La fille cachée

L'ouvrage:
Septembre 1977, Huntville, Texas.
Russell Lee Holmes est exécuté pour avoir enlevé, torturé, et assassiné six enfants. Le soir de son exécution, une enfant de neuf ans est retrouvée près d'un hôpital de Boston. Elle a été droguée. Les médecins parviennent à la sauver. La fillette est amnésique: elle a même oublié son prénom.
Plus tard, on décide de l'appeler Mélanie. Elle est adoptée par la famille Stokes. Les stokes ont perdu leur enfant, Megan. Celle-ci fait partie des victimes de Russell Lee Holmes.

Critique:
J'ai préféré ce roman à «Jusqu'à ce que la mort nous sépare».
Lisa Gardner parvient à construire un bon roman psychologique à suspense. Les personnages sont creusés, leur psychologie est intéressante. Ils ne sont pas manichéen.
Bien sûr, on a le couple sympathique (Mélanie et David). Cependant, il faut bien des personnages attachants auxquels s'identifier. Par ailleurs, David et Mélanie ne sont pas parfaits. Ils agissent parfois de manière irréfléchie, alors que la solution est devant leur nez. Leur rapport à la famille est intéressant à explorer.
En outre, beaucoup d'autres sont sympathiques, mais ont des zones d'ombre: Patricia, Bryan, Ann-Margaret, Jamie. Ils ont commis des erreurs, plus ou moins graves, et tentent de faire au mieux. Tous ces personnages ont agi par amour, et en voulant bien faire. Le lecteur ne pourra rester indifférent à leurs motivations et à leur détresse, même si ce que fait Jamie est inexcusable. C'est d'ailleurs un personnage sur lequel on se penchera en se demandant ce qu'on aurait fait à sa place. Le débat est ouvert.

L'auteur montre très bien comment la famille Stokes a été détruite, certes par un drame, mais aussi par l'incompréhension de l'un d'entre eux, qui a tout saccagé sur son passage. C'est d'ailleurs l'un des rares personnages manichéens du roman. Le lecteur n'aura pas d'états d'âme à son propos. Cependant, il n'a pas gâché ma lecture, car il est crédible.

L'histoire d'amour est un peu convenue, mais l'auteur ne fait pas cela de manière trop attendue. Cet épisode ne m'a pas dérangée, il m'a même plu.

Malgré des personnages et des situations crédibles, le livre souffre de longueurs. Si le suspense, combiné à une bonne analyse psychologique, est au rendez-vous, j'avais trouvé certaines choses. J'ai très rapidement su qui était Mélanie. Cette information est arrivée assez tard, et cela a accentué le fait que le livre traînait. L'auteur gardait cet élément à sortir de son chapeau comme un prestidigitateur, mais pour moi, c'est tombé à plat.

Remarque annexe:
Ce roman ne fait pas partie de la série mettant en scène Pierce quincy. Si celui-ci n'est pas au premier plan, on le voit, et il est évoqué par David comme celui qui a résolu l'affaire Jim Beckett, allusion à «Jusqu'à ce que la mort nous sépare».

Éditeur français: l'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Laurel Lefkow.
La lectrice a une voix agréable, et met le ton approprié. Elle parvient à jouer sans que cela soit trop désagréable. Il est quand même dommage qu'elle élève tant la voix quand les personnages se crient dessus, et qu'elle la baisse à l'extrême sur d'autres passages. J'ai souvent été obligée de changer le volume de mon appareil, ce qui était assez pénible.

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