L'appel de l'ange

L'ouvrage:
New York. Dans la cafétéria d'un aéroport, Jonathan et Madeline se percutent. Toutes leurs affaires se renversent. Ils s'énervent l'un après l'autre, ramassent leurs biens, et chacun part de son côté: San Francisco pour lui, Paris pour elle. Une fois à destination, chacun se rend compte qu'il a le portable de l'autre.

Critique:
Ce roman est inégal. Au début, l'idée est intéressante, et pour moi, l'auteur l'exploitait bien. Je me suis divertie avec ces personnages dont les vies entrent par hasard en collision. J'ai trouvé plaisant que l'auteur nous décrive deux univers totalement différents.
Jonathan m'a paru plus sympathique que Madeline. On m'objectera que la jeune femme n'est pas bien dans sa peau, dans sa vie, et que c'est la raison pour laquelle elle est souvent exaspérée et donc exaspérante.

Ensuite, pour moi, les choses se gâtent. Étrangement, c'est la partie où il se passe le moins de choses que j'ai préférée. Lorsque l'auteur introduit l'énigme, j'ai trouvé que le tout se banalisait. Bien sûr, il amène les choses de manière à ce qu'on ait du mal à assembler le puzzle, mais pour moi, créer une énigme était une porte de sortie trop simpliste. À cause d'un tel début, j'aurais préféré lire un roman davantage dans le style de Sophie Kinsella.

L'énigme et l'ambiance totalement différente qu'elle donne au roman finissent par bien passer. Cependant, d'autres éléments m'ont gênée. Le plus pénible étant cet invraisemblable coup de foudre. Il y a aussi cette coïncidence vraiment très grosse qui fait que Jonathan a rencontré, deux ans auparavant, un personnage clé de la vie de Madeline. Ensuite, il y a quelques invraisemblances. Par exemple: comment quelqu'un qui panique et qui a très peu de temps pour réfléchir a-t-il le temps d'imaginer un message codé? De plus, comment se fait-il qu'en quelques minutes, un homme seul décrypte le code, alors que deux personnes (très impliquées) ne pensent pas qu'il peut y en avoir un? Comment se fait-il que ce soit Jonathan, et non Madeline, qui ait l'idée de localiser un portable? Il a non seulement l'idée, mais il cherche le moyen de la mettre en application, alors que Madeline objecte formellement que c'est impossible, et se moque de lui.

Remarque annexe:
Mention spéciale à Marcus qui m'a beaucoup amusée.

Éditeur: XO.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Aranza Urujola pour l'association Valentin Haüy.
Cette lectrice prend le parti de jouer un peu les livres qu'elle enregistre. Heureusement, elle le fait bien. Peut-être en fait-elle un tout petit peu trop, parfois, mais la plupart du temps, son jeu est sympathique. Par exemple, elle prend une voix enfantine pour le garçonnet de huit ans, et le fait sans que cela soit niais ou geignard. Elle modifie également quelque peu sa voix pour les hommes, mais cela reste discret. Je regrette qu'elle ait fait un accent à Francesca. Bien sûr, l'auteur précisait que la jeune femme avait un petit accent, mais je pense que les lecteurs ne devraient jamais faire les accents étrangers. C'est beaucoup trop laborieux à écouter. Dans un roman, si un personnage a un accent, les mots qu'il prononce ne sont pas écrits de manière à suggérer cet accent. Je pense donc qu'en audio, l'accent ne devrait pas être marqué, ou bien (si le lecteur, l'association, ou l'éditeur y tiennent vraiment), à peine esquissé.

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