Lecteur : Lane Christopher

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jeudi, 3 janvier 2019

La tentation des ténèbres, d'Andrew Lyons.

La tentation des ténèbres

L'ouvrage:
Jake Conason est étudiant. Un soir, sa petite amie (Jordan) et lui rompent. Cela va le pousser à faire quelque chose de stupide...

Critique:
La construction de ce roman m'a rappelé celles de Boileau-Narcejac. Le narrateur agit de manière peu reluisante, mais pas forcément horrible, cela entraîne des conséquences, le personnage tente de s'en sortir d'une certaine façon, ce qui entraîne d'autres conséquences, etc. Andrew Lyons maîtrise son intrigue de ce point de vue. Tout s'enchaîne très bien, avec logique. Comme je pinaille, j'ai trouvé quelques incohérences. Par exemple, lorsqu'on est au téléphone avec quelqu'un, si une autre personne éloigne l'appareil pour chuchoter quelque chose, on se rend bien compte qu'il y a des bruits, et on devine la nature de ceux-ci. Autre exemple, il est un peu gros qu'un personnage soit trop affaibli pour exprimer sa protestation, mais que trente secondes plus tard, il parvienne à articuler les quelques mots qu'un autre lui demande de dire.

En général, dans un roman, on est du côté du personnage principal. Ici, c'est plus compliqué. Le narrateur est assez effrayant, d'abord parce qu'on voit avec quelle facilité il cesse d'être monsieur tout le monde. Souvent, il paraît froid, même s'il dit être angoissé. Parfois, certains ressentiront peut-être un peu de compassion à son égard. Cela a été mon cas, mais je repensais immanquablement à ses méfaits, et mon indulgence s'envolait.
Je ne sais pas trop quoi penser de la fin. Bien sûr, on attend que quelque chose arrive, il faut un dénouement, et celui-ci doit être à la hauteur du reste. L'auteur a dû penser que la fin à laquelle je m'attendais était trop convenue. Certes, mais je pense que je l'aurais préférée à celle qu'il a choisie. Pourtant, elle est vraiment en accord avec le roman et est préparée au long de celui-ci. Donc, elle n'est pas mauvaise, mais elle ne me convient pas parce que j'aurais préféré quelque chose de plus définitif, qu'un personnage souffre bien davantage.

Un livre bien pensé, sans temps morts, dont mes petits reproches ne doivent pas vous écarter.

Éditeur français: Albin Michel
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christopher Lane pour les éditions Blackstone audio.

J'ai eu peu d'occasions d'entendre ce comédien. Son jeu naturel m'a beaucoup plu. Je lirai d'autres livres enregistrés par lui avec plaisir!

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jeudi, 20 octobre 2011

Les voisins d'à côté, de Linwood Barclay.

Les voisins d'à côté

L'ouvrage:
Les Langley doivent partir une semaine en vacances. Derek Cutter, leur jeune voisin, pense pouvoir en profiter pour investir leur maison. Il veut surtout un endroit où être au calme, où discuter avec sa petite amie, Penny, etc. Malheureusement, les choses ne prendront pas cette tournure.

Critique:
Voilà un bon roman policier. Encore une fois, Linwood Barclay montre des personnages qui se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment, qui ont tenté de faire au mieux, qui n'ont pas toujours fait les bons choix... L'intrigue est bien bâtie. L'auteur a réussi à me perdre: je n'arrivais pas à sortir de mon raisonnement, et je suis ravie de n'avoir rien deviné. Sans trop en faire, Linwood Barclay nous donne plusieurs pistes, et il fait cela plus subtilement que ceux qui jettent d'improbables coupables en pâture au lecteur afin de faire du remplissage.
J'ai cependant un petit reproche à faire. Linwood Barclay joue souvent là-dessus, apparemment. Ici, comme dans «Crains le pire», les personnages se trouvent dans des situations critiques où la peur et l'urgence dominent. De ce fait, ils n'agissent pas toujours comme il faudrait. Si on peut, à la limite, le comprendre pour Derek, mais pour Ellen... De plus, je trouve que l'auteur joue un peu trop de cette ficelle.
Autre chose m'a un peu agacée: les lenteurs. J'ai trouvé qu'il y en avait davantage que dans «Crains le pire». Il y en avait peut-être autant que dans «Cette nuit-là», mais elles étaient plutôt au début, donc, un peu moins faciles à accepter.

La plupart des personnages parleront au lecteur. Je les ai trouvés très réalistes, et ils ont eu ma compassion. L'auteur réussit à faire en sorte que le lecteur plaigne un personnage qui a du sang sur les mains, alors qu'il en blâmera un autre qui est surtout détestable moralement.

Jim Cutter m'a fait penser aux narrateurs rencontrés dans les autres romans de Linwood Barclay. Il est naturellement sympathique, se battra pour que justice soit rendue, pour son fils...
Je n'ai pas réussi à éprouver de sympathie pour Ellen, sauf à la toute fin. Je sais qu'elle a agi du mieux qu'elle a pu, mais je l'ai trouvée très légère.
Quant à Conrad, certains lui trouveraient peut-être des excuses, parleraient de longue frustration, par exemple, mais cela ne prend pas avec moi.

Remarque annexe:
Le titre du roman de Brett Stockwell est «Nicholas dickless». Je me demande comment cela a été traduit en français. Le traducteur a-t-il tenté de garder le jeu des sonorités? Après avoir trituré mon cerveau à la recherche d'une traduction qui conserverait la ressemblance du son, j'ai trouvé: «Félix sans pénis», ou «Alex sans sexe».

Éditeur français: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christopher Lane pour les éditions Brilliance audio.
Christopher Lane a très bien interprété ce roman. Il a su jouer sans cabotiner. En outre, sa voix est très agréable.

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