Lecteur : Lebert Jean-Christophe

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mardi, 22 octobre 2019

La forêt des ombres, de Franck Thilliez.

La forêt des ombres

L'ouvrage:
David Miller, la trentaine, est thanatopracteur. Il a également écrit un thriller. C'est alors qu'Arthur Doffre, vieil homme fortuné, lui propose un travail très bien rémunéré, mais également très particulier. David doit écrire un roman évoquant le bourreau cent-vingt-cinq, tueur en série qui s'est suicidé vingt-sept ans auparavant.

Critique:
J'imagine que les amateurs de Franck Thilliez ont beaucoup aimé ce roman, et que ceux qui sont friands de ses thrillers en audio l'apprécieront également. Je n'irai pas jusqu'à dire que cela n'a pas été mon cas, mais je suis déçue d'avoir deviné la plupart des révélations. Il n'y en a qu'une que je n'ai pas trouvée, et après avoir fini le roman, je me dis que c'était sûrement la plus évidente. ;-)
Ayant rapidement élucidé 99% des mystères, je pestais après David qui ne voyait rien. De plus, il me paraissait flagrant que la proposition d'Arthur, si bien rémunérée soit-elle (la grosse somme d'argent pouvait d'ailleurs être un indice) était un cadeau empoisonné. Je pestais donc encore après David qui l'avait acceptée. Bien sûr, son choix s'explique, mais justement, l'explication fait partie de celles que je n'aime pas du tout. Je la reproche également à Serge Brussolo (auteur que j'affectionne particulièrement) lorsque je la trouve sous sa plume.

À côté de cela, l'ambiance est effrayante à souhait: un chalet perdu au coeur d'une forêt enneigée, endroit dont on ne peut s'échapper, surtout avec un véhicule dont une mystérieuse personne a crevé les pneus... La tension monte, les personnages (ne pouvant plus rationaliser) s'exaspèrent, il y a de quoi ébranler l'esprit le plus sain du monde. Cet aspect du roman m'a plu, car je l'ai trouvé très bien exploité.

Je n'ai pas réussi à apprécier les personnages, sauf peut-être Adeline, et bien entendu, Clara. Objectivement, David et Cathy sont appréciables, mais je n'arrivais pas à accepter leurs défauts et leurs actes répréhensibles. En outre, parfois, leur comportement lors de ce qui est raconté dans le roman m'agaçait.

J'avais peur que l'épilogue se termine d'une manière que je n'aime pas, et que certains auteurs affectionnent. Heureusement (pour moi, en tout cas), Franck Thilliez n'a pas choisi cela.
J'aurais aimé que l'épilogue expliquât comment l'un des personnages s'en était sorti.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Christophe Lebert.

Une fois de plus, j'ai apprécié l'interprétation de Jean-Christophe Lebert. Il rend très bien l'ambiance effrayante du roman. Il ne modifie pas sa voix à outrance, mais fait ce qu'il faut, lors de certains dialogues, pour rendre la terreur que l'auteur a souhaité inspirer. À un moment, l'un des personnages pleure, et le comédien joue son désespoir sans trop en faire. Je le souligne parce que c'est souvent dans les larmes des personnages que les mauvais comédiens surjouent.

Pour information, la structure du livre n'est pas totalement respectée: trois chapitres sont coupés en deux pistes.

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jeudi, 8 août 2019

Sans défense, d'Harlan Coben.

Sans défense

L'ouvrage:
Voilà dix ans que Patrick Moore et Reece Baldwin (six ans) ont été enlevés. L'un d'eux est le petit-cousin de Win. À présent, celui-ci est à Londres, et pense avoir retrouvé Patrick, mais ce dernier s'enfuit. Ne pouvant le rechercher seul, Win appelle Myron Bolitar (qu'il n'a pas vu depuis un an) à la rescousse.

Critique:
Je m'étais lassée d'Harlan Coben, ayant été déçue par certains de ses romans. Cependant, le synopsis de «Sans défense» m'a interpellée, et cela me donnait une occasion d'entendre Jean-Christophe Lebert, dont j'aime beaucoup le jeu. J'imagine que pour mieux apprécier certains éléments (la relation amicale entre Win et Myron, celle de ce dernier avec sa famille et ses amis), il vaut mieux avoir lu les autres romans mettant en scène ces personnages. Je ne l'ai pas fait, car ces romans ont été enregistrés à deux voix, et si j'aime beaucoup le jeu de José Heuzé, je n'apprécie pas du tout celui de celle à qui les rôles féminins ont été donnés. J'imagine donc que je ne lirai jamais les premiers Myron Bolitar.

Ce roman m'a plu. J'ai d'abord apprécié les fameuses relations entre les personnages. Win est particulier, mais sympathique. Souvent, sa présence est à la fois synonyme de tension et de rire. Les parents de Myron, ainsi que Mickey et sa petite amie (sans oublier leur ami geek), m'ont également beaucoup plu. (Je n'ai pas non plus lu les livres dont Mickey est le héros, mais ceux-là ne sont pas sortis en audio français.)

J'avais un peu peur que l'intrigue me paraisse fade, mais non. Bien sûr, c'est Harlan Coben, donc il ne faut pas s'attendre à un suspense haletant, mais l'ensemble m'a paru bien pensé. L'auteur finit par traîner avant de révéler la vérité, mais au départ, il plante un décor, et montre une certaine réalité dont nous connaissons l'existence, et dont il décrit toute l'horreur. J'ai beau avoir été déçue par certains de ses romans, et pensé que dorénavant ils me décevraient, je me dis qu'il a raison de rappeler à son lecteur que malheureusement, ces atrocités existent.

À un moment de l'intrigue, j'ai pensé que cela avait le parfum d'un roman que j'intitulerai «***» pour cette chronique. J'ai ensuite pensé que cela ressemblerait assez à Harlan Coben de faire quelque chose qui se rapprocherait des circonstances décrites dans «***». C'est effectivement ce qu'il a fait. Je ne dis pas qu'il a plagié «***» (je ne sais même pas lequel est sorti en premier), et je pense d'ailleurs que «***» n'est pas le seul roman à utiliser ce genre de ficelles, je sais avoir lu d'autres romans qui les utilisent, mais je ne me souviens que de «***». La solution est vraisemblable, et assez cobénesque (si je puis me permettre le néologisme). Je n'ai qu'un regret: j'aurais voulu qu'un personnage souffre beaucoup plus. Apparemment, ce personnage a souffert, mais peut-être quelques détails sur les supplices endurés m'auraient-ils satisfaite. Au moins, je sais que le protagoniste en question entend ses quatre vérités, et finit par être rejeté, ce qui est déjà bien, me direz-vous.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Christophe Lebert pour les éditions Lizzie.

J'ai été ravie de retrouver ce comédien dont j'apprécie beaucoup le jeu. J'ai aimé le ton à la fois assuré et discret qu'il adopte pour narrer les chapitres racontés par Win. D'une manière générale, il a très bien interprété les émotions et les sentiments des personnages, mais c'est surtout dans le rôle de Win qu'à mon avis, il s'est illustré, car ce protagoniste ne m'a pas semblé facile à jouer. En outre, le comédien a joué les rôles féminins sans les exagérer, même quand le personnage était en proie à une vive émotion.
J'ai également apprécié qu'il ne prenne pas un accent anglophone pour les noms propres. J'avais peur qu'il dise, par exemple, «Micky» pour «Mickey», ou fasse un «r» anglophone pour «King's Cross», etc. Bien sûr, j'ai compris qu'il prononce Maïrone pour Myron, et cela m'a convenu car il le dit naturellement, même si je dois dire que je n'aurais pas du tout été perturbée s'il l'avait prononcé Miron. J'imagine que je suis la seule que cette prononciation n'aurait pas perturbée. ;-)

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lundi, 24 septembre 2018

Les derniers hommes, de Pierre Bordage.

Les derniers hommes

L'ouvrage:
Voilà plus d'un siècle que la Troisième Guerre mondiale a eu lieu. Elle a laissé la terre exsangue. Les survivants sont regroupés en plusieurs «peuples». Chacun contrôle une ressource spécifique. Solman, dix-sept ans, fait partie du peuple des aquariotes, ceux qui trouvent les rares points d'eau non pollués par un poison foudroyant. L'adolescent n'est pas parfaitement intégré, car il a le don de clairvoyance, il peut lire dans les âmes, et savoir qui ment, qui est fourbe, etc. Voilà pourquoi beaucoup se méfient de lui. Sa seule véritable amie est Raïma, la guérisseuse.
C'est dans ce climat qu'une étrange prophétie commence à se propager. On parle d'apocalypse. Certains refusent d'y croire. Solman sera précipité dans un tourbillon d'événements, et devra faire des choix.

Critique:
J'attendais peut-être trop de ce roman que je veux lire depuis plusieurs années. Il est de Pierre Bordage, dont j'ai adoré plusieurs livres, et le résumé m'attirait beaucoup. Après ma lecture, mon sentiment est mitigé.

J'ai apprécié la description des différents peuples devant faire face à la pénurie de ressources naturelles. L'intrigue se déroule au moins un siècle après la période dans laquelle nous sommes actuellement, et les hommes sont contraints à mener une existence s'apparentant plutôt à des temps bien plus reculés.

Ensuite, j'ai découvert le fonctionnement des peuples, et à travers les aquariotes, la soif de pouvoir des chefs. On retrouve un fonctionnement que, malheureusement, on ne connaît que trop. Il m'a semblé que l'auteur a voulu montrer que quelle que soit la situation, il y aurait toujours des hommes pour mal agir, et d'autres pour tenter de redresser les choses.

Solman est un personnage sympathique. J'ai parfois été déçue de ses choix et de ses actes, mais ceux-ci montrent simplement qu'il n'est ni parfait ni assoiffé de pouvoir. Je ne sais pas si, à sa place, j'aurais eu le courage de prendre certaines décisions. Je n'ai pas toujours apprécié son attitude envers Raïma, mais qu'aurais-je fait dans sa situation? Lorsqu'on l'oblige à prononcer un jugement, j'aurais souhaité qu'il dise autre chose que ce qu'il se résout à affirmer, mais il pensait au bien commun. Malgré certains défauts, on ne peut nier que Solman pense toujours à l'intérêt de ses semblables. Son comportement et les éléments auxquels il est confronté soulèvent des questions très intéressantes.

Je n'ai pas réussi à apprécier Kadija. Pourtant, elle finit par se laisser tenter par les plaisirs terrestres, comme manger, par exemple. Elle aussi démontre que les humains (même peut-être les haut placés) ne sont pas uniquement des monstres d'égoïsme envers leurs semblables et leur planète. La Terre et certains de ses habitants ont encore de bonnes choses à offrir à qui veut bien les prendre.
J'imagine que mon agacement pour Kadija vient de ce que presque dès son apparition, on a l'impression qu'elle est parfaite, qu'elle va mener le monde hors du marasme, qu'il faut vénérer le sol sur lequel elle daigne poser ses pieds... C'est l'attitude de Solman qui suggère cela, et c'est ce qui m'a le plus exaspérée chez lui.

Ma déception a grandi à mesure que l'intrigue avançait. La direction que prenait les choses m'a déplu. Ce n'est ni bâclé, ni incohérent, mais c'est seulement que la tournure des événements n'a pas été à mon goût.

Le roman est assez long, mais rien ne traîne. Même lorsque l'intrigue me déplaisait, je ne m'ennuyais pas, car l'auteur ne fait pas de remplissage.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Christophe Lebert.

Jean-Christophe Lebert fait partie des comédiens dont le jeu me plaît beaucoup. Ici, il n'a pas démérité. Son interprétation subtile et dynamique est à l'image de celle des autres ouvrages que j'ai entendus enregistrés par lui. Il est parvenu à modifier sa voix pour certains personnages sans que cela soit affecté. Je pense surtout à Glenn (qui est un enfant) et à Wolf, mais il y en a d'autres.

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mercredi, 11 septembre 2013

Le gardien de phare, de Camilla Läckberg.

Le gardien de phare

Note: Ce livre fait partie d'une série. Voici l'ordre dans lequel il faut lire les tomes:
La princesse des glaces
Le prédicateur
Le tailleur de pierre
L'oiseau de mauvais augure
L'enfant allemand
La sirène
Le gardien de phare

Si vous n'avez pas lu «La sirène», ne lisez pas mon résumé.

L'ouvrage:
Erica et Patrik ont maintenant des jumeaux. Après trois mois d'arrêt maladie, Patrik va reprendre le travail. Il sait qu'il doit se ménager.
Un centre de thalassothérapie va ouvrir à Fjàllbacka. Viviane et son frère en font activement partie.
Annie arrive en catastrophe sur l'île de Grascar (non loin de Fjàllbacka) qui lui appartient. Elle y cherche la paix pour elle et Sam, son fils.

Critique:
J'ai été déçue par «La sirène», mais je voulais lire le tome 7 d'abord parce que le 6 laisse le lecteur sur sa faim, mais aussi parce que les personnages récurrents des romans de Camilla Läckberg sont très attachants. J'ai été ravie de les retrouver, de les voir vivre. À travers eux, la romancière exprime beaucoup de sentiments. Dans ce tome, il est particulièrement question (s'agissant de leur histoire personnelle), de leur manière de gérer une très grande douleur, douleur qui engendre des situations délicates.

Depuis deux tomes, je me plains que Camilla Läckberg s'essouffle. Ici, je pense qu'elle s'est renouvelée tout en gardant ce qui a fait son succès. Par exemple, elle fait s'entremêler personnages et intrigues. Elle fait également revenir un thème et l'exploite selon trois angles différents. Une partie du roman conte des événements passés. À ce sujet, la date étant lointaine (les événements du passé commencent en 1870), je me demandais comment raccrocher cela aux événements du présent. D'habitude, je trouve facilement, mais ici, non.
Nous retrouvons aussi le thème de l'enfance maltraitée exploitée, là aussi, sous différents angles.

Je n'ai pas non plus vraiment su comment rapprocher certaines intrigues ou bien trouver leur issue. Cela m'a fait plaisir, car j'ai souvent deviné les solutions chez Camilla Läckberg, d'autant que je repère sa façon de disperser des indices sans avoir l'air d'y toucher. Bien sûr, on devine certaines choses, mais pas tout. Du coup, même si elle utilise certaines grosses ficelles (notamment celle de faire mariner le lecteur), je lui en ai moins voulu que pour les deux précédents tomes. Il est quand même vrai que tout ce qu'on finit par découvrir a déjà été utilisé maintes fois et est donc facile à trouver.

J'ai été un peu agacée par l'espèce de mystère qui plane au-dessus de Johanna. Là, je trouve que l'auteur en a trop fait. Ce que Johanna ressent est tout à fait normal, mais n'aurait-il pas été plus simple d'en parler tout de suite? Ici, la romancière fait traîner les choses, et promène son lecteur pour rien.

D'autre part, il me semble qu'il y a davantage de personnages. De ce fait, on met un peu plus longtemps à avoir assez de pièces pour deviner certaines choses. C'est peut-être un peu déroutant, au début, mais c'est appréciable.

La plupart des personnages restent très bien analysés, très crédibles. En outre, il y a bien des «très méchants», mais il y a aussi certains personnages qu'on plaint et pour lesquels on éprouvera de la compassion.

Annie m'a beaucoup agacée. D'abord parce que je savais une partie de ce qu'il y avait à savoir la concernant, mais aussi parce que je trouvais qu'elle se lamentait beaucoup, et se cherchait beaucoup d'excuses pour avoir laissé les choses aller trop loin. Certains lui accorderont peut-être les circonstances atténuantes... pas moi.
À un moment, un personnage de Refuge explique que l'association est là pour aider, mais que parfois, eux-mêmes ne comprennent pas pourquoi une femme battue reste avec son mari. J'avoue ne pas vraiment comprendre non plus. La romancière illustre cela de plusieurs exemples, et il en est un que je comprends à peu près, mais je me dis que c'est dès le départ qu'il faut partir. Bien sûr, n'étant pas dans cette situation,il m'est facile de dire cela...

J'ai apprécié que l'auteur tente de donner davantage d'épaisseur à Melberg. Je ne sais pas trop quoi penser de lui. Le lecteur ne pourra s'empêcher de rire de lui, d'être exaspéré de sa fainéantise et de son assurance, mais aussi d'être attendri par l'amour inconditionnel qu'il voue à Léo et par la remise en question qu'il est bien obligé d'opérer à un moment...

J'ai aimé l'ambiance qui plane sur l'île de Grascar: les croyances attachée à l'endroit à cause de son histoire.

Remarques annexes:
Les personnages n'arrêtent pas de manger! Dans les autres tomes aussi, je pense, mais je l'ai vraiment remarqué dans celui-ci.
Camilla Läckberg aime bien les personnages loufoques qu'on voit peu. Ici, c'est l'homme aux chats qui a ce rôle. Il m'a bien fait rire.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Christophe Lebert. Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il sort en audio aujourd'hui, le 11 septembre.
Comme d'habitude, le comédien joue sans en faire trop. Il modifie parfois sa voix pour certains personnages. D'habitude, je n'aime pas ça, mais il le fait à bon escient. Il caractérise Melberg par une voix forte, assurée, fanfaronne, comme il l'a fait dans le tome 6. Je trouve qu'il a raison, car cela a renforcé l'impression que j'avais du personnage. J'ai également aimé la voix qu'il a choisi de donner à Conrad, voix qui, là encore, fait ressortir ce qui caractérise le personnage.

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jeudi, 6 juin 2013

Le livre des âmes, de Glenn Cooper.

Le livre des âmes

Ce livre est la suite directe de «Le livre des morts». Il est obligatoire de les lire dans l'ordre.

L'ouvrage:
Suite à l'affaire Apocalypse, Will Piper a eu droit à une retraite anticipée. Il est marié à Nancy qui fut son équipière dans cette dernière affaire. Ils ont un fils, Philip.
Will s'ennuie quelque peu. C'est alors que Henry Spence le contacte et lui replonge dans l'affaire Apocalypse qui est loin d'être finie.

Critique:
J'ai été déçue par ce roman. Ce qu'il s'y passe aurait pu tenir dans le tome 1. Il suffisait de rallonger quelque peu «Le livre des morts». Il était déjà très bien, le fait de changer la fin, et de la remplacer par une partie de «Le livre des âmes» l'aurait rendu meilleur. Pour ce tome 2, j'ai eu l'impression que Glenn Cooper a surfé sur la vague, et a bricolé une suite avec trois fois rien, en tentant de prolonger le mystère. En effet, on ne découvre pas grand-chose... Le début ressemble à une rediffusion des moments importants du tome 1. De longs passages du tome 1 sont d'ailleurs racontés à nouveau (même si certains sont résumés) ici. C'est sûrement pour ceux qui ne liraient pas le tome 1 ou l'auraient lu longtemps avant de lire le 2, mais pour moi, cela a contribué à allonger inutilement le roman.

L'auteur a, là encore, louvoyé entre deux époques. Ce qui était une bonne idée dans le tome 1 s'est révélé être trop long ici. En effet, dans le tome 1, le mystère s'épaississait lorsque l'époque changeait. Le lecteur mettait un bon moment à comprendre où l'auteur voulait en venir. Ici, on sait plus ou moins ce qui s'est passé. Les indices traqués par Will, et dont nous découvrons l'origine en 1334 puis en 1527, etc, ne font pas vraiment avancer les choses. D'ailleurs, j'ai trouvé tout le jeu de pistes très long. Il y a même eu des moments invraisemblables: en effet, il est assez étrange qu'au moins l'un des indices (le poème) n'ait jamais été trouvé par Isabelle, puisqu'elle compulsait souvent le livre.

J'ai également été agacée par de petites choses... Par exemple, j'ai trouvé très cliché que Will craque, et piétine toutes ses bonnes résolutions. C'était à prévoir, car on ne change pas ainsi en un claquement de doigts, mais j'aurais trouvé moins cliché, et plus digne du personnage, qu'il ne craque qu'en partie. Moi qui trouvais que «Le livre des morts» évitait clichés et longueurs, voilà que «Le livre des âmes» tombe en plein dedans!
En outre, j'aurais préféré que Will enquêtât avec Nancy.

Le livre s'arrange à partir du moment où Will en est au même point que le lecteur: lorsqu'il sait ce que signifie la date du 9 février 2027. À ce moment, on suit Will dans sa course effrénée, les événements s'enchaînent rapidement, on n'a plus le temps de s'ennuyer.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Isabelle Miller, Jean-Christophe Lebert, et Hervé Lavigne pour les éditions VDB.
Si le livre m'a beaucoup moins plu que le tome 1, j'ai été ravie de retrouver les trois comédiens dont le talent n'est plus à prouver.
Jean-Christophe Lebert a eu à interpréter (entre autres), le rôle difficile d'Henry Spence qui fait de l'emphysème. Le comédien est parvenu à rendre la parole hachée d'Henry sans trop en faire.
Quant à Isabelle Miller, elle devait (entre autres) interpréter Sue Sanchez que l'on voit à nouveau dans ce tome. Elle a réussi à rendre l'accent hispanique de Sue sans qu'il soit caricatural ou exagéré. Je pense que cela n'a pas dû être facile à faire: il est beaucoup plus aisé de surjouer en faisant des accents extrêmement prononcés. Ici, la comédienne a trouvé exactement ce qu'il fallait faire.

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