Derrière la haine

L'ouvrage:
Sylvain et Tiphaine Geniot ont pour voisins David et Laëtitia Brunel. Les deux couples sont amis. Cette amitié est renforcée par la naissance de Milo chez les Brunel et (à trois mois d'intervalle) de Maxime chez les Geniot. Seulement, les choses ne resteront pas idylliques. Après un accident, rien n'est plus pareil entre les deux couples.

Critique:
Malgré ma déception quant à «L'instinct maternel», j'ai voulu donner une chance à ce roman, car le résumé m'attirait. Il m'a globalement plu pour plusieurs raisons.

D'abord, Barbara Abel s'y entend pour décrire des relations qu'elles soient amicales ou conflictuelles. Ici, on entre bien dans la peau des personnages, et on les comprend... enfin, jusqu'à un certain point, pour certains d'entre eux. L'auteur prend le temps de planter le décor, de montrer les deux couples évoluant l'un avec l'autre, de développer leurs relations...

Ensuite, au long du roman, il n'est pas facile de prévoir ce qui arrivera. À partir du moment où l'orage éclate, on peut émettre plusieurs hypothèses, mais sans certitudes, car l'auteur a pris soin de ne pas montrer les choses avec de gros sabots. Lorsqu'un personnage est soupçonné par un autre, le lecteur ne peut savoir qui est dans le vrai, car la culpabilité et l'innocence de ce personnage sont plausibles.
Lorsqu'on finit par savoir, l'auteur ne traîne pas trop.

J'ai quand même quelques reproches à faire. D'abord, la romancière a utilisé cette ficelle que je déteste de plus en plus: le prologue décrit un moment qui arrive au milieu du roman. Elle nous montre donc un moment de tension, puis le chapitre 1 démarre sept ans plus tôt. Ce procédé est malhonnête, car il a pour but de faire saliver le lecteur. Pour ma part, il m'ennuie. En outre, ici, le prologue laisse entrevoir certaines choses qu'il vaut mieux découvrir au long de la lecture. Heureusement, l'auteur rattrape un peu cela, car au long des chapitres racontant ce qui arrive avant, on ne s'ennuie pas.

Certains détails sont un peu gros, à la fin. Barbara Abel les explique, et c'est logique, mais il est étrange que certaines choses n'aient pas été creusées.
À propos de la fin, je ne l'ai pas aimée. Cependant, elle n'est pas bâclée et est (dans l'ensemble) cohérente. Je n'ai pas aimé ce qu'il se passe... Voilà pourquoi je vais m'empresser de lire la suite, «Après la fin», en espérant que certaines choses tourneront comme je le souhaite. D'autre part, je suis curieuse de voir comment l'auteur a pu faire une suite.

Éditeur: Fleuve Noir.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Danielle Jacoby pour la Ligue Braille.

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