Les femmes aux cheveux courts

L'ouvrage:
Thomas aime les femmes aux cheveux courts. Il souhaite d'ailleurs épouser une femme ayant les cheveux courts. Il a vingt-sept ans, et se donne trois ans pour trouver l'âme soeur.

Critique:
Ce livre regorge de choses qui devraient me faire pester. Par exemple, ce pauvre Thomas est (selon son meilleur ami) intolérant et sectaire. En effet, son avis tranché sur les femmes selon la taille de leurs cheveux semble celui d'une personne bornée. D'autre part, Thomas ne souhaite pas seulement épouser une femme aux cheveux courts, mais il faut qu'elle soit brune à la peau mate, et qu'elle ne mâche jamais de chewing-gum. À un moment, je me suis demandé s'il allait nous donner son groupe sanguin...
De plus, la certitude qu'a la mère de notre héros (à savoir que chaque jour qu'elle vit est le dernier), est assez ridicule.
Enfin, il y a l'espèce de coup de foudre.
Autant de choses qui devraient me faire bondir.

je n'ai pourtant pas hurlé au mauvais roman. Je pense qu'il faut avant tout lire ce livre comme une jolie histoire, pleine de bonne humeur: un jeune homme heureux de vivre, dynamique, cherchant son âme soeur dans une ambiance légère. Même lorsqu'il raconte des choses tristes, c'est avec bonne humeur.
D'autre part, la théorie de Thomas comme quoi les femmes ayant les cheveux courts ne se laissent pas dicter leur conduite, et n'ont pas besoin des artifices conventionnels de la féminité pour être bien dans leur peau me plaît beaucoup. Bien sûr, Thomas paraît un peu bizarre, à vouloir une femme comme ci et comme ça, mais on peut voir cette histoire comme un conte de fées moderne. Et puis, si on réfléchit bien, beaucoup de gens de notre société sont vampirisés par l'apparence. Ils ne le montrent pas aussi simplement et franchement que Thomas, voilà tout.
Quant au coup de foudre, il est quelque peu préparé, au long du roman.
Reste la crainte de la mère qui, même si elle passe à peu près, est ridicule et morbide.

À un moment, Thomas suit une jeune fille pendant une journée, puis se décide à l'aborder pour lui dire qu'il la trouve très belle. Au long de la conversation, il lui dit qu'il l'a suivie, et lui raconte ce qu'elle a fait. J'ai été étonnée par la réaction mi-amusée mi-flattée de la fille. À sa place, j'aurais cru être abordée par un pervers. Je suppose que cette réaction contribue à faire de ce livre un moment de détente avant tout. Parfois, un livre léger, frais, où les personnages sont sympathiques, c'est agréable.

Je me suis un peu moquée de Thomas qui, en plus d'avoir un idéal féminin, va jusqu'à aller voir une voyante. Si certains côté du héros pourraient être agaçants, ils sont contrebalancés par son ami, André. C'est le personnage le plus drôle du roman, et il n'hésite pas à dire à Thomas qu'il est à côté de la plaque. Il dit exactement ce que le lecteur dirait. Cela fait que le héros est confronté à la critique qui serait celle du lecteur, et peut y répondre. J'ai aimé cette façon de faire.

La fin est à l'image du roman.J'imaginais autre chose, mais cette conclusion n'a pas été pour me déplaire.

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christine Grobéty pour la Bibliothèque Sonore Romande.
La lectrice a une voix sympathique. Elle adopte le ton adéquat: un peu de bonne humeur, mais pas trop. Aucune monotonie, mais pas de surjeu.

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