Lecteur : Lee Ann Marie

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jeudi, 8 février 2018

La femme à la fenêtre, de A. J. Finn.

La femme à la fenêtre

L'ouvrage:
New York.
Voilà un an qu'Anna Fox n'est pas sortie de chez elle. Elle est agoraphobe et vit seule. Comme elle s'ennuie parfois, elle joue aux échecs, aide des personnes ayant le même trouble qu'elle (tout cela en ligne), regarde des films policiers en noir et blanc... Elle observe aussi ses voisins...

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu. J'ai d'abord aimé que l'auteur prenne le temps de présenter Anna. On la voit dans son décor, son quotidien. Connaissant son trouble et sa solitude, on se demande ce qui lui est arrivé.

Ensuite, lorsque la narratrice raconte ce qu'elle a vu, et que la police ne la croit pas, l'auteur a bien agencé les choses parce que même si un lecteur aguerri pensera savoir qui dit la vérité, le doute est permis, justement à cause de ce qu'on sait de chacun. Au sujet de ce pan de l'histoire, j'ai quand même trouvé que le passage où Anna s'inquiétait pour Jane, et où on ne lui disait rien (d'abord à l'hôpital, puis chez elle) était un peu long. Le fait qu'on attende à ce point avant d'apprendre à l'héroïne ce qu'il s'est passé fait que pour moi, cela vient trop tard. J'avais deviné qu'on lui révélerait cela. Bien sûr, ce n'est qu'un moment au milieu du récit, donc ce n'est pas très grave, et ne gâche rien.

Concernant la vie de notre héroïne, quelque chose est dévoilé par petites touches. J'avais très vite compris ce que c'était, mais je n'avais pas imaginé les circonstances. Ces circonstances étant très importantes, cela a presque eu le même effet que si je n'avais rien deviné. En effet, ces paramètres m'ont sonnée, tant ils sont accablants pour un personnage. Je ne sais pas s'il est possible de se remettre d'une chose pareille...

D'autre part, l'écrivain a sorti une carte de sa manche que je n'ai absolument pas vue venir! J'ai été ravie d'avoir été si bien dupée! Ensuite, il explique très bien comment tout est possible, et rien n'est incohérent ou bâclé.

Pour parler de passages plus légers, le clin d'oeil au genre de films (en tout cas à la période) qu'affectionne Anna est amusant, puisque la voisine s'appelle Jane Russell.

Le titre n'est pas exactement traduit. Au début, je ne comprenais pas le titre original. On ne se l'explique qu'après avoir lu le roman. Il me paraît logique que l'éditeur français ait choisi de traduire ce qui apparaît à la lecture du résumé: une femme, de sa fenêtre, observe ses voisins.

En fin d'ouvrage, il y a un entretien entre l'auteur et la lectrice. Je suis toujours friande de ces conversations. Ici, je regrette quand même qu'elle soit très courte, et manque un peu de naturel...

Éditeur français: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ann Marie Lee pour les éditions Harper Audio.
Ann Marie Lee fait partie des lecteurs dont j'aime le jeu. J'ai donc été contente de la retrouver. Elle n'avait pas vraiment la partie facile. Par exemple, lorsqu'Anna pleure et tente d'être écoutée de ceux qui ne la croient pas, il fallait montrer son désarroi et sa rage sans trop en faire. De plus, la lectrice n'exagère pas sa voix pour les rôles masculins.

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jeudi, 1 décembre 2016

Ally Hughes has sex sometimes, de Jules Moulin.

Ally Hughes has sex sometimes

À ma connaissance, ce livre n'a pas été traduit en français.

L'ouvrage:
À vingt-et-un ans, Ally Hughes s'est retrouvée enceinte sans l'avoir désiré. Elle élève seule sa fille, et mène presque une vie d'ascète.
Dix ans plus tard, la jeune femme, alors professeur à l'université, passe un week-end torride (ce qui n'était pas du tout programmé) avec l'un de ses étudiants.
Dix ans plus tard, elle retrouve le jeune homme, apparemment sortant avec Lizzy, sa fille.

Critique:
Entre légèreté, gravité, humour, amour fou et parties de sexe torrides, Jules Moulin fait évoluer ses personnages. Certaines situations sont assez drôles, par exemple les conversations entre Ally et Anna, sa meilleure amie, ou bien le fait qu'Ally se retrouve un peu comme un OVNI au milieu d'une soirée cocaïne. Certains thèmes sont abordés à la fois de manière drôle et grave. Par exemple, Ally a du mal à laisser sa fille faire ses propres choix, et cela donne lieu à des moments cocasses: Ally faisant le pied de grue devant chez lizzy, laissant des kilomètres de messages sur son répondeur, etc. L'auteur fait le parallèle avec Claire, la mère d'Ally, qui était trop rigide, et abreuvait sa fille de pensées erronées sans la laisser oser espérer autre chose. C'est en faisant elle-même ce parallèle qu'Ally se rend compte qu'elle doit laisser Lizzy faire ce qu'elle veut, même si elle pense qu'elle se fourvoie.

Ally est assez creusée. Elle comprend la justesse du raisonnement de sa mère et le fait sien. En outre, elle souhaite être une bonne mère, et préfère ne pas s'autoriser grand-chose. C'est une personne gentille, soucieuse de bien faire.
Lizzy m'a un peu agacée, mais au fond, elle est sympathique.

J'ai apprécié que l'histoire d'amour ne soit pas une cause perdue d'avance. Par exemple, on n'attend pas des heures avant que Lizzy sache ce qu'il y a eu entre Jake et sa mère. En outre, sa réaction est plutôt sympathique. Par ailleurs, la drôlerie de certaines situations empêche cette histoire de tomber dans la niaiserie. Cependant, j'ai trouvé que l'auteur en faisait trop sur certains points. Elle a voulu que le «coup de foudre» n'en soit pas vraiment un (peut-être à cause des personnes comme moi qui détestent ça), ou alors, elle a voulu trop l'expliquer, le légitimer. De ce fait, elle en a trop fait, notamment en insérant beaucoup de scènes de sexe. Je pense qu'elle a voulu montrer en détails le week-end des amants, mais il n'y avait peut-être pas besoin de détailler plusieurs scènes torrides, tout en insistant lourdement sur la beauté et la virilité de Jake, son infatigabilité sexuelle, et sa possibilité à faire jouir Ally plusieurs fois en peu de temps.
Ensuite, j'ai trouvé que les cadeaux de Jake étaient trop ostentatoires. Certes, cette façon d'agir est expliquée par des confidences et par ce qu'a remarqué Jake pendant ce fameux week-end...
Je n'ai pas aimé le jeu qui consiste à faire semblant qu'on est quelqu'un d'autre et qu'on se rencontre. Je n'ai pas vraiment vu l'intérêt.

La romancière alterne les chapitres racontant le présent et ceux racontant le déroulement du week-end torride. Cette structure engendre ce que j'appelle des lenteurs artificielles. En effet, on connaît très vite les grandes lignes du week-end grâce à ce qu'en disent certains dans le présent. Par conséquent, chaque fois qu'on aborde un chapitre du passé, on est fatalement frustré car on voudrait savoir ce qui arrive dans le présent. Le week-end est détaillé parce que l'auteur souhaitait que le lecteur ressente ce qu'ont éprouvé Ally et Jake, mais peut-être aurait-il dû y avoir deux parties distinctes plutôt que l'entrelacement des deux récits.

Remarque annexe:
À un moment, Anna dit à Ally qu'elle peut s'autoriser à être heureuse comme dans «Les pages de notre amour». Elle aurait pu dire «comme dans les livres de certains auteurs», mais elle a choisi de citer ce livre-là. Il se trouve que quand j'étais adolescente, j'adorais ce livre qui était, pour moi, une très belle histoire d'amour. Je suppose qu'aujourd'hui, je le trouverais un peu niais, mais je garde une certaine tendresse pour mon émerveillement d'adolescente. C'est sûrement à cause de cela que je me souviens des prénoms des personnages: Ally (comme notre héroïne), et Noah (comme Jake, vous verrez pourquoi). Je me souviens aussi de l'âge de Noah quand Ally l'a retrouvé: trente-et-un ans (comme Ally Hughes lors du week-end torride). Lorsque Noah et Ally se retrouvent, il me semble qu'ils passent deux jours ensemble (la durée du week-end torride de Jake et Ally) avant d'être ramenés à la réalité par l'arrivée de la mère d'Ally. L'arrivée de la mère d'Ally Hughes précipitera d'ailleurs la fin du week-end torride.
Il y a peut-être d'autres allusions...

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ann Marie Lee pour les éditions Penguin Random House Audio.
J'aime beaucoup Ann Marie Lee. Ici, elle n'a pas eu la partie facile. Elle est parvenue à rendre les conversations entre Ally et Anna, entre Ally et Lizzy, etc sans en faire trop, mais en jouant quand même. En effet, ces conversations devaient être jouées sans cabotinage. Quant aux scènes de sexe, elle a tenté d'y mettre un peu de l'exaltation des amants. Personnellement, j'en aurais mis un peu moins, mais cela reste acceptable.

lundi, 23 novembre 2015

A nameless witch, de A Lee Martinez.

A Nameless Witch

À ma connaissance, ce roman n'a pas été traduit en français.

L'ouvrage:
À cause d'un sort jeté sur sa famille, elle est née sorcière, non-morte, et éternellement belle. Après avoir vécu dans le grenier de ses parents (qui n'ont pas pris la peine de lui donner un prénom), elle a été recueillie par une sorcière qui en a fait sa protégée. C'est à la mort de sa bienfaitrice qu'elle part à la rencontre de son destin, mais aussi avec lidée de venger le meurtre de son mentor. D'abord accompagnée de Newt, le canard démoniaque qui est son familier, elle rencontre d'autres êtres au cours de son périple.

Critique:
J'ai eu un peu de mal à entrer dans ce roman. Au départ, l'héroïne m'agaçait un peu, avec sa gentillesse. Cependant, j'ai fini par la comprendre et l'accepter (au chapitre 3 sur 29), et j'ai pleinement apprécié le roman. Il faut garder à l'esprit que l'auteur utilise les codes du conte, de la fantasy, du roman de chevalerie et de sorcellerie, tout en en parodiant certains. Par exemple, Newt, le canard, a toujours envie de tuer et se plaint très souvent. C'est un râleur. Il ressemble aux familiers des sorcières, mais certaines de ses faiblesses font qu'il est plutôt drôle. Par exemple, il ne sait pas voler. De plus, il est superstitieux quant à un très grand sorcier dont il ne faut absolument pas prononcer le nom sous peine (selon Newt) de périr dans d'atroces souffrances (comme par exemple, être étranglé par ses propres intestins). Ce passage est peut-être un clin d'oeil à la série «Harry Potter», dans laquelle on ne doit pas prononcer le nom de Voldemort. Mais A Lee Martinez détourne un peu la chose, puisque les terribles histoires que raconte Newt à propos de ceux qui se risquèrent à prononcer le nom tabou donnent plutôt envie de rire. Newt lui-même se ridiculise quelque peu, alors qu'il se veut effrayant.

Comme dans les contes, notre héroïne part pour une quête. Elle rencontre des embûches dont certaines la feront évoluer. C'est là que l'auteur introduit un concept intéressant. À un moment, l'héroïne comprend quelque chose à propos des gobelins. J'aime beaucoup l'idée énoncée ici parce que je pense que dans une certaine mesure, on peut l'appliquer à la vie. Bien sûr, pas littéralement, mais c'est une invitation à faire preuve de courage, et parfois, à penser autrement pour résoudre un problème.

Comme dans tous contes, la jeune et belle héroïne rencontre l'amour. Cela donne l'occasion à A Lee Martinez d'introduire un autre topos du genre: le chevalier blanc. Là encore, on trouve les codes propres au genre, mais ils sont quelque peu détournés.

Outre Newt, les personnages merveilleux sont empruntés à plusieurs genres, et là encore, certains codes sont détournés. La sorcière a, bien sûr, un balai. Ce balai est une fille et s'appelle Pénéloppe. On rencontre également Gwurm, le gentil troll, et l'énigmatique renarde... mais aussi (comme dans les contes) une route qui voudrait bien qu'on la débarrasse de sa saleté (et dont les réactions sont assez drôles), et une rivière qui a une étrange requête.

Sans tomber dans le niais, A Lee Martinez joue habilement des codes qu'elle emprunte à plusieurs genres. Malgré une apparente simplicité, ce roman fera rire et réfléchir.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ann Marie Lee pour les éditions Tantor Media.
J'aime beaucoup cette comédienne. Ici, elle a modifié sa voix pour certains personnages. Je n'aime pas trop cela, d'habitude, mais ce roman s'y prête. En outre, la voix qu'elle prend pour Newt est appropriée au personnage. Elle prend une voix peut-être un peu trop douce (une voix qui se veut sage) pour l'héroïne. C'est parfois un peu agaçant. Pour le troll, elle fait un accent anglais puisqu'il a un accent anglais. Heureusement, elle ne l'exagère pas trop. D'une manière générale, les voix qu'elle fait sont assez réussies.

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lundi, 25 mai 2015

Maine, de Courtney J. Sullivan.

Maine

L'ouvrage:
Les membres de la famille Kelleher ne s'entendent pas vraiment. Ainsi, l'été, les enfants d'Alice (la matriarche) se succèdent à Maine, la propriété de cette dernière.
Cet été-là, les Kelleher ne savent pas encore qu'Alice a décidé de leur faire une petite surprise qui, elle l'espère, ne sera connue d'eux qu'après sa mort.

Critique:
Comme dans «Les débutantes», Courtney J. Sullivan analyse parfaitement la psychologie de ses personnages. J'ai préféré «Maine» parce que je me suis attachée à certains personnages.Si les héroïnes de «Les débutantes» me semblaient cruches et capricieuses, celles de «Maine» me paraissent plus matures. Bien sûr, je ne suis pas d'accord avec tous leurs choix, mais je comprends leurs motivations.

L'auteur alterne les points de vue d'Alice (l'aïeule de plus de quatre vingts ans), de Kathleen (sa fille d'environ soixante ans), de Maggie (la fille de Kathleen qui a trente-deux ans), et d'Ann Marie, (la belle-fille d'Alice, car mariée avec son fils). Ces quatre femmes sont très différentes. Kathleen a élevé ses enfants en tentant d'être l'opposé exact de sa mère, car le comportement de cette dernière l'a traumatisée. Résultat: Maggie ne veut pas reproduire ce qu'a fait Kathleen. À un moment, celle-ci s'en rend compte, et est horrifiée à l'idée qu'en voulant éviter les erreurs d'Alice, elle en a commis d'autres.

Maggie m'a semblé superficielle, au début. Elle veut s'établir avec Gabe, son petit ami pour de mauvaises raisons. L'une d'elles étant que sa cousine qui a le même âge est déjà mariée et a trois enfants. Bien sûr, elle a des sentiments pour lui, mais elle a également ce genre d'arguments. Maggie est pourtant celle qui, à mon sens, évoluera le mieux au cours de l'été conté par Courtney J. Sullivan.

Ann Marie m'a vraiment intéressée. Elle fait son possible pour se fondre dans la famille, mais il n'est pas sûr qu'elle soit désintéressée. Je ne parle pas seulement de biens matériels. Ann Marie donne l'impression de vouloir qu'on la reconnaisse en tant qu'être dévoué, ouvert... elle voudrait qu'on la croie parfaite. C'est justement ce qui insupporte Kathleen. Il est vrai qu'Ann Marie est casse-pieds: il ne faut pas que les enfants entendent de gros mots, il faut être pratiquant, et donc, il ne faut surtout pas être une anomalie. Elle ne se remet pas du fait que l'une de ses filles soit lesbienne. Il est assez amusant qu'elle se permette de reprendre Alice qui montre ouvertement son racisme envers les noirs, alors qu'elle fait la même chose (de manière plus sournoise, puisqu'elle râle toute seule dans son coin) envers des homosexuels. En dehors de cela, elle vit très bien avec «ses pensées impures». Ces pensées ne me poseraient pas de problèmes si Ann Marie était un peu plus tolérante envers les autres. D'un autre côté, elle sait gérer les situations de crise, et il semblerait que sa générosité envers Maggie (du moins, cet été-là) ait été totalement désintéressée. Voilà pourquoi elle ne pourra pas inspirer de sentiments tranchés, ce qui est une bonne chose.

Kathleen semble être l'opposé d'Ann Marie. Elle est très franche, ne s'embarrasse pas de minauderies, ne se raccroche pas à la religion, n'a pas honte d'être qui elle est. Certes, mais elle ne fait pas preuve d'empathie, surtout lorsque sa fille demande un peu d'attention et d'écoute. Kathleen est surtout obsédée par le fait de ne pas ressembler à Alice et à Ann Marie. Elle en oublie de se remettre en question. Sans parler du fait qu'elle souffre de la même addiction que celle qu'elle rejette.

Alice est sûrement celle que j'ai le moins aimée. Elle a souffert d'être née dans une famille où on communique mal, et elle l'a reproduit. En outre, elle est d'une génération plus fermée, plus distante. Cela n'explique évidemment pas tout. J'ai surtout désapprouvé le fait qu'elle soit rongée de culpabilité, mais n'ose pas assumer sa mauvaise action, puisqu'elle ne parvient pas à la dire. Elle endure quand même une sorte d'expiation. D'une manière générale, je la trouve froide et antipathique.

Au long du roman, l'auteur confronte les points de vue de ces femmes sur l'histoire de la famille. J'ai apprécié de connaître un pan marquant de l'histoire par petites touches. L'une d'elles y pense, puis l'autre. On découvre leurs points de vue, et on les comprend. Je pense surtout à ce qui arrive à Daniel. Alice et Kathleen s'opposent radicalement. Le point de vue de chacune se comprend. Peut-être serais-je plus encline à partager celui de Kathleen car elle respecte la volonté de son père.

Un roman abouti, dépeignant à merveille les relations de plusieurs membres d'une famille aux caractères très différents.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ann Marie Lee pour les éditions Random house audio.

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mardi, 18 juin 2013

Triumph, de Carolyn Jessop.

Triumph

À ma connaissance, ce livre n'a pas été traduit en français.

L'ouvrage:
Carolyn Jessop raconte un événement qui arriva peu après la publication d'«Escape». Une jeune mormone appela la police, et expliqua qu'elle avait été forcée d'épouser un homme ayant plus du double de son âge alors qu'elle était mineure. À partir de là, une grande enquête est menée dans la communauté mormone de Colorado City. Carolyn témoignera, étant donné que cela touche la communauté dans laquelle elle vécut une grande partie de sa vie.

Critique:
Si vous avez aimé «Escape», ne vous attendez pas à adorer «Triumph». Je pense qu'elle l'a écrit parce qu'«Escape» avait connu un grand succès (il est resté douze semaines dans la liste des best-sellers), et qu'elle a voulu surfer sur la vague. Bien sûr, «Triumph» n'est pas à rejeter, mais il ne faut pas s'attendre à être aussi captivé que par «Escape».

Carolyn commence par raconter la perturbation que fut ce procès auquel elle dut participer. Cela fut éprouvant pour plusieurs raisons, l'une étant qu'elle dut côtoyer ces gens qu'elle avait voulu fuir. Par exemple, elle fut confrontée à Barbara contre laquelle elle dut témoigner.
Même si cette partie m'a intéressée, je l'ai trouvée un peu longue, car je m'étais surtout attachée à Carolyn et à ses enfants. Bien sûr, j'ai été effarée de voir l'ampleur des abus, et je me suis demandé comment il était possible d'être à ce point inhumain.

Ensuite, Carolyn raconte des épisodes qu'elle vécut alors qu'elle était mariée à Merril, dont certains qu'elle n'avait pas racontés dans «Escape». Cela fait un peu remplissage, même si les épisodes inédits m'ont intéressée.
D'autre part, elle reparle de l'adaptation de chacun après leur fuite. Elle répond également à la question que je me posais concernant sa fille, Betty. Personnellement, je ne comprends toujours pas le choix de Betty...

À un moment, Carolyn explique que pour aller de l'avant, il faut pardonner. Elle admet que ce n'est pas facile, mais elle pense que c'est nécessaire pour se libérer de certaines entraves. Elle explique que pour elle, pardonner ne veut pas dire tout accorder aux personnes qui l'ont blessée, mais qu'elle doit cesser de vouloir que la justice triomphe. Je comprends cela, mais pour moi, cela ne s'appelle pas pardonner, mais recouvrir la personne d'une indifférence teintée de mépris. Pour moi, pardonner signifie qu'on aura à nouveau des relations avec la personne.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ann Marie Lee pour les éditions Random house audio.

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