont moins intéressée: on n'a pas le temps de s'attacher aux personnages, et puis beaucoup d'entre eux ont le même destin... c'est un peu lassant.

Cela devient plus intéressant lorsqu'on arrive à l'histoire de Cheveux Clairs. Malheureusement, c'est aussi à partir de là que cela devient très dur à lire.
Je savais, bien sûr, que les colons n'avaient été qu'égoïsme et bêtise dans les pays colonisés, refusant d'accepter et de comprendre les personnes qu'ils spoliaient. Mais je ne savais pas comment cela s'était passé en Australie. L'auteur m'a révélé ce douloureux pan de l'histoire. Le pire, c'est que cela m'a étonnée. Sachant tout ce dont ont été capables les prétendus civilisés, je n'aurais pas dû être surprise.

Je conseille donc ce livre fascinant par bien des côtés.

Éditeur: Liana Levi.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Philippe Lion pour l'association Valentin Haüy.
Le lecteur a une voix agréable. Il met le ton approprié sans trop en faire. Je relirai avec plaisir des ouvrages enregistrés par lui.

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