Lecteur : Julien Martine

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lundi, 2 juillet 2007

Une passion fauve, tome 2: Berill, une passion en héritage, de Françoise Bourdin.

Berill, une passion en héritage

Voir la critique du tome 1.

Note préalable: si vous n'avez pas lu le tome 1, ne lisez pas cette critique, car elle révèle certains événements qui se sont passés dans le tome 1.

L'ouvrage:
Thomas doit mettre ses affaires en ordre. Il doit tout planifier afin que tout se passe le mieux possible après son départ. En effet, à soixante-quatre ans, il apprend qu'il est atteint de leucémie, et qu'il ne lui reste plus longtemps à vivre. C'est avec Berill, sa femme bien-aimée, qu'il désire passer ses derniers instants. Il ne veut pas que ses enfants sachent que c'est la fin. Il veut tenir sa main et admirer ses yeux violets qui l'ont, un jour, pris dans leurs filets, au moment de partir.

Maureen brigue le poste de directrice de l'Irish, la banque de son père. Elle pense la retraite de Thomas proche, et est sûre qu'elle peut reprendre les rennes de la banque. Seulement, Thomas ne l'entend pas de cette oreille. Il lui adjoint Mathias, qui travaille à la banque depuis de nombreuses années, et qui a toujours su faire preuve d'un sens infaillible des affaires. Maureen se sent traitée en enfant, et se révolte.

Hugh se donne beaucoup de mal pour que son parc naturel survive. Il ne vit presque que pour cela. Il ne se remet pas de la mort d'Isabelle, et ne fais pas attention aux femmes, et surtout pas à Caroline, la vétérinaire du parc naturel.

Critique:
J'avais peur que le tome 2 s'essouffle par rapport au tome 1, comme c'est parfois le cas. Ici, ce n'est pas le cas. Françoise Bourdin expose des personnages qui ont tous une psychologie qui mérite qu'on s'y attarde, et des motivations compréhensibles.

Il est dommage qu'elle tue l'un de ses personnages principaux dans le premier quart du livre. Cette lecture m'a été douloureuse, car elle m'a fait m'attarder sur le fait que cela peut arriver n'importe quand à n'importe qui. C'est étrange, j'ai déjà lu des livres où un personnage avait un cancer, mais la possibilité qu'une telle situation se produise dans ma vie ne m'avait jamais paru si évidente.

Le personnage de Maureen est intéressant. Elle a une forte personnalité, et est un peu prétentieuse et égoïste. Elle est très sûre d'elle, et refuse que Mathias l'aide à diriger la banque. Elle sait qu'elle s'en sortira très bien seule. Sauf qu'elle commet plusieurs bourdes qu'apparemment, quelqu'un de sensé ne commettrait pas.
Cette situation oppose deux façons d'être. Maureen est, comme elle le dit elle-même, très scolaire. Elle a un parcours très balisé. Mathias a tout appris sur le tas. Il se fie à son instinct, à son flair. Maureen s'y oppose, arguant que la finance n'est pas un jeu de hasard. Il semblerait que Mathias ne s'en remette jamais au hasard, comme le fait remarquer Thomas. La romancière nous montre par là qu'il ne suffit pas d'être bardé de diplômes. Effectivement, Mathias réussit mieux que Maureen qui est très assurée parce qu'elle a étudié dans une grande école. C'est peut-être un petit clin d'oeil qui appelle les gens très diplômés à l'humilité. Ils doivent prendre les circonstances en compte, et ne pas tout catégoriser.

D'autre part, on tient soigneusement hors de portée de Maureen le dossier concernant le parc naturel d'Hugh. Elle sait que l'entretien de ce parc demande beaucoup d'argent, et lorsqu'elle finit par voir le dossier, ses craintes sont confirmées. La banque a investi, il n'y a aucun profit, l'affaire n'est pas rentable. Maureen aimerait donc que la banque cesse d'aider Hugh.
Dans cette situation, Maureen est pragmatique. Elle fait passer la banque avant son frère. Berill et Mathias font le contraire. Ils veulent donner une chance au rêve de se réaliser. Les deux points de vue se défendent. Après tout, s'il y a assez d'argent pour que ce rêve se réalise, pourquoi pas; mais si le parc finissait par ruiner la famille, il faudrait le fermer.

On retrouve le personnage de Julian. Il n'est toujours pas sympathique, mais on comprend un peu mieux pourquoi il est devenu ce qu'il est. on l'entrevoyait dans le tome 1.

La réapparition d'Arnaud fait que l'on se demande si le pardon est possible pour certains actes. Mathias pardonne, Berill ne le peut pas. Je pense que je serais comme Berill, même si, comme il le précise, Arnaud a fait ce qu'il a fait en pensant que cela ne nuirait à personne.

C'est une saga sympathique. Je remarque quand même que dans tous les livres de Françoise Bourdin, (du moins, ceux que j'ai lus), les personnages évoluent dans un milieu très argenté. Mathias rappelle d'ailleurs à Hugh et Maureen qu'ils sont des enfants gâtés. Cette répétition d'un monde où l'argent coule à flot est un peu agaçante. Le lecteur aussi aimerait bien avoir beaucoup d'argent. ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Julien pour les éditions VDB.

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lundi, 25 juin 2007

Une passion fauve, tome 1, de Françoise Bourdin.

Une passion fauve

L'ouvrage:
Budapest, 1920.
La misère s'abat sur la Hongrie. La vie n'est plus possible, surtout pour des saltimbanques. Vilmos Károly le sait bien. Ruiné, la mort dans l'âme, il se résout à vendre son cirque, et à quitter son pays. Il va falloir tout recommencer ailleurs.
La famille Károly est très soudée, et elle s'en sortira.

C'est à Madrid que les Károly commencent une nouvelle vie. C'est dans un autre cirque que Vilmos et sa fille, Berill, font un numéro qui attire les foules. Dans la cage aux fauves, au milieu d'eux, Berill danse. La jeune fille adore les animaux, et les fauves en particulier. Ils la fascinent, et, à l'instar de Vilmos, elle ne cherche jamais à les humilier.
Berill est adulée du public. Beaucoup d'admirateurs lui offrent des fleurs. Elle n'en fait pas grand cas, tant elle est heureuse avec ses parents, ses frères, et les fauves. L'un de ses prétendants se démarque des autres. C'est Thomas Blaque-Belair, banquier dublinois. Depuis qu'il a vu Berill, il s'est juré de tout mettre en oeuvre pour faire d'elle sa femme.

Critique:
Comme je le dis à chaque critique, les livres de Françoise Bourdin sont des livres divertissants et détendants. Malgré cette légèreté, les personnages sont fouillés, l'histoire n'est pas si tirée par les cheveux qu'on pourrait le penser.

On imagine que Berill se sentira toujours incomplète, n'aimera jamais son mari, et finira par s'aigrir. Il n'en n'est rien. Bien sûr, elle regrette son ancienne vie, mais elle fait plus que s'accommoder de la nouvelle. Et puis, à la fin du livre, elle sait qu'elle pourra à nouveau être en contact avec les fauves.

Le personnage de Thérèsa est intéressant. Elle aime Berill, mais ne peut s'empêcher de se sentir étouffée par elle, et l'amour immodéré que lui porte son mari, le frère de Thérèsa. Quant à moi, j'ai aussi été agacée par cet amour qui excuse tout. Berill en profite un peu. Qui le lui reprocherait? Mais il est vrai que parfois, elle semble prendre beaucoup de place, et évincer les autres.

Il y a des situations un peu cliché: la mère de Thomas rejette Berill qui a une basse condition sociale.
Tout le monde, ou presque, succombe au charme de Berill.
Le personnage de Julian aussi est un peu cliché.

La guerre va précipiter les personnages dans un tourbillon dont certains auront du mal à se remettre. Comme dans toute saga familiale, il y aura un traître. Rien ne le disposait à cela. L'absurde de sa situation, c'est qu'il renie ses origines en se mettant du côté des nazis. Le lecteur a du mal à y croire. Bien sûr, il est possible que de telles aberrations se soient produites, mais essayer de convertir ses parents, et finir par les dénoncer, sachant ce qui leur serait fait, c'est un peu gros. En plus, le personnage en question est amoureux d'une allemande. Il aurait été plus percutant que la jeune fille en question fût contre le nazisme. Françoise Bourdin aurait ainsi rappelé que tous les allemands n'étaient pas nazis.

D'une manière générale, on s'attache aux personnages et à leurs histoires. On a envie de savoir la suite. C'est un livre de vacances. Et ceux qui aiment habituellement Françoise Bourdin ne seront pas déçus.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Julien pour les éditions VDB.
Moi qui râle assez souvent, aujourd'hui, c'est plutôt mes compliments que j'adresse à cette comédienne, qui, pour la lecture de cet ouvrage, n'a pas forcé les accents dans les noms étrangers.

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