Lecteur : Kovacs Muranyi

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jeudi, 11 août 2011

Une mère sous influence, de Patricia Macdonald.

Une mère sous influence

L'ouvrage:
Morgane Adder se rend au baptême de Drew, le fils de sa meilleure amie, Claire. Elle trouve celle-ci profondément déprimée. En effet, depuis que Drew est né, Claire ne parvient pas à l'apaiser.
Pendant le baptême, un scandale éclate: la fille de Guy, Eden, débarque. Claire ignorait son existence.
Quelques jours plus tard, Morgane reçoit un appel désespéré de son amie: Guy et Drew sont morts... c'est elle qui les a tués.

Critique:
J'avais juré de ne pas lire d'autres Patricia Macdonald, après mes deux déceptions. Mais le résumé de ce livre m'intéressait, et je me suis souvenue des livres de cet auteur que j'avais aimés.

J'ai eu raison de lire celui-là. Si le livre reste dans la catégorie des polars que j'appelle classiques, il est bien ficelé. Le lecteur sait tout de suite que Claire n'a pas tué, mais l'auteur a été plus fine que dans certains autres romans, et on se demande comment les événements ont pu se dérouler. La solution est cohérente.

Il y a des rebondissements dont certains sont peut-être un peu attendus, mais ils arrivent au bon moment, et sont appropriés. On ne se traîne pas pendant des pages et des pages, à s'agacer parce que l'auteur piétine. Non. Ici, elle fait avancer son intrigue comme il faut.
La façon dont Morgane découvre les différentes clés de l'énigme n'est pas extravagante.
J'avais soupçonné la personne coupable à un moment. Malgré cela, l'auteur n'en fait pas trop, et tout est plausible, donc je ne lui en veux pas.
D'autre part, elle n'abreuve pas son lecteur de fausses pistes. Le roman est construit autrement, et c'est bien mieux.

La psychologie des personnages est assez creusée pour que tout se tienne. L'auteur insiste sur la dépression de Claire, mais je n'ai pas trouvé ça lourd. Au contraire, j'ai pensé que l'auteur creusait son personnage, expliquait son état et ses raisons.
Quant à Morgane, elle n'est pas une insipide gourde. Elle semble peut-être un peu trop parfaite, mais elle n'est ni niaise ni prétentieuse, donc ça va.
Ici, on ne trouve pas de méchants qui sont seulement méchants. Les motivations des uns et des autres sont plus complexes. Bien sûr, il y a des personnes peu aimables, mais rien n'est manichéen.

L'histoire d'amour n'est pas aussi invraisemblable que dans certains romans du genre. Bien sûr, on retrouve le gentil héros qui sauve sa belle, mais tout est moins tiré par les cheveux que dans d'autres romans de l'auteur. En outre, le couple ne se forme pas tout de suite.

Patricia Macdonald a introduit une originalité dans son roman: le personnage de l'avocate de Claire. C'est une bête de travail, comme le sont souvent les avocats dans les livres, mais elle est assez loufoque, et a des pratiques peu habituelles. C'est rafraîchissant.

Remarque annexe:
La grand-mère d'Eden s'appelle Ellen. En français, la prononciation est ressemblante. Les comédiens ne se sont pas trompés, alors que les deux prénoms étaient parfois employés dans les même passages.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Muranyi Kovacs et José Heuzé pour les éditions VDB.
J'apprécie ces deux comédiens qui jouent sans trop cabotiner. Dans ce roman, ils ont particulièrement bien joué. Par exemple, Muranyi Kovacs a su pleurer sans trop en faire. Elle a également su faire un petit accent naturel pour Astrid. En outre, ils n'ont pas tenté de prononcer les noms anglophones avec un horrible accent anglais.
Quant à José Heuzé, j'ai été contente de l'entendre... cela faisait un moment: sa voix et son jeu me manquaient.
Il y a juste une incohérence. Quand Eden arrive, l'auteur précise qu'elle a un accent du Sud. Du coup, la comédienne commence par lui faire un accent du Midi de la France, puis un accent racaille. Or, l'auteur étant américaine, il est évident qu'Eden vient du Sud des États-Unis, ce qui est confirmé par la suite.

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lundi, 19 juillet 2010

Mémoire trouble, de Lisa Unger.

 Mémoire trouble

L'ouvrage:
Ophélia March a eu une enfance et une adolescence difficiles. Ses parents l'ont négligée. C'est ainsi que la jeune fille, déboussolée et assoiffée d'amour, s'est jetée dans les bras de Marlow Jerry, le seul qui lui témoigne un peu d'affection. Mais bien sûr, le garçon fait cela sachant Ophélia vulnérable, et donc facile à manipuler. La jeune fille ne fait que s'exposer à un danger plus grand que l'absence d'amour.

Critique:
Ce thriller sort des sentiers battus, ce n'est pas un de ces livres où un crime est commis, et où on se traîne péniblement jusqu'au moment où l'écrivain consent à nous en dévoiler l'auteur.
Lisa Unger nous présente des personnages intéressants, surtout Ophélia, dont on comprend très bien la psychologie, les sentiments. C'est un personnage très fort, car malgré sa vie dévastée, elle reprend le dessus, se bat, lutte pour son équilibre mental. Pourtant, après tout ce qu'elle a vécu avec Marlow, il aurait été logique qu'elle tourne mal.

Le personnage de Gray est également sympathique au lecteur. C'est par ce côté que le roman est appréciable: Gray exerce un métier peu recommandable, et pourtant, son amour absolu pour Ophélia nous le rend sympathique. Ce n'est pas manichéen, et c'est une force du roman.
C'est un peu la même chose quant à Viviane. Elle aide Ophélia, et va très loin pour cela. Elle use de stratagèmes détestables, mais elle est convaincue que ce qu'elle fait est pour le bien de la jeune femme. Contrairement à Gray, elle ne trouve pas grâce à mes yeux, car elle blesse trop de gens pour arriver à ce qu'elle croit être bien.
Quant à Drew, il est plus manichéen, et donc, moins intéressant, car il ne regrette pas le mal qui a pu être fait.
Le père d'Ophélia est insaisissable... il est complexe, mais il ne semble pas très positif... trop de zones d'ombre l'entourent.
Le lecteur trouve aussi Ray Harrison sympathique parce qu'en plus de ne pas être manichéen, il tente de s'en sortir.

L'agencement du livre est un peu déroutant. Nous suivons en parallèle trois moments de la vie d'Ophélia. Une présentation chronologique aurait été moins perturbante. Peut-être Lisa Unger a-t-elle souhaité que le lecteur soit aussi perdu qu'Ophélia, lui faire mieux ressentir la détresse de la jeune femme en lui montrant simultanément les trois moments au cours desquels sa vie a basculé, et en plus, lui montrer à quel point cela peut être perturbant de ne plus savoir où on en est.
Mais peut-être a-t-elle voulu perdre son lecteur, afin qu'il ne voie pas trop vite que l'intrigue, malgré des personnages intéressants, est assez banale.

Il y a malheureusement quelques longueurs, mais elles ne sont pas trop envahissantes.
Il est regrettable que l'auteur ait utilisé la même ficelle pour deux événements différents. La première fois, c'est réussi, d'abord parce qu'elle bénéficie de l'effet de surprise auprès du lecteur, et ensuite parce qu'elle finit par tout expliquer d'une manière satisfaisante. Mais la seconde fois (lors de la dernière visite d'Harrison), j'ai trouvé ça lourd et invraisemblable.
(Attention, si vous n'avez pas lu le roman, passez au paragraphe suivant.)
Ophélia n'aurait pas pu combler toutes les lacunes avec sa seule imagination. En outre, cela signifie que presque toutes ses entrevues avec Harrison et celle qu'elle a eue avec Sarah n'ont pas eu lieu. Or, il est impossible qu'Ophélia ait deviné tout ce qu'ils lui disent seule... J'ai donc trouvé cette partie de l'histoire bancale, et cela gâche le reste. Le livre semble bon, au départ, mais cette ficelle le rend, à mon avis, mauvais.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Muranyi Kovacs et Hervé Lavigne pour les éditions VDB.
Les lecteurs ont mis le ton approprié, ils ont su rendre le livre vivant. En outre, ils n'ont pas prononcé Victory avec un terrible accent anglophone, ce que j'ai trouvé très bien. J'ai trouvé un peu dommage que Muranyi Kovacs ait tenté de faire un accent pour Esperanza, surtout dans la scène où celle-ci pleure... là, c'est un peu lourd, et on n'y croit pas trop.
Note pour ceux qui me trouvent peut-être trop sévère lorsque je dis que certains lecteurs surjouent: mon mari a entendu des morceaux de ce livre, et il a trouvé que les lecteurs en faisaient un peu trop. Il est donc encore plus sévère que moi. ;-)

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