Fakirs

L'ouvrage:
Alan, fakir junky, s'est suicidé. John Nicholls, son amant, pense qu'il a été assassiné.

Critique:
Après avoir beaucoup aimé «Trois mille chevaux-vapeur», j'ai été ravie de pouvoir lire un autre livre (d'un autre genre) de l'auteur. Malheureusement, j'ai été déçue.

Pour moi, l'intrigue est sans réelles surprises. Le suspense est prévisible. Par exemple, Guérin fouille illégalement un appartement, et trouve ce qu'il cherche au tout dernier moment, alors qu'il aurait dû renoncer de peur de voir arriver le propriétaire des lieux. (Je donne un exemple anodin pour ne rien dévoiler, mais le reste est du même acabit.) De plus, j'ai trouvé que le tout était lent. Parfois, je pardonne cela à l'auteur quand d'autres aspects du roman retiennent mon attention. Ici, cela n'a pas été le cas.
Antonin Varenne a profité du genre pour créer un policier marginal. Idée que je trouve éculée, voire clichée à force de la rencontrer dans des romans où les auteurs veulent démarquer leurs héros. De plus, pour moi, cette marginalité est trop accentuée, et donc peu crédible.

Ensuite, je ne me suis attachée à personne. Sauf à deux personnages... justement ceux pour qui les choses finissent mal. Je n'ai pas compris ce que John trouvait à Alan.
J'ai bien compris ce que l'auteur souhaitait faire concernant Alan. Il aurait dû me toucher. Entre ce qu'il a vécu et la manière dont il tente de faire au mieux, il est admirable. Pourtant, il n'a pas su me toucher. Peut-être est-ce parce que j'ai trouvé le thème (survivre avec un traumatisme dû à la perversion humaine) beaucoup mieux exploité dans «Trois mille chevaux vapeur» où je ressentais l'humanité des personnages. Pour moi, Alan n'est pas assez creusé.
%D'une manière générale, j'ai trouvé que l'auteur en faisait trop en décrivant des personnages et des situations extrêmes (la scène où John se laisse distraire par la femme nue en est un autre exemple).

En fin d'ouvrage, il y a un entretien avec l'auteur. Comme d'habitude, je trouve cette initiative judicieuse. Je n'ai pas apprécié le livre, mais ai écouté l'entretien avec intérêt.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Michel Vovk.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.
Je me souviens n'avoir pas particulièrement aimé la lecture de ce comédien pour «Le tribunal des âmes». Je trouvais sa voix trop sourde. Ici, cela ne m'a pas gênée. J'ai trouvé sa voix claire, sa lecture fluide et exempte de surjeu.
À un moment, il n'a pas eu la partie facile. Au départ, l'auteur dit que John parle français presque sans accent. Puis, plus loin, il dit que lorsque John parle d'Alan et de son traumatisme, son accent américain se durcit. L'indication n'a pas été vraiment facile à suivre pour le comédien, à mon avis. Personnellement, je ne sais pas ce que j'aurais fait.

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