Lecteur : Lebert Jean-Christophe

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vendredi, 17 mai 2013

Fleur de tonnerre, de Jean Teulé.

Fleur de tonnerre

L'ouvrage:
Dans ce roman, Jean Teulé retrace le parcours d'Hélène Jégado, née en Bretagne en 1803, et morte en 1851. Elle fut l'une des plus grandes tueuses en série. Elle empoisonnait ses victimes en mettant de l'arsenic dans les plats qu'elle préparait' Elle avait une prédilection pour la soupe aux herbes, et un gâteau dont elle avait inventé la recette. La frayeur qu'elle peut inspirer vient du nombre de ses victimes, mais aussi du fait qu'elle n'avait aucun critère particulier. Elle s'attaquait à n'importe qui.

Critique:
J'ignorais totalement qu'une femme comme Hélène Jégado ait existé jusqu'à ce que je découvre ce roman. Apparemment, son procès fit moins de bruit que ce à quoi on aurait pu s'attendre, car il coïncida avec le coup d'état de Napoléon 3.

La lecture de cet ouvrage est perturbante pour plusieurs raisons. D'abord, on se demande si elle était folle, méchante, sadique... elle semble tuer de sang froid, et n'a pas de cibles particulières. D'après le peu que l'on a pu apprendre sur elle (elle s'est exprimée peu avant son exécution), elle a été très marquée, dans son enfance, par la légende de l'Ankou. L'Ankou venait, avec sa charrette, et appelait trois fois, d'une voix rauque, celui qui était destiné à mourir. Les parents d'Hélène croyaient en cette légende. Il semblerait qu'elle ait souhaité devenir l'Ankou, afin de tout contrôler, et de ne plus avoir peur.
Il est impressionnant de voir comme un enfant peut être traumatisé par quelque chose à ce point. C'est pourtant logique: pour un enfant, ses parents sont les protecteurs. S'ils ont peur au lieu de protéger, ils ne jouent plus leur rôle.

Il est dur de cerner Hélène, car on la voit surtout à travers ses meurtres et son obsession de l'Ankou. Elle semble être guidée par cela. Cependant, parfois, certaines de ses remarques portent à rire. Par exemple, lorsqu'à son procès, on fait état d'un certain nombre de victimes, elle s'écrie qu'on est loin du compte! Comment ne pas être horrifié, mais en rire un peu aussi...
C'est d'ailleurs les phases par lesquelles je suis passées en lisant le roman. Au début, l'héroïne m'a effrayée. Et puis, à chaque fois qu'elle allait dans une nouvelle maison (elle a été domestique), je me surprenais à me demander: «Alors, elle va en tuer combien, cette fois?», et à en rire un peu. C'est d'ailleurs, à certains moments, le parti qu'adopte Jean Teulé: il a l'art du détail, de la mise en scène. Il l'exprime pleine ment dans la scène qui se passe au couvent, scène où la mère supérieure, horrifiée, découvre que les vêtements des soeurs ont été coupés à des endroits stratégiques. La scène est racontée avec réalisme et verve, elle m'a amusée, et je croyais y être.
Le romancier a dû inventer des pensées à partir de faits, et retracer le parcours de cette femme dans un roman n'était pas forcément simple. L'auteur use d'un style vif. Il en profite pour évoquer certaines autres particularités de la Bretagne, comme certains saints un peu étranges... Que dire de Notre-Dame de la haine qu'il faut prier pour qu'une personne meure.
L'auteur crée deux personnages récurrents qui semblent toujours être dans les villages où s'arrête Hélène. Je parle des perruquiers normands. Ils sont comme un repère dans ce chaos de meurtres. Ici, le rire est également provoqué par la prononciation défectueuse de l'un d'eux.
D'autre part, au moment du procès, le romancier s'attache à décrire gestes et pensées de chacun. Il ne se focalise pas sur une personne. Cette manière de faire renouvelle l'intérêt du lecteur, car rien n'est statique. On voit les points de vue de chacun, et certains ont des pensées amusantes.

L'attitude des hommes est presque comparée à celle d'Hélène. Au long du roman, certains se battent, d'autres prient pour la mort de leurs proches... et Hélène tue. Là où ils sont animés de sentiments, elle semble en être dépourvue. C'est d'ailleurs l'inhumanité (la folie) que plaidera son avocat.

Malgré mon intérêt pour le personnage, et la manière vivante dont Jean Teulé a écrit son roman, je me suis un peu ennuyée à un moment. Il est normal que l'auteur ait souhaité être exhaustif, mais à un moment, j'avais l'impression d'être en face d'un catalogue de meurtres. Heureusement, mon ennui n'a pas duré.

Dans l'émission «L'heure du crime» diffusée sur RTL, le 7 mars, Jean Teulé explique que tous les faits sont vrais. Il n'a inventé que les pensées des personnages, surtout celles des victimes. À noter qu'il vaut mieux écouter l'émission (elle est en podcast) après avoir lu le livre, car l'auteur en raconte beaucoup.

Détail amusant: en Bretagne, certaines pâtisseries vendent le gâteau inventé par Hélène. Il est garanti sans arsenic!

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Christophe Lebert.
Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib.
Ce livre pourrait n'être qu'un banal roman sur une étrange tueuse. Pour moi, ce qui le sort du lot, c'est le style vif de Jean Teulé et l'interprétation de Jean-Christophe Lebert. En effet, le comédien le lit de manière très vivante, servant à merveille le style enlevé de l'auteur. Modifiant quelque peu sa voix pour certains personnages (dont Hélène enfant, puis femme), sachant faire passer certains sous-entendus (mais pas trop tôt, pas avant que le lecteur n'ait compris ce que faisait Hélène), passant d'un point de vue à l'autre, le comédien enfile avec une facilité apparente toutes les casquettes qu'exige ce roman. Et tout cela sans jamais cabotiner! Je ne donnerai qu'un exemple, qui n'est sûrement pas le plus probant, mais qui m'a marquée: alors que le lecteur sait à quoi s'en tenir sur les actes d'Hélène, l'auteur écrit: «Fleur de tonnerre prépare de la confiture d'orange.» Jean-Christophe Lebert parvient à prononcer cette simple phrase en faisant entendre plusieurs choses: un peu de mystère, un brin de triomphe, un soupçon d'enjouement, tout cela d'une voix feutrée...

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mercredi, 12 septembre 2012

La sirène, de Camilla Läckberg.

La sirène

Note: Ce livre fait partie d'une série. Voici l'ordre dans lequel il faut lire les tomes:
La princesse des glaces
Le prédicateur
Le tailleur de pierre
L'oiseau de mauvais augure
L'enfant allemand
La sirène

L'ouvrage:
Christian Thydell a écrit «La sirène». Erica, qui accompagne la publication du roman, découvre bientôt qu'il reçoit des lettres de menace depuis qu'il a commencé à écrire. Elle décide de mener son enquête.

Patrik se débat avec un mystère insondable: Magnus, un habitant de Fjàllbacka, a disparu depuis plusieurs semaines. Il semble s'être volatilisé.

Critique:
Les amateurs de Camilla Läckberg seront ravis de ce tome 6: elle y glisse les ficelles qui lui sont chères. Pour ma part, je pense qu'elle commence à s'essouffler, car certaines de ses «astuces» sont vraiment trop utilisées. Par exemple, on retrouve, comme une fatalité, sa manière de retarder une révélation: un personnage a une idée, mais ne la fait pas partager au lecteur. Puis, il l'expose à un autre personnage, mais le lecteur n'est toujours pas mis dans la confidence... ainsi de suite. L'auteur s'étale sur l'extravagance de l'idée émise par le personnage, mais pourtant, il ne pourrait en être autrement, pense ledit protagoniste. Ensuite, il est expliqué que le personnage n'a pas toutes les pièces du puzzle, et que donc, c'est encore flou, etc.
Cette ficelle est exaspérante à la longue. Elle est là pour engendrer de la frustration, certes, mais le procédé est si abondamment utilisé, du moins par Camilla Läckberg, que j'ai plutôt ressenti de l'ennui.
D'autre part, vers la moitié, les choses s'enlisent un peu. La romancière crée des événements que je qualifierais de secondaires afin de donner un os à ronger au lecteur, mais pendant quelques temps, on piétine...

L'écrivain croise deux époques, comme à son habitude. Cette organisation de la trame n'est pas vraiment lassante, parce que l'histoire n'est jamais la même.

J'avais deviné beaucoup de choses avant qu'elles ne soient dévoilées. Je savais qui était le petit garçon «du passé», ce qui était arrivé à Alice. J'ai même su qui était coupable avant que l'auteur ne se décide à le dire. À ce propos, je trouve cette résolution très grosse. La romancière la prépare en faisant une très bonne étude de ses personnages, en les analysant de manière précise et convaincante. Cependant, je ne peux m'empêcher de penser qu'elle est tombée dans la facilité. Cette solution a déjà été imaginée dans plusieurs autres romans (que je ne citerai pas, car si vous les avez lus, vous saurez ce qui se passe dans «La sirène»), et outre son peu de crédibilité, elle fait partie de celles qu'il faut employer avec parcimonie. Je veux bien croire que ce genre de choses est possible, mais à ce point...
J'avais d'ailleurs envisagé une solution de rechange qui, avec quelques ajustements, aurait pu être recevable. Elle était un peu clichée, mais je l'aurais peut-être mieux acceptée.
En général, je résous les énigmes de Camilla Läckberg avant la fin des romans, et cela ne me gêne en rien, car je prends plaisir à la lire. Ici, j'en ai été quelque peu dérangée. Peut-être parce que la résolution ne m'a pas plu...

Même si Melberg s'est quelque peu humanisé, on retrouve sa bêtise, et sa prétention à être sur le devant de la scène, alors qu'il ne sait que brasser du vent. Je sais que tout cela existe, et que Melberg ne va pas changer en un claquement de doigts, mais la récurrence de la situation m'a agacée.
En revanche, l'auteur a insidieusement amorcé une espèce de rivalité entre deux personnages tout aussi appréciables. De plus, le petit ressentiment qu'éprouve l'un d'eux n'est pas directement causé par l'autre. J'ai trouvé cela habilement amené. Il faut voir comment les choses tourneront à ce sujet.

Comme à son habitude, Camilla Läckberg décrit à merveille personnages, situations, psychologie... Que le lecteur approuve ou non les protagonistes, il parviendra très bien à entrer dans leur tête grâce à l'analyse qu'en fait l'auteur. Je suis toujours très impressionnée de la justesse avec laquelle elle les crée. Un jour, j'ai lu une chronique disant que les personnages récurrents de cette romancière étaient superficiels, ne pensant qu'à la manière d'éviter de grossir tout en continuant de faire bonne chair. Il est vrai que ce type de «soucis» revient fréquemment, mais n'est-ce pas le cas chez beaucoup d'entre nous?
J'ai également aimé la description des relations de chacun avec son entourage, sa manière d'être dans la vie, etc.
Il y a même un personnage que j'ai apprécié, alors qu'on le voit très peu: Yannos Kovacs.

J'ai également retrouvé avec grand plaisir l'humour de Camilla Läckberg: de vraies moment de détente, du rire simple, des situations sympathiques.

Habituellement, l'auteur achève ses romans de manière à ce que le lecteur soit impatient de connaître la suite de ce qui arrivera à Patrik et Erica. Je conseille à ceux qui, d'habitude, sont très frustrés, d'attendre la sortie du tome 7, car la fin du tome 6 est encore plus frustrante que la fin des autres tomes. L'un des événements finaux est d'ailleurs préparé tout au long du roman par de multiples remarques. Je le voyais venir de très loin.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Christophe Lebert. Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il sort en audio aujourd'hui, le 12 septembre.

Je suis déçue qu'Éric Herson-Macarel n'ait pas enregistré ce tome. Cependant, Jean-Christophe Lebert a une voix et une lecture agréables. Il parvient à jouer sans surjouer. Par exemple, le ton feutré qu'il prend pour lire les souvenirs du petit garçon est adéquat, car il renforce l'ambiance dans laquelle l'auteur plonge son lecteur. On sent que le garçonnet doit rester sur ses gardes, et qu'il éprouve un profond mal-être.
Le lecteur adopte également un ton approprié lorsqu'il s'agit de Melberg: quand on brasse du vent, on le fait en s'étalant et en se montrant au maximum, d'où la voix forte, le ton du commandant sûr de lui.

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mardi, 18 octobre 2011

Le passager, de Jean-Christophe Grangé.

Le passager

L'ouvrage:
Depuis peu, Mathias Freire travaille dans l'aile psychiatrique d'un hôpital bordelais. Ce soir-là, alors qu'il se remet d'un rêve étrange, et qu'une douleur persistante lui tronçonne le côté gauche de la tête, on lui amène un patient amnésique qu'on a trouvé gare Saint-Jean.

Anaïs Châtelet est une jeune femme policier ambitieuse. Il se trouve qu'elle est la seule disponible alors qu'une affaire intéressante se présente: un corps trouvé gare Saint-Jean, un homme décapité dont la tête a été remplacée par celle d'un taureau.

Critique:
J'ai trouvé ce livre meilleur que «La forêt des mânes». Malgré tout, mon sentiment est mitigé.

J'ai eu du mal à entrer dans le roman, car le début me paraissait très classique. Bien sûr, il faut bien commencer par du connu, mais certains auteurs arrivent à détourner quelque peu le classique en y insérant de l'humour, ou une façon étrange de faire, ou un personnage d'emblée sympathique, ou tout autre chose qui éveillera l'intérêt.
Si Mathias m'a été tout de suite sympathique, j'ai eu plus de mal à m'attacher à Anaïs. Je la trouvais creuse, au début. Heureusement, cela s'arrange, par la suite.

On retrouve d'autres topoï du genre chez Grangé. Qu'un auteur reprenne certaines façons de faire peut ne pas être gênant, s'il sait y apporter un brin d'originalité. Ici, on sait tout de suite que les deux affaires sont mêlées. Heureusement, l'auteur ne joue pas trop de cette ficelle.
On retrouve aussi beaucoup de sang et de violence. J'avoue y être de plus en plus réfractaire. Si on excepte les mises en scène macabres, il y a cet horrible passage où le héros se fracasse plusieurs fois le nez contre un mur. Il y était obligé, mais cet épisode m'a franchement écoeurée.
On retrouve également la personne un peu marginale qui a toute la police après elle en plus d'un tueur fou. D'ailleurs, toutes les fois où le héros échappe à ses poursuivants, on tombe dans le prévisible, et donc, dans le remplissage, ce qui donne une occasion à l'auteur de semer sang et cadavres autour du fugitif.
La ficelle est quand même un peu renouvelée par le fait que l'investigateur n'est pas marginal par sa faute. En outre, il finit par être aidé par une personne qui croit en lui malgré les apparences, et le fait qu'elle le connaît peu. On me dira que c'est un peu gros, je trouve que c'est une originalité intéressante, parce que du coup, le livre est moins balisé.

Ensuite, Jean-Christophe Grangé aborde des thèmes qui le furent déjà abondamment. Par exemple, l'amnésique qui revient dans ses propres pas pour découvrir qui il est. Ça m'a rappelé, entre autres, «Au pays des vivants». Ici, l'intérêt est tout de même relancé parce que l'amnésique doit enquêter sur plusieurs «personnes». Cependant, certaines parties sont un peu longues. Je me suis ennuyée pendant la troisième, l'enquête sur Narcisse.

Ce qu'a produit la folie humaine est intelligemment abordé, et très réaliste. Cependant, j'ai envie de dire que Grangé arrive trop tard. Son histoire, même si elle n'est pas semblable, m'a beaucoup rappelé la série «Dollhouse», ou le roman «Hors de moi», de Didier Van Cauwelaert. À cause de cela, j'ai très vite su une chose assez importante.
Le système d'enquêtes imbriquées les unes dans les autres m'a rappelé «Le chuchoteur». Ce n'est pas forcément une mauvaise chose, mais ce roman a éveillé beaucoup d'échos en moi, ce qui m'a quelque peu agacée. Je suppose que c'est dû au fait que je lis beaucoup et que je regarde beaucoup de séries.

La toute fin (la dernière phrase) est prévisible. J'en ai été déçue. En effet, je voyais venir l'auteur avec de gros sabots. De ce fait, je pensais qu'il ne ferait pas une chose aussi attendue. Eh bien, si!

Pour moi, la partie la plus réussie est la deuxième. Peut-être parce que c'est le début de l'enquête, et que ce mécanisme est un peu nouveau. Néanmoins, je pense que c'est surtout parce que l'auteur a particulièrement bien décrit et analysé un monde que nous côtoyons tous les jours, et sur lequel nous ne nous arrêtons pas vraiment: le monde de la rue. Cette espèce de jungle où les pires choses peuvent arriver m'a impressionnée. Je n'ai pas de preuves que cela se passe ainsi en réalité, et peut-être que l'auteur exagère un peu, mais j'imagine que son récit est très proche de la vérité.

Je ne regrette pas d'avoir lu ce livre, car certains «reproches» (je pense surtout aux échos) ne sont pas si gênants, c'est leur accumulation qui m'a embêtée, et je sais qu'elle n'est pas uniquement due à l'auteur.
Quant aux thèmes récurrents, certains ont été partiellement renouvelés.

Remarque annexe:
Je pense la même chose qu'Anaïs à propos de la corrida.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Christophe Lebert.
Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib.
Le lecteur a une voix agréable, et ne lit pas trop lentement. (Beaucoup de lecteurs, qu'ils soient bénévoles ou payés pour enregistrer des livres, lisent trop lentement à mon goût.) Il a eu l'occasion de montrer son talent dans diverses scènes, par exemple, lorsque nos héros côtoient des personnes ivres. J'ai bien ri lorsqu'il «joue» un clochard soûl qui chante «Les démons de minuit» à pleins poumons.
J'ai également apprécié qu'il n'en fasse pas trop quant à l'accent du Sud-Ouest du père d'Anaïs. J'aurais détesté qu'il forçât le trait.
J'ai été surprise d'entendre des liaisons mal-t-à propos. Je crois qu'il y en a deux ou trois sur un chapitre.
La musique n'est pas trop présente (heureusement qu'il n'y en a pas à chaque fin et début de piste, car il y a 149 pistes...), et donne bien le ton du roman.

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