Lecteur : Guérin Cécile

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jeudi, 31 décembre 2015

Blitz, tome 2: All clear, de Connie Willis.

Blitz, tome 2: All clear

L'ouvrage:
Mike, Polly et Mérope se sont aperçus que quelque chose se détraquait dans le continuum temporel, puisque leurs fenêtres de saut ne s'ouvrent plus. Ils sont persuadés d'avoir influé sur le cours de l'histoire, et ne savent pas comment réparer. Ensemble, ils vont chercher comment retourner en 2060.

Critique:
Je ne sais pas pourquoi «Blitz» a été coupé en deux tomes. La réponse doit se trouver entre épaisseur du roman et histoire de gros sous. En tout cas, il faut lire «Blitz» comme si c'était un seul livre.

La quête des personnages peut paraître lente. Quant à moi, je ne me suis pas ennuyée. D'abord, Connie Willis continue de dépeindre avec beaucoup de détails, la vie à l'époque du blitz. Cela m'a beaucoup intéressée. J'ai trouvé que les personnages étaient un peu plus épais que dans le tome 1... En outre, je m'imaginais à leur place.
Polly m'a un peu agacée, car on a l'impression qu'elle croit tout savoir, qu'elle veut tout maîtriser, et pense à en être la seule capable. Elle est toujours réticente à partager ses opinions avec les autres quant à leur situation, sous prétexte que cela leur fera mal. J'ai l'impression qu'elle voit Mérope comme une petite gourde. Michael est un peu comme ça, mais moins... Quant à Mérope, elle peut paraître un peu perdue et facilement déstabilisée, vite apeurée, mais on le serait à moins.
On finit par apprécier les terribles Hodbin. C'est voulu...

Il y a quand même des choses que j'ai trouvées lentes. Par exemple, les passages avec Ernest. Ils ont une raison d'être, tant historique qu'au niveau de l'intrigue, mais je les ai trouvés trop nombreux et trop lents.
L'auteur délaye aussi les choses lorsque Dunworthy se rend compte de ce qui arrive, et tente d'aller chercher ses historiens. On attend plusieurs chapitres avant de voir ce qu'il devient... Pareil lorsque Colin se rend au musée de la guerre... C'est fait exprès pour faire durer le suspense, mais c'est un peu artificiel. Au long du roman, il y a d'autres choses de ce genre. C'est un peu agaçant. En outre, certaines sont peu crédibles... Par exemple, la manière dont Daphné et Sir Godfrey retardent le moment de livrer des informations cruciales. Ils ne le font pas exprès, mais ils voient bien (surtout Godfrey) que c'est urgent... La manière dont l'auteur s'y prend pour retarder le moment où on relie Mary au reste est également assez grosse...

Petit à petit, la théorie qu'échafaudent nos personnages glisse, et on se retrouve avec une théorie contraire. Les deux cohabitent pendant un instant, puis l'une l'emporte. Personnellement, je préfère celle qu'a choisie Connie Willis. Je me souviens avoir pesté après certains (comme Stephen King) qui arrivaient à une conclusion que je trouve frileuse. Elle est peut-être plus «confortable» pour les esprits rationnels, mais elle enferme trop les choses, je trouve. Dans un livre de science-fiction ou de fantastique, pourquoi ne pas s'autoriser à penser à une autre réalité? C'est justement parce qu'elle n'existera jamais, et que nous le savons, qu'elle peut être admise dans un roman de cet acabit.

En cherchant l'orthographe de noms sur le net, je suis tombée sur une chronique négative du tome 1 suivie de commentaires. La plupart étaient dépréciateurs. Du coup, j'ai comparé ces ressentis avec le mien. Je n'ai pas lu beaucoup d'autres romans de ce genre. Ces personnes semblaient en avoir lu davantage que moi. Cependant, «Blitz» était comparé à un roman de Priest, au détriment de «Blitz». Je n'ai pas lu ce roman, mais je me souviens m'être ennuyée, et n'avoir pas fini «Le monde inverti», de Priest. Certains ont également comparé avec Philip K Dick. J'ai lu peu d'ouvrages de cet auteur, mais effectivement, les deux styles sont totalement différents, Philip K Dick étant bien plus concis que Connie Willis, son style étant plus direct. On peut d'ailleurs (contrairement à ce que pensent certains) apprécier les deux, ce qui est mon cas. Ensuite, il était dit que les dialogues de «Blitz» étaient très mauvais. Je les ai trouvés vivants... Parfois, ils contribuent à la lenteur du roman, c'est vrai. Il était également dit que les personnages étaient peu épais. Je les ai trouvés assez crédibles, mais en effet, ils auraient peut-être mérité d'être davantage creusés. Il semble que Connie Willis se soit davantage attardée sur la description de la vie à l'époque, et sur celle de ce qui se passe avec le continuum temporel. Beaucoup de commentateurs ont dit que ça ne démarrait jamais. Je les ai trouvés durs... Un commentateur a dit qu'il suffisait que les historiens aient un portable, et puissent l'utiliser pour que le tour soit joué. Je n'y avais pas pensé, parce qu'il me semble qu'il est admis qu'on ne peut pas apporter des objets dans une période où ils n'ont pas encore été inventés. Cependant, l'auteur aurait peut-être pu le dire... Stephen King le fait dans «22/11/63». Il était également dit qu'il valait mieux lire «Sans parler du chien». Je ne demande pas mieux, mais je souhaiterais lire «Le grand livre» avant, et il a été enregistré par une lectrice dont je n'apprécie pas le jeu. Espérons qu'une association le fera enregistrer... par une personne et non à la voix de synthèse.

Afficher Je dévoile une partie de la fin.Masquer Je dévoile une partie de la fin.

Je suis apparemment passée à côté d'un élément. À la fin, Polly comprend quelque chose à propos de Colin, et se dit que c'est pour ça qu'il savait que Mérope ne rentrait pas, et que c'était pour ça que Mérope l'avait appelé «mon cher enfant». Colin sait que Mérope ne rentre pas parce qu'il a rencontré Binnie en 1995, et que celle-ci leur a dit où les trouver en 1941. Et elle leur a également dit que Mérope ne rentrerait pas. Il semble que Polly ait compris autre chose. Qu'a-t-elle compris?

Éditeur: Bragelonne.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cécile Guérin pour l'association Valentin Haüy.
Là encore, j'ai apprécié la lecture de Cécile Guérin. Je ne sais pas si elle a eu des remarques, mais à un moment, elle prononce Djonatane pour Jonathan, alors que dans le tome 1, elle disait Jonathan. Puis, elle ne doit pas être à l'aise, car elle dit Djonathan, puis Jonathan.
De plus, lorsque les personnages jouent «La belle au bois dormant», elle indique les citations (les paroles de la pièce) en disant «entre guillemets». J'ai déjà expliqué pourquoi, à mon avis, il était dommage de faire ainsi. Cependant, là encore, je me demande si la lectrice n'aurait pas eu des remarques, des demandes pour qu'elle le fasse, car elle ne le fait qu'à ce moment-là, alors qu'il y a beaucoup d'autres passages avec des citations, notamment lorsque sir Godfrey parle.

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lundi, 28 décembre 2015

Blitz, tome 1: Black out, de Connie Willis.

Blitz, tome 1: Black out

L'ouvrage:
2060.
Les historiens étudient les grands événements sur place. Ainsi, Polly se prépare à partir pour Londres en 1940. Quant à Mérope, elle est dans un manoir à la campagne, étudiant les conditions de vie et les réactions des enfants évacués. Michael, lui, a plusieurs missions à effectuer: son projet étant l'étude de cas où des personnes passe-partout ont accompli des actes héroïques pendant la seconde guerre mondiale. Tout irait bien si, au collège de Balliol, des choses étranges ne se produisaient pas. Par exemple, on a reprogrammé l'ordre dans lequel Michael effectuera ses missions, on demande aux historiens de préciser systématiquement avec combien de temps de décalage par rapport à la date et l'horaire prévus ils arrivent...

Critique:
Cette série fait apparemment partie d'un cycle. Elle est précédée d'une autre série en deux tomes. Si j'ai bien compris en lisant «Blackout», il est bien de commencer par la première série, mais elles peuvent se lire indépendamment. On comprend sûrement mieux certains clins d'oeil quand on les a lues dans l'ordre, mais ce n'est pas très grave. Je souhaitais les lire dans l'ordre. La première série existe bien en audio anglais, mais je n'aime pas la lectrice du tome 1.

J'ai beaucoup apprécié ce tome 1. D'abord, l'auteur met ses protagonistes dans une ambiance particulière. C'est bien sûr son but. Pour moi, elle y réussit très bien. Ensuite, chacun est à un point différent, chacun donne la priorité à un aspect de la guerre, ce qui fait que l'auteur en évoque plusieurs facettes. Elle s'attarde sur le comportement des gens de plusieurs couches de la société. Tout cela est très intéressant. Il semble que la romancière se soit beaucoup documentée. Cela donne l'impression d'y être.

Par ailleurs, ce sont des historiens. Ils doivent sans cesse être prudents afin de ne pas alterner le cours de l'histoire. (Ils ont apparemment essayé, dans l'autre série, et se sont aperçus qu'il ne le pouvaient pas, car cela causaient d'autres réactions qui pouvaient engendrer des dégâts.) À ce sujet, il y a peut-être une petite incohérence. Mérope, par exemple, est engagée comme domestique dans un manoir où elle peut étudier les enfants évacués. Jusqu'à quel point ne change-t-elle pas le cours de l'histoire? Elle prend la place de quelqu'un qui, de ce fait, fera peut-être autre chose, qui conduira à d'autres réactions, etc. Connie Willis se protège en partie en expliquant que si ce que veut faire l'historien va modifier le cours de l'histoire, il est empêché de se rendre à la période à laquelle il désire aller. Soit...

Avant de partir, les historiens ont une préparation. Ils peuvent même se faire implanter certaines données. J'ai trouvé cela très pratique, mais souvent, comme ils ont une mission pointue, ils se concentre sur un endroit et une période, et ignorent des choses qui devraient faire partie de leur culture. Je suppose que c'est ce qui arrive quand on se spécialise... Seulement, ici, c'est un peu gros: on dirait que les historiens ne savent vraiment rien en dehors de la période étudiée.

À un moment, j'ai cru me perdre un peu, car il y a certains personnages que je ne relie pas à l'intrigue principale. Finalement, ce n'est pas grave: je me laisse porter par l'histoire.

À la fin de ce tome 1, on assiste à une espèce de jeu de pistes que certains trouveront peut-être un peu lent. Quant à moi, il ne m'a pas déplu. Je me mettais à la place des personnages, et j'imaginais leur désarroi au milieu de ces temps chaotiques.

Éditeur: Bragelonne.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cécile Guérin pour l'association Valentin Haüy.
C'est le premier livre enregistré par cette lectrice que j'écoute. J'ai beaucoup apprécié sa voix. Pour moi, elle a toujours trouvé le ton approprié. En outre, je tiens à la remercier de n'avoir pas tenté de prononcer certains mots à l'anglophone. Par exemple, je pense qu'un autre lecteur aurait tenté de mettre un accent pour dire «Dunworthy». Elle n'a pas essayé, et le prononce Doeunworty. Certains diront peut-être qu'elle l'a peut-être trop francisé. Pour ma part, je trouve que ce n'est pas affecté, alors qu'une prononciation plus ou moins voire carrément à l'anglophone m'aurait agacée.
Pour sa mission, Mérope s'appelle Eileen. Parfois (au début), la lectrice accroche, et dit Ellen. Cela ne m'a pas vraiment gênée parce que cela ne dure pas, et que je pardonne beaucoup de choses à ceux qui ne tentent pas de prendre un accent pour les mots et noms propres étrangers.

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