Lecteur : Hayoz Marie-Thérèse

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lundi, 9 juin 2008

Journal d'Hannah, de Louise L. Lambrichs.

Journal d'Hannah

L'ouvrage:
Paris, 1943.
Hannah Perrier, mariée et mère d'une fillette, s'aperçoit qu'elle est enceinte. Cette découverte la transporte de joie. Elle se dit qu'au milieu de cette guerre, un enfant est un espoir. Son mari, Robert, ne prend pas la chose de la même façon. Il lui explique qu'il est trop dangereux d'avoir un enfant en ce moment: que feront-ils si les vivres viennent à manquer? Et s'ils doivent fuir précipitamment, cela ne sera pas aisé avec un nourrisson. Il contraint Hannah à avorter, malgré l'avis défavorable du médecin qui la suit, la grossesse étant déjà avancée. Hannah n'accepte pas cet avortement. Elle cède, car Robert a décrété que ce serait mieux pour la famille, mais elle refuse cela de tout son être. Cet avortement sera l'un des grands tournants de sa vie.

Critique:
Ce livre raconte la vie d'une femme qui tente de refermer les blessures qu'elle reçoit. Elle n'y arrive pas toujours comme il le faudrait, mais elle se bat, et se sort toujours de situations problématiques. Son histoire prend le pas sur l'Histoire. Elle avoue elle-même que ce qui lui arrive la préoccupe et la touche plus que la guerre. Cela se comprend. On est toujours plus concerné par son quotidien que par l'Histoire, sauf lorsqu'elle nous touche de près. Hannah sera tout de même touchée. Les blessures de la guerre feront partie de celles qu'elle aura du mal à refermer. Par ailleurs, le regard qu'Hannah porte sur les hommes est assez clairvoyant. Bien sûr, ses prédictions de troisième guerre mondiale et de génocide ne se sont pas réalisées à une si grande échelle qu'en 39-45, mais il y a eu des massacres. En outre, les arguments d'Hannah sont tellement pertinents!

Elle nous raconte son quotidien, avec, parfois, des ellipses de plusieurs années. Hannah et Robert ont beaucoup vécu dans le non-dit, ce qui, bien sûr, a engendré des malentendus entre eux. Hannah trouve le moyen d'exprimer tout ce qu'elle ne peut confier à son mari: elle le fait la nuit. D'abord, elle souffre d'insomnie, et quand elle dort, elle rêve d'une vie impossible où elle retrouve ceux dont elle n'a pas pu faire son deuil. L'inconscient d'Hannah et aussi celui de Colette font que l'histoire frise le surnaturel. Parlons plutôt de coïncidences. C'est ces coïncidences et ces non-dits qui font vaciller Hannah à un moment de l'histoire où il lui semble qu'elle ne maîtrise plus rien. Le lecteur regrette que certains pans de la vie de ce couple qui s'aime soit basé sur des mensonges. Cependant, Hannah et Robert sont convaincus d'avoir agi au mieux pour préserver leur amour. Au final, ils ont, d'une manière ou d'une autre, triomphé des crises qu'ils ont traversées. Je pense que la fois où ils ont tous les deux agi en adultes, où ils ont tout mis à plat, a été l'épisode Elisabeth. Pour moi, c'est de cette crise qu'ils se sont le mieux sortis, car ils ont parlé, et se sont expliqués.

Les thèmes abordés le sont avec finesse. Ces personnages sont réalistes et attachants. L'ouvrage est captivant, il n'y a aucun temps mort. La romancière a un style fluide et agréable. Ce roman est de ceux qu'on n'oublie pas. Il fait partie de ceux que je considère comme des bons livres.
Accessoirement, nous est enseignée la tactique du «je réponds à une question par une autre question», tactique qui peut se révéler très utile.

Éditeur: Éditions de l'Olivier.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Thérèse Hayoz pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi, 29 octobre 2007

La fille d'un soldat ne pleure jamais, de Kaylie Jones.

La fille d'un soldat ne pleure jamais

L'ouvrage:
Chane Willis a six ans. Son père, Bill Willis, est un grand écrivain.
Après elle, sa mère ne pourra plus avoir d'enfants. Ses parents vont donc adopter un petit garçon, Benoît. Il a le même âge que Chane.

Chane nous raconte l'arrivée de Benoît, puis tous les sentiments qu'elle éprouve à avoir, soudain, un petit frère.

Critique:
Je ne savais pas trop dans quelle catégorie ranger cet ouvrage. La quatrième de couverture nous indique que c'est un roman autobiographique, révélant également que Kaylie Jones est la fille de James Jones.
Mais le livre comporte également l'avertissement que l'on trouve parfois: ce livre est un roman, tout est le fruit de l'imagination de l'auteur, toute ressemblance avec des personnages existants serait fortuite, etc.
J'en ai déduit que c'était une autobiographie romancée, et que l'auteur n'avait fait que changer les noms. Voilà pourquoi j'ai décidé de le mettre dans Autobiographies etc.

J'ai trouvé ce livre très inégal. Au début, lorsque Benoît arrive chez les Willis, Chane nous décrit si bien la scène que nous sommes avec la famille, dans le salon, et nous passons par toutes les émotions des personnages: la frustration et la colère de Chane dont l'univers s'écroule, le bonheur craintif des parents, et surtout, l'incrédulité et la peur du petit garçon.
Ensuite, on comprend Chane qui oscille entre l'amour pour ce petit garçon perdu, et la colère et la haine, parce qu'elle a l'impression qu'il a le droit de faire des choses qu'elle ne peut pas faire. Il est normal qu'au tout début, les parents, ne voulant pas brusquer Benoît, aient été un peu moins sévères. Mais Chane est jeune, et son coeur d'enfant entière souffre et saigne de ce qu'elle croit être une injustice, et qui, pour elle, signifie que ses parents l'aiment moins que le petit frère.

D'autres passages sont émouvants, et nous montre avec intelligence la vie de cette famille. Par exemple, les moments privilégiés entre Chane et son père. Mais beaucoup de passages m'ont fait sortir du livre. Je veux dire que je n'ai pas eu de mal à y entrer, mais les moments qui m'ont ennuyée ont fait que j'ai eu du mal à y rester. Il me semble que le roman traîne... Chane s'appesantit beaucoup sur ses frasques, sur l'amour malsain entre elle et sa nounou... Je ne dis pas que ce n'est pas intéressant. Ces éléments font partie de la vie de la narratrice, il est donc logique qu'elle les ait intégrés à son histoire. Seulement, ces récits m'ont plus agacée qu'attendrie.

La fin fait partie des passages qui font qu'on se replonge dans le livre. Mais après cette fin, on attend autre chose. On aimerait savoir si Billy va essayer de retrouver sa mère. (Non, je n'ai pas rebaptisé Benoît: il change de prénom pendant l'histoire.)

En conclusion, malgré certaines longueurs, le "roman" est à lire, car les sentiments des membres de cette famille les uns pour les autres sont bien décrits.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Thérèse Hayoz pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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jeudi, 11 janvier 2007

Accroche-toi à ton rêve, de Barbara Taylor Bradford.

Voir la critique du tome 1.

Accroche-toi à ton rêve

L'ouvrage:
Après avoir découvert un complot fomenté par quatre de ses enfants qui veulent s'approprier Harte Enterprise, Emma Harte y a mis bon ordre en nommant ses petits-enfants légataires. Eux l'aiment et la respectent. Ils ne songent pas du tout à la dépouiller. C'est ainsi que Paula (qui était déjà mêlée aux affaires de sa grand-mère), Emily, Alexandre, Sarah, et Jonathan vont travailler dans les différents magasins d'Emma. Il y aura aussi le fils et les petits-enfants de Blacky, le meilleur ami d'Emma.
D'autre part, Emma a mis toutes ses rancunes vis-à-vis des Ferley de côté, du moins, elle a reconnu que ce que lui avaient fait les Ferley ne pouvait s'appliquer au petit-fils d'Edwin, Jim. Jim travaille pour elle, et est également marié à Paula.

Blacky en a assez de voir Emma travailler sans jamais prendre de vacances. Il veut l'emmener faire le tour du monde.
Winston et Emily découvrent qu'ils s'aiment depuis toujours.
Anthony veut divorcer de Mine avec qui il ne s'entend pas. Il aime follement Sally.
Shane aime Paula, et il sait qu'il ne pourra jamais aimer d'autres femmes. Il ne peut même pas faire l'amour avec une femme s'il n'imagine pas qu'elle est Paula.
Sarah est amoureuse de Shane. De ce fait, elle déteste Paula, qui semble être la seule à ne pas se rendre compte de la passion de Shane pour elle.
Alexandre courtise Maggie Reynolds.
Elizabeth a rencontré un autre homme dont elle est folle.
Emma s'inquiète, car il lui semble que l'un de ses petits-enfants ne pense qu'à l'argent, et à ruiner les autres à son profit.

Critique:
Heureusement, au début du livre, il y a un arbre généalogique qui resitue tout le monde. Et même avec l'arbre en tête, c'est une grande pagaille dans laquelle on patauge parfois un peu, entre les descendants d'Emma, ceux de Winston, ceux de Franck, ceux de Blacky, ceux de David Calinsky... Ces histoire qui s'entrecroisent, ça fait un peu soap opera. C'est un peu agaçant.

Le lecteur avisé verra certaines choses arriver de très très loin. Par exemple, on sait presque dès le départ que le mariage de Jim et Paula ne va pas marcher, et qu'elle va se mettre avec Shane. On devine aussi comment Paula va finir par être débarrassée de Jim.
Et bien sûr, ce cher Jim est dépeint par la romancière comme un alcoolique, intéressé par l'argent, qui, en plus, ne sait pas éveiller les sens de Paula, ne pensant qu'à son propre plaisir, négligeant les préliminaires, ce qui montre son égoïsme. Bref, elle fait tout pour nous le rendre désagréable. C'est trop manichéen, et donc, beaucoup moins intéressant que si Jim avait eu moins de défauts. C'est facile de ne pas aimer un homme comme ça. C'est facile de faire du manichéen, du caricatural.

Ce manichéisme se retrouve ailleurs dans le roman. Deux petits-enfants d'Emma agissent en douce pour s'emparer de la fortune. Les autres les démasquent, les confondent, et les licencient. Seulement, l'un d'entre eux a des motivations qui peuvent se comprendre: étant aveuglé par l'amour (et la haine), et ayant été manipulé par l'autre. Ce personnage aurait mérité une seconde chance. D'après son attitude, il l'aurait sûrement saisie. Mais les autres agissent de la même façon avec les deux comploteurs, et en plus, ont le toupet de justifier leur absence de pitié pour le personnage moins responsable.

Les petits-enfants d'emma (du moins ceux qui ne fomentent rien contre elle, et surtout Emily et Paula) ont l'air d'être complètement endoctrinés au dogme d'Emma. A un moment, Jim dit à Paula qu'elle a la façon de penser de sa grand-mère, et qu'elle ne peut pas penser autrement. Elle se récrie, mais le lecteur (du moins moi) n'est pas loin de partager l'opinion de Jim. Pour Paula (et certains autres), tout ce que dit et fait Emma est à suivre à la lettre. Et si Emma paraît un peu plus sympathique, son autorité étouffante est toujours aussi énervante pour le lecteur.

A un moment, une fille dit à Shane que personne ne se marie hors du clan familial, chez les Harte/O'Neill. C'est exactement le sentiment qu'on a, même si Alexandre épouse Maggie Reynolds. Bien sûr, ils ont tous été élevés ensemble, se connaissent depuis l'enfance, et il est logique que certains tombent amoureux les uns des autres, mais ça referme encore plus la famille sur elle-même, et la montre encore plus comme une secte qui ne saurait s'écarter du chemin tracé par Emma.

Autre chose rappelle "Les oiseaux se cachent pour mourir". Après l'avalanche, Paula a exactement la même réaction que Justine après la noyade de Dane.

J'ai passé un bon moment en lisant ce livre, malgré ma critique assez négative, mais c'est surtout parce que je voulais connaître la suite. C'est d'ailleurs pour ça que je vais sûrement lire les autres tomes. Au départ, "L'espace d'une vie" n'était pas écrit pour avoir une suite. Mais après son énorme succès (usurpé, à mon avis, parce qu'il y a largement mieux), et le succès de la série télévisée tirée du roman, Barbara Taylor Bradford a dû décider d'écrire une suite, sûre que les gens ayant aimé le tome 1 achèteraient le tome 2. Et donc, elle ne s'est pas trop foulée sur le scénario, et a mis des choses qu'on voit venir gros comme une maison, étant sûre de vendre.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Thérèse Hayoz pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi, 8 janvier 2007

L'espace d'une vie, de Barbara Taylor Bradford.

L'espace d'une vie L'ouvrage:
1904. Emma Harte a 14 ans. Elle est fille de cuisine à Ferley Hall. Elle vit dans une sordide masure, et toute sa famille travaille pour Adam Ferley. Sa mère, Elizabeth Harte, est malade. La pauvreté des Harte fait qu'elle ne peut pas être soignée convenablement.
En outre, Franck, le petit frère d'Emma, se passionne pour les études et les livres, et il a été forcé d'abandonner l'école pour travailler, et gagner de l'argent pour sa famille.

Emma déteste les riches Ferley, qui, pense-t-elle, se permettent de vivre dans l'opulence, de prendre les domestiques de haut, de les maltraiter, et qui ne se rendent même pas compte de l'indigence dans laquelle vivent certains d'entre eux. Sa haine sera redoublée à cause de ce qui se passera entre elle et Edwin Ferley, et à cause des circonstances de la mort de son père. Elle veut devenir riche, pour ne plus vivre dans la misère, et aussi pour se venger des Ferley. Un jour, c'est sûr, elle les ruinera, elle Sera plus riche qu'eux, elle leur fera payer leur arrogance. Elle travaillera d'arrache-pied pour réussir.

Critique:
Le livre s'ouvre sur un prologue qui se déroule en 1968, et qui raconte certains événements qui arrivent alors qu'Emma a 78 ans. Ensuite, il y a l'histoire, de 1904 jusqu'en 1950, puis l'épilogue qui est la suite du prologue. Je trouve cela un peu dommage, car dans le prologue, on apprend des choses qu'il aurait mieux valu découvrir au long du livre. On apprend d'abord qu'Emma a réussi à devenir très riche. On s'en doute, bien sûr, mais le savoir dès le début gâche un peu le plaisir de la découverte.
On apprend aussi qu'Emma a 5 enfants. Et si on fait attention à leurs noms de famille (et pour l'une à son prénom), au fur et à mesure qu'on découvre les personnages, on sait avec qui Emma les a eus. On apprend aussi que malheureusement, Emma ne s'entend pas bien avec ses enfants, sauf avec l'une d'eux.

La quatrième de couverture signale que "L'espace d'une vie" est un ouvrage comparable à "Les oiseaux se cachent pour mourir". Effectivement, c'est une longue saga familiale qui s'étale sur quatre générations (le McCullough s'étale sur trois générations), avec des amours impossibles. Mais on retrouve certaines ressemblances qui peuvent faire penser au lecteur que Barbara Taylor Bradford s'est un peu inspirée de certaines situations, de certaines ambiances de Colleen McCullough. C'est un peu dommage. Par exemple, Winston, le frère aîné d'Emma veut s'engager dans la marine, et entre en conflit avec son père à ce sujet; le frère de Meggie veut s'engager pendant la guerre de 14-18, il veut s'en aller de la maison, de toute façon, et entre en conflit avec son "père". Bien sûr, ce n'est pas les mêmes conflits, mais les affrontements père-fils rappellent un peu McCullough.
Le deuxième frère d'Emma s'appelle Franck, comme le frère aîné de Meggie. Le mari de Meggie s'appelle Luke O'Neill, et le meilleur ami d'Emma s'appelle Blacky O'Neill. Ca, c'est du pinaillage, je sais, mais je ne l'aurais peut-être pas remarqué si la quatrième de couverture de "L'espace d'une vie" n'évoquait pas "Les oiseaux se cachent pour mourir", sorti un an avant.
Fiona, la mère de Meggie, a passionnément aimé un homme, avant d'épouser Padraic Cleary; Elizabeth, la mère d'Emma, a eu une liaison passionnée avant d'épouser John Harte.
Padraic Cleary est un homme bon, qui attendrit et touche tout de suite le lecteur, malgré ses colères; il en va de même pour John Harte. De plus, tous les deux meurent de manière totalement injuste, et, accessoirement, tous les deux meurent par le feu. Enfin, je crois que Padraic est foudroyé lors d'un orage, mais il me semble qu'il y a une histoire d'incendie... Il va falloir que je relise le livre. ;-)

Le livre n'est pas mal, avec beaucoup de personnages qui s'entrecroisent, qui se déchirent, qui s'aiment follement... Il y a certaines situations un peu grosses qui m'ont un peu agacée. Et Emma n'est pas toujours sympathique au lecteur. On comprend sa haine et son envie de vengeance, mais son opiniâtreté, son acharnement au travail, sont parfois pénibles. D'une manière générale, c'est son caractère, son personnage qui agacent un peu. Elle a tout ce qu'elle veut, elle réussit tout... Elle est un peu hautaine, et méprise facilement les gens. Si on veut continuer la comparaison, on lui préfère Meggie, qui est plus douce, plus aimable, qui a ses faiblesses, qui semble plus humaine.
De plus, Emma met tous les patrons dans le même sac, sans penser que certains s'inquiètent pour les domestiques, et espèrent une vie meilleure pour eux.

L'histoire d'amour entre Emma et Paul me semble un peu tirée par les cheveux... Emma aime passionnément un personnage, puis un autre, puis enfin, Paul. Son coeur est bien volage. On comprend qu'elle cesse d'aimer le premier homme, mais on se demande pourquoi elle cesse d'aimer le deuxième. Il lui est inaccessible, mais en général, cela n'arrête pas le coeur. Ensuite, lorsqu'elle est avec Paul, il y a certains passages clichés, qui sont supposés être émouvants, mais que j'ai trouvés plutôt gnan gnan, comme par exemple, celui où il lui offre l'émeraude familiale.

Autre situation un peu clichée, à mon avis: Emma n'a de complicité et d'amour qu'avec l'enfant qu'elle a eu d'un homme qu'elle a réellement aimé. Elle a bien essayé d'être une mère pour les autres, mais elle a toujours préféré Daisy, et ses autres enfants ont des caractères durs et superficiels.

Le livre est bien, mais pas aussi bien que ce à quoi je m'attendais, ayant lu qu'il avait été un best-seller au même titre qu "Les oiseaux se cachent pour mourir".

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Thérèse Hayoz pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Edit: Voici la liste des livres de la série:
1: L'espace d'une vie
2: Accroche-toi à ton rêve
3: L'héritage d'Emma Harte
4: Le secret d'Emma Harte
5: Les héritières d'Emma Harte
6: La succession d'Emma Harte

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lundi, 13 mars 2006

Les fausses innocences, d'Armel Job.

Les fausses innocences L'ouvrage:
Comme chaque samedi soir, Roger Müller va dans un bar. Dans ce bar, Wanda l'attend. Roger est le client du samedi soir de Wanda. Il a ses habitudes, par exemple, mettre plusieurs fois d'affilée la chanson "Blueberry hill" de Fats Domino.
Il est bourgmestre. Il a trente-six ans, et vit avec sa mère. Il n'est pas marié. Wanda est persuadée que la mère de Roger est une femme castratrice, et qu'elle empêche son fils d'avoir une petite amie.

Ce samedi-là, il y a un orage. En rentrant chez lui, Roger remarque un homme seul sur la route. Il le reconnaît: c'est le médecin de son village, André Stembert. Les deux hommes ne s'aiment pas, mais Roger peut bien ramener André chez lui par cette tempête. Celui-ci a l'air gêné, il monte avec réticence dans la voiture de Roger... Il a des hématomes sur le visage... Il explique à Roger qu'il a eu un accident de voiture, et que c'est pour ça qu'il est à pied. Mais lorsque Roger veut le ramener chez lui, il refuse. Après une hésitation, il avoue qu'il était en train de s'en aller, lorsqu'il a eu son accident. André a rencontré une autre femme, il quitte Mathilda. Roger se met en colère, et ramène André chez lui, avec ordre d'y rester.

Le lendemain, Mathilda, très éprouvée, vient annoncer à Roger que son mari est mort.

Critique:
Le livre démarre assez lentement. Ensuite, on se doute tout de suite de ce qui est arrivé à André. ... Oui, on s'en doute, on ne cherche pas plus loin. Eh bien, on se trompe. Armel Job nous apporte la solution sur un plateau, et on s'empresse de la prendre, du moins, moi. Moi qui suis une habituée des romans à suspense, avec des crimes, je me suis bêtement laissée avoir.
Ensuite, lorsqu'à l'instar de Roger, on finit par changer de théorie, la suite est assez prévisible. Le suspense n'est donc pas la qualité première de ce roman, même si au début, on se laisse prendre.

Mais je ne pense pas qu'Armel Job ait voulu faire un roman au suspense haletant. Ici, l'histoire de meurtre n'est qu'un prétexte pour exhumer les sentiments et les vieilles histoires de la famille Müller, et de Mathilda. Petit à petit, Roger et Mathilda se confient. (En effet, le roman est à deux voix. Certains chapitres sont écrits du point de vue de Roger, et d'autres de celui de Mathilda.) Ils se confient, et on découvre des personnages blessés, s'efforçant tant bien que mal de vivre avec ce qui leur est arrivé.

Armel Job nous montre jusqu'où on peut aller par amour. Roger, sa mère, Wanda et Mathilda agissent par amour. Certains se sacrifient, se mutilent; certains ont des réactions extrêmes pour cacher une trop grande souffrance...
On découvre que tout n'est pas si simple. Roger n'est pas juste un garçon effacé, étouffé par sa mère, comme le croit Wanda, et comme est tenté de le croire le lecteur.

Bizarrement, la fin ne m'a pas déplu. Pourtant, on pourrait dire qu'elle n'est pas si bonne. Oui, mais elle est vraisemblable. En outre, je n'arrive pas à vraiment aimer le personnage de Mathilda. Je lui préfère celui de Wanda. Et entre tous, c'est vers celui de Roger que va ma préférence.

Ce livre est très bon, à mon avis. Il décrit des sentiments extrêmes, des actes difficilement acceptables, et pour ce faire, il plonge dans des esprits tourmentés qu'on ne peut pas s'empêcher de plaindre, voire d'admirer, pour certains.

Éditeur: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Thérèse Hayoz pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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