Si tu reviens

L'ouvrage:
Amanda Travis a vingt-huit ans. Elle vit en Floride. C'est une brillante avocate. Elle a été mariée deux fois. Après ses échecs, elle opte pour des aventures sans lendemain, de préférence avec des hommes mariés...

Ce jour-là, quelque chose va venir perturber sa petite vie tranquille: son premier ex mari, Ben Myers, lui téléphone pour lui annoncer qu'elle doit venir d'urgence à Toronto, sa ville natale. Pourquoi? Sa mère, Gwen Price, a assassiné un homme. Elle était assise dans le hall de l'hôtel Four Seasons quand un homme est entré, souhaitant regagner sa chambre. Gwen lui a tiré dessus trois fois.

Critique:
J'avais été très déçue par «Heartstopper». Ici, je serai bien plus nuancée. Il est vrai que certains pans de l'intrigue sont prévisibles. On sait bien, malgré ce que prétend Gwen, qu'elle connaissait l'homme qu'elle a tué, et on sait que si elle l'a tué, c'est qu'elle avait des raisons. On devine également que si elle veut plaider coupable, c'est parce qu'elle cache un autre secret dont la révélation nuirait à quelqu'un.

En outre, il y a du remplissage. Le début traîne beaucoup, et au fil de l'histoire, il y a de longs passages inutiles. Bien sûr, Joy Fielding prend le temps de nous montrer ses personnages, nous donne des pistes pour les analyser et les comprendre, mais c'est quand même un peu long.

Cependant, les personnages sont attachants et sympathiques. Amanda est un peu agaçante, mais justement, elle n'est pas parfaite. Elle refuse d'entrer dans le cliché: ma mère ne m'a pas montré son amour, alors j'ai des problèmes psychologiques à régler. Elle a su construire sa vie. Il est vrai qu'elle a certains problèmes, comme par exemple, son refus de s'attacher, ou le fait qu'elle n'aime pas les diminutifs et les surnoms. J'aime assez l'idée que le fait qu'elle ne veuille pas d'enfants ne vienne pas de quelconques problèmes psychologiques. Enfin un roman où une femme ne veut pas d'enfants, et l'assume!
On plaint Gwen et Lucy, et on aime bien Ben qui, lui non plus, n'est pas parfait.
Et bien sûr, on admire le père d'Amanda.

Ce qu'a fait Gwen force Amanda à enquêter sur sa mère, ce qui est une bonne ficelle. La mère et la fille ne se sont jamais comprises, et c'est la fille qui va devoir fouiller le passé de sa mère, fouille qui la forcera à admettre les souffrances et l'humanité de sa mère.
L'intrigue est lente, mais certains rebondissements sont bien placés, car on ne s'y attend pas. La découverte finale ne manquera pas d'étonner le lecteur, et de le faire réfléchir. Tout est très bien exploité et décrit: l'adolescente perdue et influençable qui met un doigt dans l'engrenage, la femme écrasée par la douleur et la culpabilité, l'enfant qui grandit comme elle peut, et l'homme détestable qui ne sème que mort et malheur sur son passage.

La façon dont Amanda revoit des scènes de son enfance est bien insérée dans l'intrigue, surtout lorsqu'il y a des parallèles entre une scène du présent et une du passé.

Quant à la fin, elle convient bien au roman. Je m'attendais à ce qu'elle soit trop téléphonée, trop facile, mais non. Elle est plus réaliste. Les choses ne vont pas évoluer en quelques jours, mais des progrès ont été faits, et petit à petit, cela va évoluer, jusqu'à ce que, peut-être, certaines décisions importantes soient prises.

N'oublions pas les petites notes d'humour dont Joy Fielding parsème son roman. Par exemple, lorsque Ben apprend à Amanda ce qu'a fait sa mère, la situation dans laquelle se trouve celle-ci est assez comique. En outre, on savourera le dialogue retranscrit ici approximativement:
«C'est à propos de ta mère.
-Quoi, ma mère? Qui est-ce qu'elle a tué?
-Un homme.
-Hein? Quoi? Elle a tué quelqu'un!»
Le personnage de Rachel, malgré son histoire, est également assez amusant.
D'autres petites touches d'humour accompagnent le lecteur, ce qui le détend un peu.

Éditeur français: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Laura Hicks pour les éditions BBC Audiobooks America.
La lectrice cabotine un peu, mais ce n'est pas trop grave, car son jeu est bon, et elle n'exagère pas trop lorsqu'elle interprète les rôles masculins.

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