La lumière de la nuit

L'ouvrage:
Le cadavre d'un prêteur sur gages est découvert dans un immeuble désaffecté. La police enquête. L'affaire semble se résoudre, mais un policier doute.

Critique:
On pourrait prendre ce livre pour un banal roman policier. C'est compter sans la patte de Keigo Higashino. D'abord, il construit son histoire sur une longue durée. Ensuite, il entremêle faits et personnages. Enfin, il installe une ambiance particulière, nimbant certains personnages d'ombre et de mystère. D'autre part, il ne se cantonne pas à ce meurtre du prêteur sur gages, même si on y est fatalement ramené. Il nous fait entrer dans la vie et l'intimité de ses personnages, dépeint leurs caractères par petites touches, les montre confrontés à des faits dont certains semblent anodins.

L'un des personnages interpellera le lecteur, tout comme il interpelle certains personnages. Ce qu'on ressent pour lui nous rappellera sûrement cette sensation que nous éprouvons à côtoyer certaines personnes: elles nous inspirent un malaise, de la méfiance, mais on ne peut pas toujours dire pourquoi. Keigo Higashino exprime cela très bien. Bien sûr, l'auteur finit par donner des raisons tangibles d'apprécier ou pas ce personnage, mais son ambivalence est très bien rendue sur une grande partie du roman.

Certaines choses sont expliquées, d'autres sont facilement déduites.
Si l'intrigue est très bien construite, si les informations sont savamment distillées, le lecteur pourra se perdre un peu. Chaque partie présente des personnages différents. Certains reviennent, mais cette construction est un peu déroutante. En outre, il est parfois difficile de se retrouver dans les noms japonais. Il faut être très vigilant, et retenir qui est qui, qui a fait quoi, afin de bien comprendre qui revient à tel moment, et comment la suite de son histoire s'imbrique dans l'intrigue.

Éditeur: Actes Sud.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marc Lévy pour l'association Valentin Haüy.
Je ne peux m'empêcher de plaindre un peu ce lecteur qui a un homonyme assez connu. Mis à part cela, j'ai apprécié sa lecture. Il n'a pas tenté de trop en faire, ni de prononcer les noms japonais de manière alambiquée.

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