Lecteur : Lamache Camille

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jeudi, 8 novembre 2018

Une femme entre nous, de Greer Hendricks et Sarah Pekkanen.

Une femme entre nous

L'ouvrage:
Richard Thompson, riche homme d'affaires, vient de quitter Vanessa en lui laissant très peu de biens. Celle-ci habite maintenant chez sa tante Charlotte, et travaille dans un magasin de vêtements. Richard doit se remarier. Vanessa veut absolument empêcher cela.

Critique:
J'ai souhaité lire ce roman parce que c'est un thriller psychologique, et parce qu'il est enregistré par Camille Lamache. Je me suis un peu méfiée en découvrant que Sarah Pekkanen était l'une des autrices, parce que j'ai commencé un livre d'elle que je n'ai pas pu terminer, le trouvant mièvre. Le résumé m'a interpellée. En gros, il dit au lecteur de ne pas ramener l'intrigue à quelque chose de vu et revu, et promet de bons rebondissements. Au début de ma lecture, je voyais surtout la banalité niée par le résumé. Un personnage me déplaisait, un autre m'agaçait, un autre attirait ma compassion, mais il me semblait savoir où allaient Greer Hendricks et Sarah Pekkanen. Cela ne m'a pas déplu. Le livre m'intéressait, malgré le fait que selon moi, il ne respectait pas les promesses clamées par le résumé. Et puis, les choses se sont corsées. Il y a, en effet, quelques rebondissements bien trouvés et bien amenés. Je n'en avais pressenti qu'un, très peu de temps avant que Vanessa n'y pense. L'un d'eux m'a beaucoup surprise, je ne m'y attendais absolument pas: cela m'a semblé très finement joué par les romancières. Bien sûr, le livre ne croule pas sous les rebondissements (cela gâcherait le tout), mais n'allez pas croire que les passages qui en sont exempts traînent. Ce n'est pas le cas. J'ai aimé que les écrivains prennent le temps d'explorer et d'exposer la psychologie des personnages, de revenir sur certaines choses, etc.

Les autrices ont pris un thème que nous connaissons bien, et l'ont étoffé, créant une intrigue qui pourrait sembler peu probable, mais qu'elles parviennent parfaitement à rendre vraisemblable. Elles prennent le soin de donner des explications, de bien pointer du doigt (sans que cela semble appuyé) ce que le lecteur ne doit pas oublier afin qu'il y repense à la lumière d'autres éléments. Pour moi, elles se sont très bien débrouillées. Je n'ai pas trouvé d'incohérences, et je pense que dans un récit de ce genre, il est difficile de ne pas en faire.

Je ne peux pas trop dire ce que je pense des personnages en les nommant, parce que mon avis orienterait ceux qui me lisent et n'ont pas encore lu ce roman dans certaines directions, et il ne le faut pas. En fait, j'aimerais dire beaucoup de choses, mais elles donneraient trop d'indications. Sachez donc que ce livre m'a beaucoup plu, et que je le recommande.

Service presse de la plateforme d'écoute Audible.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Camille Lamache pour les éditions Lizzie.

Comme je m'y attendais, Camille Lamache n'a pas démérité. Lorsque les chapitres sont racontés par Vanessa, il me semble qu'elle prend une voix légèrement plus rauque, davantage en accord (notamment grâce à la fêlure et à la pointe de désabusement qui transparaissent) avec ce que nous découvrons de Vanessa que celle qu'elle prend pour les chapitres à la troisième personne du singulier, qui montrent quelqu'un à un stade très différent.
D'autre part, la comédienne a toujours le ton approprié, qu'il s'agisse de pleurer, de menacer, d'être en colère... Elle n'exagère pas les graves pour les rôles masculins.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: plusieurs chapitres sont coupés en deux pistes.

Comme je l'ai dit à plusieurs reprises, je suis allergique à la musique dans les livres audio. Les éditions Lizzie en mettent parfois en début de chapitres. Ici, heureusement pour moi, il n'y en a pas. Par ailleurs, j'ai constaté que tous les livres de cet éditeur (du moins, c'est le cas pour ceux que j'ai lus, donc j'imagine que c'est ainsi pour tous) étaient présentés avec la même musique. Cela ne me déplaît pas. Je trouve que c'est une bonne idée. À terme, les lecteurs reconnaîtront l'éditeur avant d'entendre «Lizzie présente» grâce à cette musique récurrente. D'autre part, ce petit morceau ne me déplaît pas. Je reste allergique aux musiques en début de chapitres, bien sûr. ;-)

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samedi, 18 août 2018

Yggdrasil, tome 3: L'espoir, de Myriam Caillonneau.

Yggdrasil, tome 3: L'espoir

L'ouvrage:
Nayla est en mauvaise posture. Ses amis veulent tenter de la sauver.

Critique:
Tout comme dans les tomes précédents, Myriam Caillonneau précipite ses personnages dans un tourbillon de périlleuses aventures sans temps morts. La série est donc assez longue (environ soixante-cinq heures), assez dense, mais il n'y a pas une minute de ce que j'appelle le remplissage. On ne s'ennuie jamais.
Au début, certains événements que je souhaitais voir vite arriver sont retardés. Ensuite, ce que je voulais commence, mais autre chose vient encore en repousser le déroulement. À ces moments, j'ai eu peur de m'ennuyer à cause de ces éléments retardateurs. Cela n'a pas été le cas, car cela permet à l'auteur de montrer certains personnages dans des situations données, etc.

Au long de la série, nous découvrons ce qu'est Yggdrasil. J'aime la manière dont la romancière l'explique. Se basant sur certains éléments ancrés dans notre patrimoine culturel (les fils du destin, par exemple), elle donne une explication très rationnelle et réaliste de ce qu'est Yggdrasil. Parfois, lorsque je m'interroge sur quelque chose de ce genre, j'imagine une espèce de mémoire collective où le passé est écrit et où le présent inscrit le futur... Voilà pourquoi la représentation de Myriam Caillonneau ma parlé. Dans la série, c'est aussi une sorte de drogue pour certains, dont Nayla. J'ai très vite compris cela. Qui, à sa place, ne serait pas envoûté? Je pense qu'à partir de maintenant, parfois, au long de ma vie, inopinément, la pensée de ce qu'est Yggdrasil me viendra, et je me demanderai ce qu'il me prédirait à propos de l'issue de telle ou telle chose. Je sais aussi que je garderai en tête la propension de Dem à modéliser ses attaques, ses idées de plans, et à faire des probabilités. Peut-être que parfois, en souriant, je me dirai: «Dem me dirait sûrement que là, j'ai 10% de chances de réussir, et il me dirait de tenter quand même.» Je garderai aussi en tête une phrase du code des gardes noirs: «S'inquiéter ne sert à rien.»

Je me demandais comment Myriam Caillonneau avait inventé ce nom d'Yggdrasil. C'est Camille Lamache qui m'a donné la réponse après une recherche sur Wikipédia. «Il s'agit de «l'arbre du Monde» dans la mythologie nordique qui signifie étymologiquement «destrier du Redoutable» (le Redoutable étant associé au Dieu Odin).»

Les personnages qui m'étaient sympathiques le sont restés. Il en est un pour qui je ne savais pas trop quoi éprouver dans les premiers tomes, même si le tout me poussait à bien l'aimer. C'est Janie Qorkvin. Voyons ce que vous en penserez...

Alors que j'avançais vers la fin du tome 3, je me suis surprise à penser la même chose qu'à la lecture de «Winter», le dernier tome des Chroniques lunaires. À savoir: «Ah! J'aimerais bien qu'elle fasse ceci comme ci et cela comme ça... mais elle va faire au moins une chose qui ne m'ira pas. Alors, je préférerais que ce soit ceci plutôt que cela.» Si Marissa Meyer a fait ce que j'espérais, sans même faire une seule chose qui m'a déplu (j'ai même pensé que certains le lui reprocheraient sûrement), Myriam Caillonneau a créé des éléments qui m'ont énormément déçue, surtout deux. Je sais bien qu'au moins l'un d'eux était prévisible, mais je sais aussi qu'il aurait pu ne pas arriver. De plus, après cela, certaines choses font qu'un personnage ne peut pas éprouver le minuscule réconfort de «voir cet élément», si on peut dire ainsi... De plus, je n'aime pas la toute fin. Je ne sais pas trop comment l'auteur aurait pu tourner tout cela pour à la fois rester vraisemblable et me satisfaire, mais j'ai quelques idées... Certaines choses semblent attendre une suite, mais étant donné les éléments qui m'ont déplu, et sur lesquels il est impossible à la romancière de revenir (sauf si j'ai bien interprété une petite phrase), s'il y en a une, je ne la lirai sûrement pas.

Dans ma chronique du tome 1 d'«Yggdrasil», j'ai parlé de «La passe-miroir», de Christelle Dabos. Un point commun entre ces deux séries (outre l'absence d'ennui pour le lecteur) est qu'il vaut mieux lire tous les tomes en suivant. C'est raté pour moi en ce qui concerne la série «La passe-miroir» (je bave en attendant la sortie du tome 4), mais je suis contente d'avoir pu lire celle de Myriam Caillonneau en enchaînant les trois tomes. Je remercie l'éditeur audio qui a sorti un tome par mois depuis mai. À noter qu'Audible Studios fait également ainsi avec les séries de Robin Hobb: à partir du moment où le tome 1 d'un cycle sort, il y a un tome par mois. Cela me plaît beaucoup, car je peux décider d'attendre quelques mois et d'enchaîner les tomes d'une série, ce qui a d'ailleurs été le cas pour celle-ci. L'éditeur audio fait sûrement ainsi avec d'autres séries, mais je n'affirmerai rien, ne surveillant de près que celles de Robin Hobb.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Camille Lamache.

Camille Lamache est restée égale à elle-même. Elle parvient toujours à jouer les sentiments et les émotions (désespoir, colère, suffisance...) à merveille, et sans trop en faire. C'est pareil pour les voix différentes qu'elle prend selon les rôles. J'ai quand même été un peu surprise qu'elle accentue davantage un genre de côté mâle pour celle de Dem depuis (si je me souviens bien) le milieu du tome 2. J'aurais préféré qu'il garde sa voix du tome 1. Après discussion avec la comédienne, je sais pourquoi elle a fait ainsi. Je ne peux pas l'expliquer en détails ici, car je dévoilerais des éléments importants, mais elle a suivi une phase par laquelle Dem passe, puis a essayé de l'imaginer après, et a pensé qu'entre ce qu'il restait de cette phase et le caractère du personnage, elle ferait mieux de l'interpréter ainsi. Malgré mes préférences, je trouve son explication logique. Cela montre bien que c'est une bonne comédienne: elle ressent ce qu'elle joue, et réfléchit à la manière de le rendre au mieux.
Je tiens d'ailleurs à la remercier pour son enthousiasme, sa très grande gentillesse, et son immense patience. Elle m'a donné l'orthographe des noms propres qui me manquait, a échangé avec moi quant à la série (les thèmes abordés, les personnages...), et m'a expliqué certains de ses choix artistiques, comme par exemple, la voix de Dem.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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samedi, 11 août 2018

Yggdrasil, tome 2: La rébellion, de Myriam Caillonneau.

Yggdrasil, tome 2: La rébellion

L'ouvrage:
Nayla vient de découvrir ce que Dem lui cachait. Elle cède à la haine et à la colère. Dem ne se défend pas, et la laisse même accéder à son esprit.

Critique:
J'avais un peu peur de cette suite tout en souhaitant la lire. J'ai eu raison de continuer: ce que je redoutais n'a pas eu lieu. Bien sûr, il y a des combats, mais le roman n'en est pas rempli, et ils s'insèrent naturellement dans l'intrigue.

Dans le premier cinquième du roman, on assiste (avec Nayla qui voit cela tel un film) à l'enfance de Dem. Au début, j'ai pensé que cela n'apporterait rien, qu'il était même possible que je m'ennuie puisqu'avec ce qu'on sait déjà de Dem, on n'a pas besoin de savoir comment il a été conditionné. J'ai rapidement cessé de craindre l'ennui, et ai apprécié l'histoire et la manière dont elle était racontée. Si certains événements de l'enfance de Dem sont prévisibles au vu de ce qu'on sait de lui, Myriam Caillonneau a créé quelques surprises.

La trame de la personne se découvrant vouée à accomplir quelque chose m'effrayait un peu aussi. Or, l'auteur fait évoluer son personnage dans le bon sens, en tout cas, c'est ce que j'ai ressenti. Parfois, Nayla m'agaçait encore, mais je comprenais ses sentiments et son désarroi. J'avais également peur que sa relation avec Dem finisse par m'exaspérer. Cependant, elle évolue. Au début du tome 2, elle change, mais ne reste pas figée.

Depuis le début, cette série est plutôt sombre, mais l'auteur glisse parfois des pointes d'humour. Ici, j'ai particulièrement apprécié les passages où Nayla tente de dérider Lan Tarni, et surtout celui où elle lui offre un chocolat.

Les personnages que j'appréciais sont restés sympathiques: Leene, Mylera, Soildj Valo... Certains dont je me méfiais un peu, mais que j'aimais bien, ont montré qu'ils étaient sympathiques: Lan Tarni, par exemple. Entre son efficacité, et ce qu'il explique la dernière fois qu'on le voit, le lecteur s'attachera forcément à lui.

Là encore, il n'y a aucun temps mort. Nos héros sont précipités dans des aventures de toutes sortes, les événements s'enchaînent très bien, l'écriture est fluide, les presque vingt-trois heures d'écoute passent très vite!
Comme le premier tome, le tome 2 se termine par un événement qui donne envie de savoir très vite la suite!

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La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Camille Lamache.

Comme dans le tome précédent, l'interprétation de Camille Lamache m'a beaucoup plu. Elle a modifié sa voix a bon escient pour certains personnages, tout en adoptant toujours l'intonation appropriée selon l'émotion exprimée. À certains moments, Nayla pleure: la comédienne n'a ni surjoué ni été trop sobre. Cela a été le cas à chaque fois qu'elle a dû exprimer de fortes émotions.
Elle m'a expliqué que Myriam Caillonneau s'était beaucoup impliquée pour que la version audio de ses livres ait un bon rendu, et avait, entre autres, expliqué en détails comment tel nom propre devait être prononcé. À un moment, les personnages atterrissent sur une planète où ils rencontrent des xtirni. Ces créatures parlent une langue que l'auteur a sûrement inventée. La lectrice a lu ces petits passages de manière très naturelle. Cela n'a pas dû être facile, parce qu'elle devait prononcer des sons dont l'enchaînement ne fait pas sens, et devait le faire avec des à-coups. Sachant que la romancière avait très volontiers collaboré, et avait beaucoup apprécié le travail de Camille Lamache, j'imagine que, comme moi, elle a aimé la façon dont la lectrice a lu la langue des xtirni.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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samedi, 4 août 2018

Yggdrasil, tome 1: La prophétie, de Myriam Caillonneau.

Yggdrasil, tome 1: La prophétie

L'ouvrage:
La galaxie est dirigée par Dieu. Ceux qui ne croient pas en lui ou ne le montrent pas assez sont considérés hérétiques. Nayla Kaertan a vu une planète considérée rebelle être anéantie. Elle qui n'était déjà pas adepte d'une foi aveugle est devenue résistante. Or, voilà qu'elle entame quatre ans de circonscription dans un vaisseau de transport dans l'armée de Dieu. Affectée au pôle Sciences, elle commence par constater que son supérieur direct, le lieutenant Marden, est assez désagréable, ce qui la conforte dans l'idée que ces quatre ans vont être insupportables...

Critique:
Cette chronique n'est pas très facile à écrire. En effet, j'ai le sentiment d'être pleine de contradictions concernant ce roman. Par exemple, il m'a plu, et j'ai hâte de lire la suite. Cependant, j'ai peur que les personnages passent leur temps à se battre et à jouer au chat et à la souris... Autre exemple: je n'aime pas du tout les livres où le héros (ou l'héroïne) se rend compte qu'il est une sorte d'élu qui doit accomplir ceci ou cela, et pourtant, j'ai suivi les aventures de Nayla avec grand intérêt.

Autre chose m'a gênée... certains passages (notamment lorsqu'il est question de la déchirure) m'ont rappelé «La passe-miroir», de Christelle Dabos, comme si Myriam Caillonneau s'en était un peu inspirée. Cela m'a dérangée parce que j'aurais aimé que la référence soit clairement expliquée par l'auteur, surtout que c'est la seule chose qui m'a rappelé cette série: les trames des deux romans n'ont aucun rapport. Ceci dit, cela a peut-être été inconscient de sa part, ou bien j'ai vu une référence où il n'y en avait pas. Si c'est ainsi, je présente mes excuses à l'auteur pour cette remarque.

L'intrigue est bien menée. Nos héros connaissent de périlleuses aventures, évitent un piège pour en affronter un autre, font face à des cas de conscience... Je ne sais pas trop quoi penser de Dem. Je l'apprécie, mais ce que «voit» Nayla au chapitre 27 ne lui est pas favorable. Je pense quand même que Dem est sympathique.
Étrangement, Nayla m'a agacée. C'est la «gentille», donc j'aurais dû l'apprécier tout au long du roman. Pourtant, j'ai souvent trouvé qu'elle en faisait trop. Je lui préfère Mylera ou Leene Plaumec. Malgré cela, je l'apprécie. Je suppose que l'apprécier et être agacée par elle fait partie de mes nombreuses contradictions concernant ce roman.

L'écriture est fluide, le récit est rythmé.
Étant pinailleuse, je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer quelques maladresses syntaxiques. Par exemple, à un moment, Dem réconforte Nayla, et l'auteur dit «(...) lui dit-il avec une main sur son bras.» J'aurais écrit: «lui dit-il en posant une main sur son bras.»
Une autre fois, elle dit «elle se rappelait des fous rires» au lieu de «les fous rires» ou «elle se souvenait des fous rires». Une autre fois, elle dit «elle se rappelle Olima», et là, c'est une bonne tournure, parce qu'elle ne dit pas «d'Olima».

Je tiens à remercier Myriam Caillonneau pour sa dédicace, qui montre l'importance des chats pour certains d'entre nous. J'ai aussi compris pourquoi un peu de tristesse se dégage de cette dédicace, le chat n'étant plus là...

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Camille Lamache.

J'espère que je ne me trompe pas, mais je crois avoir lu, sur Twitter, que Myriam Caillonneau était très contente du travail de Camille Lamache sur «Yggdrasil». J'espère ne pas affirmer cela à tort. En tout cas, moi, j'ai aimé l'interprétation soignée de la comédienne. Elle parvient très bien à jouer tous les rôles sans aucune affectation, que ce soit dans les changements de voix ou dans les émotions exprimées. Cela n'a pas dû être simple. Entre les différents personnages et leurs forts sentiments, il devait être facile de surjouer, et de rendre certains passages mièvres. L'éditeur a su choisir la comédienne qui rend très bien le tout, se fondant parfaitement dans le texte et dans l'ambiance.
Je n'aurais pas prononcé Nayla comme l'a fait Camille Lamache (elle le prononce comme si cela s'écrivait Naïla), mais je préfère sa façon de prononcer à la mienne (je disais Neïla ou Nêla). En outre, je pense que cela a dû être concerté avec l'auteur.

Pour information, la structure du livre a été respectée.

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jeudi, 7 septembre 2017

À sa place, d'Ann Morgan.

À sa place

L'ouvrage:
Helen et Ellie sont jumelles. Ellie est un peu lente, fait des bêtises... Un jour, Helen, la meneuse, a l'idée d'un jeu. Pour le reste de la journée, elles vont se faire passer l'une pour l'autre. Chacune se coiffe comme l'autre, s'habille comme l'autre, Helen fait répéter Ellie... Cela fonctionne. Mais lorsqu'Helen en a assez du jeu, Ellie refuse de lui rendre sa place. Le calvaire d'Helen ne fait que commencer...

Critique
Ce livre m'a tout de suite attirée, mais m'a également effrayée. Je me suis demandé comment Ann Morgan allait s'en sortir. Comment Ellie pourrait-elle réellement prendre la place de sa soeur, étant donné qu'elles étaient très différentes? Par exemple, scolairement, comment Ellie pouvait-elle progresser au point d'être au niveau d'Helen? Tout cela est expliqué. Je ne sais pas si l'explication me convainc tout à fait, mais elle est vraisemblable grâce à des circonstances, d'autres faits que l'auteur a su amener. Ce que j'ignore, c'est à quel point elle s'est documentée et à quel point elle a spéculé quant à ce que peut faire notre cerveau lorsqu'on est face à un traumatisme, puis à ce qu'on considère comme une échappatoire.

On peut aussi se demander comment Margaret, la mère des jumelles, ne s'est pas aperçue de l'échange. Pourquoi n'a-t-elle pas cru Helen lorsque celle-ci clamait être elle-même? Ça aussi, c'est expliqué. Et malheureusement (mais heureusement pour la crédibilité de l'intrigue), c'est extrêmement convaincant... C'est préparé, très bien amené... si l'auteur n'avait pas fini par le dire, j'aurais râlé, car c'était une évidence.

Certaines choses sont un peu moins bien expliquées. Par exemple, pourquoi Helen ne parvient-elle pas à se faire entendre? Certes, elle est trop impliquée et laisse ses émotions prendre le dessus. Cela peut se comprendre. Cependant, son but étant de prouver qu'elle est elle-même, pourquoi ne parvient-elle pas (scolairement, par exemple) à être comme avant? Tout comme pour Ellie, des éléments de réponse sont donnés, mais leur crédibilité est discutable.

Certains trouveront peut-être étrange (voire artificiel) que les jumelles se soient à ce point accrochées à un prénom. Pourquoi Helen ne pouvait-elle pas transformer la Ellie qu'elle était censée être en Helen? Pourquoi le prénom la bloquait-il à ce point? Pourquoi transcendait-il Ellie lorsqu'elle a pu être Helen? Cela s'explique par le fait que les jumelles étaient très jeunes, attachées à leurs repères et au sens de ces repères, mais aussi par le fait que leur éducation avait été très chaotique. Tout en acceptant cette explication, je me dis quand même qu'Helen aurait peut-être pu surmonter le prénom.

Un autre épisode est mal expliqué. Celui où Helen veut montrer qui elle est devant Mary. Ellie retourne la chose à son avantage, mais comment se fait-il que Mary soit dupe? Pourquoi ne va-t-elle pas chercher Helen au bout de quelques minutes? Surtout si elle pense que c'est Ellie, celle-ci ayant la réputation d'être fragile.

Ann Morgan s'est attachée à la psychologie des personnages, montrant les multiples conséquences d'événements, de malentendus engendrés par des non-dits, dont on ne peut pas se relever, surtout si on n'est pas aidé. J'ai trouvé cela très bien exposé. Helen est la narratrice, de ce fait, on profite moins du point de vue d'Ellie. L'auteur en montre un aperçu lors de la scène où celle-ci, adolescente, va provoquer Helen qui écoute de la musique dans la voiture, mais aussi grâce à la lettre écrite par la femme qu'elle est devenue. (Au sujet de cette lettre, l'auteur exagère un peu. Souhaitant faire durer le suspense, elle retarde beaucoup l'ouverture de l'enveloppe et la lecture de son contenu. Je ne lui en veux pas trop parce qu'elle comble cela par des éléments intéressants, mais je n'ai pas aimé la ficelle. (Dans les rares moments où on entrevoit Ellie, on comprend confusément (à l'instar d'Helen) qu'elle aussi souffre. Par la suite, sachant tout ce qu'il y a à savoir, je me suis demandé comment elle avait pu se contrôler à ce point. Il aurait peut-être fallu qu'on la voie davantage, que l'auteur la montre dégringolant, car il n'est pas très logique qu'elle ait pu à ce point donner le change sur une si longue période. On a de petits aperçus de sa faiblesse lorsqu'Eloïse dit certaines choses à Helen, mais il en aurait fallu davantage.

Les chapitres alternent le passé et le présent. En général, je n'aime pas cela, car l'une des deux époques est souvent moins intéressante que l'autre, et puis je n'aime pas les récits non linéaires. Dans la vie, il n'y a pas d'alternance passé présent. Ici, cela m'a moins dérangée que chez certains autres. J'ai été gênée au moment où Helen raconte un épisode heureux de son passé, car son présent nous a déjà montré qu'il s'est mal terminé, même si on ignore comment cela se fait. De plus, il y a une correspondance qu'une structure linéaire aurait établie de manière plus marquée (telle qu'elle est ici, il faut que le lecteur soit plus attentif). Je parle de ce que la grand-mère dit (à demi-mot) à Helen. Quelques chapitres plus loin, on en entend à nouveau parler, et on assemble certaines pièces... L'auteur ne confirme jamais explicitement cette déduction, mais elle souhaite que le lecteur la fasse. Cela n'excuse en rien la victime présumée, mais cela donne un élément de plus au lecteur afin qu'il se forge une idée de ce personnage.

J'ai lu quelques avis avant de commencer le roman. Certains se plaignent de la fin. Une personne en a même été extrêmement déçue, et pour elle, cela gâche le livre. Apparemment, ces personnes attendaient un revirement de situation, un rebondissement, une chute qui remette tout en question. Je tiens à remercier l'auteur de ne pas avoir tenté cela. J'ai été tellement déçue par des fins qui se voulaient ainsi, et qui, à mes yeux, ne parvenaient qu'à gâcher le tout (Exemples: «Hortense», de Jacques Expert dont la fin révèle des incohérences; «Ma vie pour la tienne», de Jodi Picoult; et tant d'autres!) qu'à l'inverse des personnes qui attendaient cela, je l'aurais détesté. C'est un roman psychologique. C'est tout au long de la narration qu'on découvre, peu à peu, des indices, des éléments d'analyse. Le dernier rebondissement (si on peut appeler cela ainsi) est ce que j'aurais reproché à la romancière de n'avoir pas fait. D'autre part, on peut voir les tout derniers mots comme une sorte d'évolution, d'acceptation, de compréhension: c'est moi qui me construis, ce n'est pas mon prénom et ce qu'il implique pour les autres. Pour moi, ce livre n'était pas fait pour une fin spectaculaire. Celle inventée par Ann Morgan est préparée. Rien dans le roman ne laisse supposer une chute. Donc, si vous recherchez cela, passez votre chemin.

Malgré certains aspects discutables, ce livre est un coup de coeur!

L'auteur étant anglaise, l'éditeur audio a demandé à la comédienne qui a enregistré le roman de préciser le titre et l'éditeur papier originaux. Je trouve que c'est une très bonne chose. J'espère que désormais, cela sera fait pour tous les romans étrangers publiés par Audible.

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La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Camille Lamache.

J'ai beaucoup apprécié le jeu de la comédienne. Elle modifie à peine sa voix pour les hommes, ce qui fait que cela reste naturel. Elle sait prendre une voix de fillette. Elle joue très bien «les voix» (vous verrez desquelles il s'agit), changeant très rapidement (et sans difficultés apparentes) d'intonation. Elle joue à merveille la colère, la peur, etc. Elle fait certaines liaisons pas forcément nécessaires (comme pour «papier aluminium»), mais étant une fan des liaisons, et déplorant que beaucoup les délaissent, ce n'est pas moi qui irai le lui reprocher.
J'ai regretté qu'elle prononce des noms propres comme Mary en faisant le «r» à l'anglophone, ce qui, pour moi, n'est pas naturel dans un texte en français.
Je ne comprenais pas pourquoi, parfois, elle prononçait Ellie avec un «h» au début. Non seulement ce «h» n'est pas commun dans la prononciation française, donc je le trouve incongru dans un texte en français, mais ici, le prénom ne commence pas par un «h»... Elle m'a expliqué qu'après l'échange, le prénom Ellie était écrit différemment, héritant du «h» d'Helen, et que l'éditeur audio avait voulu le retranscrire de façon sonore. Si je comprends ce qu'a voulu faire l'auteur (Ellie ne voulait plus être elle-même, mais ne parvenait pas vraiment à être sa soeur), je n'en vois pas l'utilité. Le souhait de l'éditeur audio est logique, et peut-être suis-je la seule que cette prononciation gêne. J'avoue que j'aurais préféré une note de l'éditeur audio expliquant les différences orthographiques. (Je suppose qu'après l'échange, Helen s'écrit Ellen.) Il est vrai qu'en anglais, la prononciation de ces prénoms est naturellement différente.

Je croyais découvrir Camille Lamache avec ce livre audio. Or, pendant tout le roman, j'ai trituré mon cerveau en me demandant où je l'avais déjà entendue. Elle n'a pas de fiche sur DSD, et sa voxographie n'est pas sur son site. Il y a bien des extraits dans la rubrique «démos», mais cela ne me rappelle rien. Son CV en ligne remonte (pour les séries) à 2015 ou 2016, et je pense l'avoir entendue il y a bien plus longtemps, sûrement dans une série. Normalement, je pourrai bientôt cesser de torturer mon cerveau et mes éventuels lecteurs, car la comédienne va mettre sa voxographie sur son site.

Pour information, la structure du livre n'a pas pu être respectée. Il y a six pistes d'environ dix chapitres chacune.

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