Reste avec moi

L'ouvrage:
Elizabeth a fêté ses dix-huit ans la veille au soir sur le bateau de son père. Ce matin-là, elle s'éveille pour voir que son corps est... dans l'eau, apparemment moyé. Pourtant, elle se déplace sur le bateau... Elle se rend vite comte qu'elle est réellement morte, et que si elle peut se déplacer, en esprit, personne me la voit ni ne l'entend.

Critique:
Ayant aimé «Maintenant qu'il est trop tard», j'ai souhaité lire «Reste avec moi». Il m'a plu. L'autrice montre qu'Elizabeth prend conscience de certaines choses: par exemple, de son vivant, c'était une peste. Cependant, ce n'est pas si simple. La jeune fille éveille donc des sentiments contradictoires chez le lecteur, car malgré son attitude générale, elle avait une conscience.
Marshal, le père d'Elizabeth, a éveillé le même type de sentiments chez moi. Il souffre d'avoir perdu sa fille, il a tenté (mollement, certes) de l'aider avant sa mort, mais ses actes passés envers Lisa sont détestables. Certes, Lisa avait sa part de responsabilité, mais les choses auraient pu tourner autrement si chacun y avait mis du sien.
On peut voir d'autres personnages ainsi: ils sont à la fois à plaindre et à blâmer. C'est intéressant, car cela rend le tout crédible.
Par contre, il est un personnage dont je me sus rapidement méfiée, et la suite m'a donné raison. Je suis assez contente d'avoir vite démasqué ce protagoniste, car à chaque fois qu'il en était question, je collectais les indices que j'accumulais comme des preuves de sa petitesse d'esprit, et au final, tout colle. Il y a juste une incohérence que l'autrice aurait facilement pu éviter. Vers la fin, quelqu'un finit par deviner quelque chose, et le balance à la tête de quelqu'un d'autre. La personne incriminée ne nie pas, et explique même ses raisons. Ensuite, elle est arrêtée. Certes, mais il n'y a aucune preuve de sa culpabilité. Jessica Warman aurait gommé l'incohérence en faisant en sorte, par exemple, que le personnage qui entend les aveux les enregistre sur son téléphone portable.

L'intrigue ne souffre pas de temps morts. Je me suis tout de suite mise à la place d'Elizabeth qui voit les choses se dérouler, et ne peut rien faire, ne peut plus parler à ceux qu'elle aime... J'ai également apprécié que la romancière soulève certaines questions quant à la portée des actes de chacun.%%Avec délicatesse, Jessica Warman aborde la question du pardon. Elle ne donne aucune leçon de morale, à l'inverse d'autres auteurs pénibles. Elle met plutôt l'accent sur le fait de se pardonner à soi-même. Elle en évoque la difficulté sans gros sabots. J'ai trouvé cela bien exposé.

Éditeur: Fleuve Noir.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Noémie Guérin pour l'association Valentin Haüy.

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