Lecteur : Kaplan Patrick

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jeudi, 24 novembre 2011

Le jeu du furet, de James Patterson.

Le jeu du furet

L'ouvrage:
Geoffrey Shaffer joue à «Les quatre cavaliers», un jeu de rôle dans lequel les forces agissantes sont celles du mal. Shaffer y tient le rôle de la mort. Tous les crimes qu'il y raconte, il les commet en réalité. Il s'en délecte.

Critique:
Encore un livre qui fait partie d'une série... C'est le tome 5 de la série Alex Cross. Je pense qu'il faut les lire dans l'ordre, mais là, je n'ai pas été trop gênée de ne pas avoir lu les autres.

Dans l'ensemble, c'est un bon polar, mais surtout grâce aux personnages d'Alex et de sa famille. Ils sont sympathiques, surtout les deux enfants. En outre, le lecteur voit bien que Nana est très présente et aimante. Cela donne un joli tableau. À côté de ça, Christine paraît assez fade. Tout le monde l'adore, Alex le premier, mais je me suis demandé ce qu'ils lui trouvaient! Elle ne semble pas avoir beaucoup de personnalité... ce qui, bien sûr, sera infirmé à la fin, étant donné ce qu'elle a traversé. Pourtant, cela ne me l'a pas rendue plus sympathique. Je pense (j'espère) que son personnage est plus creusé dans les autres tomes.

Si l'intrigue est d'abord haletante, elle s'essouffle vite. on commence par se prendre au jeu du chat et de la souris entre Alex et Shaffer, ce tueur sordide qui ne suit aucune ligne de conduite, sauf, au départ, celle des dés (mais c'est lui qui fait les règles). La psychologie du tueur est intéressante, mais ensuite, tout est trop lent à force de redondances.

Par la suite, il y a un rebondissement qui relance l'action, et le procès est intéressant, parce que l'auteur montre bien comment on peut manipuler des gens. Malgré sa pertinence, cette ficelle a déjà été exploitée ailleurs.
Après le procès, on retombe dans une succession d'événements un peu attendus, ce qui fait qu'on trouve le temps long. Même la traque finale m'a paru lente. Surtout qu'à ce moment, la police semble avoir deux mains gauches...
Quant à la toute fin, je m'y attendais. La ficelle est souvent exploitée dans les mauvais films d'horreur.

Tout au long du roman, Shaffer est censé inspirer l'angoisse et le dégoût... Mais le personnage est si caricatural, sa personnalité est si rudimentaire, que je l'ai très vite vu avec distance. En outre, l'auteur recouvre tout cela de flots de sang, ce qui me fait toujours soupirer: il étale le peu qu'il a à dire en tentant de masquer que c'est peu avec du spectaculaire...

Je sais que James Patterson a écrit une multitude de romans. De ce fait, ils ne peuvent pas tous être très bons. Voilà pourquoi j'en lirai d'autres. Par exemple, il faudrait que j'essaie de lire la série Alex Cross en commençant par le tome 1.

Éditeur: Jean-Claude Lattès.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Patrick Kaplan pour l'association Valentin Haüy.
J'ai été contente de retrouver ce lecteur que j'apprécie pour sa lecture vivante. J'ai quand même été déçue qu'il reste des erreurs de lecture.

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lundi, 9 mai 2011

La faute, de Laura Grimaldi.

La faute

L'ouvrage:
Corinna Lotus-Martini, avocate féministe, a été assassinée de manière assez barbare. On suspecte immédiatement Alfiero Faliverni. En effet, tous deux avaient une liaison tumultueuse, et peu avant le drame, ils s'étaient violemment disputés, selon les dires de certains témoins.
Alfiero est rapidement arrêté et emprisonné. Son frère, Aleardo, est presque son unique soutien.

Critique:
Ce livre est un roman policier, mais l'enquête n'est pas si importante. J'ai très rapidement deviné qui avait assassiné Corinna, et pourtant, cela n'a en rien gâché ma lecture.
L'enquête policière n'est qu'un prétexte à l'auteur pour aborder, avec justesse, certains thèmes.

Laura Grimaldi analyse les relations complexes entre les deux frères, entre eux et leurs parents, leurs relations amoureuses, etc.
Aleardo et Alfiero ne s'entendaient pas forcément très bien: cette histoire les rapprochera, forçant Aleardo à se pencher sur leur passé, à analyser la conduite de chacun, à se remettre en question.

J'ai été exaspérée par le récit des relations entre Aleardo et sa femme, Marie. Il me semble que dans pratiquement tous les romans, les couples mariés ne s'aiment pas, voire ne se supportent pas, soit la routine les a éloignés, soit ils ne se sont jamais aimés. Ce schéma est assez agaçant, car il est éculé. On a envie de secouer tous ces personnages, et de leur dire de prendre leur vie en main, de réfléchir avant de se marier, d'arrêter d'agir légèrement.
Aleardo et Marie ne s'aiment pas, et étant donné ce qu'il en dit, il ne l'a jamais vraiment aimée. Cette relation chaotique donne une excuse (si on veut) à Aleardo pour tomber amoureux de Marie Anna. Là encore, j'ai trouvé ça assez agaçant parce que trop convenu. Mais c'est le seul point négatif du roman.

La romancière aborde différents aspects de l'univers carcéral: harcèlement de toutes sortes, amitiés spontanées ou rejet total entre détenus, etc. On voit également comment certains se raccrochent à de petites choses du quotidien pour ne pas sombrer: par exemple, Alfiero met un point d'honneur à se laver de la tête au pied, quel que soit le temps que cela prendra, et malgré l'absence de savon. Tout cela est très bien décrit.

Les femmes n'ont pas la part belle. Excepté Rosaria, elles sont détestables: qu'elles soient castratrices, égoïstes, trop soumises, trop attachées aux conventions, ou qu'elles détestent les hommes en bloc, elle ne sont vraiment pas sympathiques. Elles refusent la nuance, la compassion, ne savent que généraliser... Bref, je ne leur ai pas trouvé d'excuses, même si certaines ont souffert.

Aucune longueur ne vient altérer le plaisir de la lecture. Même si je savais qui avait tué, je ne me doutais pas de la façon dont cela serait découvert. Tout au long du roman, personne ne semble vouloir soupçonner la personne véritablement coupable. La façon dont la fin est présentée est donc très bonne, à mon avis. En outre, elle est assez abrupte, et rien n'est réellement résolu. C'est au lecteur de tenter de déduire comment les choses vont se dérouler par la suite.

Éditeur: Métailié.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Patrick Kaplan pour l'association Valentin Haüy.
J'apprécie ce lecteur qui allie sobriété et dynamisme. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

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jeudi, 10 juin 2010

Moissons troubles, de Philip Hook.

Moissons troubles

L'ouvrage:
Parnello est marchand de tableaux. Seulement, s'il ressent qu'un acheteur ne saura pas comprendre un tableau, il ne le lui vend pas, même si on lui en propose une somme raisonnable, voire plus élevée que ce que vaut le tableau.
C'est ce qui arrive lorsqu'il acquiert un tableau à une vente aux enchères. Il tombe d'abord sur une jeune femme extrêmement déçue qui lui explique que le tableau faisait partie de la collection de son grand-père, puis sur quelqu'un qui veut le lui racheter en lui offrant un gros bénéfice. Peu après son refus, Parnello constate que le tableau lui a été volé. C'est alors qu'il se lance à sa poursuite. Il n'est pas au bout de ses surprises.

Critique:
Ce livre me laisse un sentiment mitigé. Par certains côtés, il est très bien. D'abord, l'intrigue est bien agencée. Je me doutais bien que tous les morceaux épars avaient un lien, mais je ne voyais pas lequel. J'ai donc trouvé intéressante la façon dont tout s'est emboîté.

Ensuite, certains personnages sont intéressants: Parnello, Alexandra, la mère d'Alexandra, et bien sûr, le grand-père d'Alexandra.
Parnello est intègre, c'est une qualité d'autant plus rare qu'il se débat dans un monde de requins où l'argent est brassé à hauteur de plusieurs centaines de milliers de dollars à chaque transaction, et il serait facile que tout cela lui monte à la tête.
Alexandra et sa mère évoluent dans une espèce de carcan oppressant. Elles ne peuvent pas se débarrasser du passé aussi bien proche que lointain. La mère d'Alexandra, malgré son apparence fragile, est quelqu'un de fort, qui lutte sans arrêt pour tenter de voir la vie du bon côté.
Quant au grand-père d'Alexandra, l'intérêt du lecteur vient d'abord du fait que ce personnage dévoile un pan de l'histoire. (N'étant pas très documentée, je ne sais pas jusqu'à quel point l'auteur a pris des libertés avec l'histoire.) Ensuite, ce personnage intéresse le lecteur, parce qu'il a réfléchi, et a fait preuve d'esprit critique, ce qui est d'autant plus méritoire qu'à son époque, il valait mieux être un mouton si on tenait à sa peau.

Ensuite, le livre contient une petite dose d'humour. Bien sûr, elle est minime, mais présente. L'humour est représenté par un personnage qu'on voit peu: celui qui, au début, s'empare d'«icônes», et déclenche tout sans le savoir.

Pourtant, j'ai trouvé des défauts. D'une part, les longueurs. Elles sont trop nombreuses. Elles retardent et diluent l'intrigue.
Ensuite, certaines choses sont prévisibles. On devine grosso modo ce qu'est le secret du grand-père d'Alexandra. On devine aussi très vite quel rôle joue l'un des personnages, et on se demande pourquoi Parnello ne le voit pas venir, car l'intervention dudit personnage est un peu tirée par les cheveux.
Ensuite, le thème de la deuxième guerre mondiale est souvent repris par moultes écrivains. Pour moi, cela le dévalorise en le galvaudant. Même si de nombreux aspects de cette période sont à étudier et à raconter, il me semble que tout le monde s'y essaie, c'est un peu comme si tous les écrivains se battaient pour écrire autour de ce thème, ce qui n'est pas forcément bénéfique, car tout le monde n'a pas le même talent, surtout concernant un thème aussi important.

Éditeur: Fayard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Patrick Kaplan pour l'association Valentin Haüy.

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