La main froide L'auteur:
Voir le billet sur Serge Brussolo.

L'ouvrage:
Dan Norris est imitateur. Il imite si bien (on dit qu'il a des cordes vocales en caoutchouc), que cela lui attire des ennuis. Le sénateur William Hucks en prend ombrage. Ses hommes de main menacent Dan de lui couper la langue s'il ne se tient pas tranquille. Dan obtempère. Que peut-il faire d'autre?
Dorana, quant à elle, est mariée avec le banquier Adam Smart, un homme qu'elle n'aime pas. Elle éprouve également une haine mêlée de frayeur pour Dust, le chien d'Adam. Dust est un ancien chien policier, réformé à cause de sa violence, de son goût du sang. C'est une espèce de monstre, terriblement méchant, prêt à tuer quiconque attenterait à la vie de son maître. Accessoirement, il aime bien mordre les enfants.

Un jour, Dorana met un plan fou sur pieds: cambrioler la Trade Limited Bank of California, la banque où travaille Adam. Adam fait partie de ceux qui ont accès à la chambre forte. Mais le système de protection est assez musclé. Pour ouvrir la chambre, la personne doit parler (afin que la machine reconnaisse sa voix), et poser sa main sur un reconnaisseur d'empreintes. Pour la voix, Dorana va solliciter Dan, l'un des meilleurs imitateurs, d'autant qu'elle sait que ses affaires ne vont pas très fort, à cause de ses provocations vocales. Pour la main, un expert (un ancien médecin) va fabriquer une main en caoutchouc, une main qui sera la copie conforme de celle d'Adam... Seulement, Branighan finira par avouer à Dan, atterré, que cette main ne suffira pas... il faudra couper la main du banquier.

Critique:
Ce livre est le premier Brussolo que j'ai lu. Je trouve que c'est l'un des meilleurs, mais peut-être mon objectivité est-elle à mettre quelque peu en doute, car c'est le premier vrai thriller que j'ai lu.

La tension arrive de tous les côtés, et pas seulement du cambriolage en lui-même. Certains personnages (Dan et Branighan) doivent s'accommoder du caractère pas toujours facile des autres: Monk a le quotient émotionnel d'un gamin de douze ans, et Dorana est dure à supporter.
Dust est fascinant. Il peut se transformer en machine à tuer pour sauver son maître, et à cause de lui, la tension est accentuée à certains moments, notamment lorsqu'il tente de suivre une partie de son maître emportée par des inconnus, et que cette partie lui parle par la bouche de l'un de ces inconnus, avec la voix d'Adam. C'est un moment assez marquant du récit, mais ce n'est pas le seul. Les autres sont principalement les moments où le plan est mis en oeuvre, et où la tension est à son comble, à cause de certaines découvertes des cambrioleurs.

Comme dans pas mal de romans de Brussolo, les personnages vont de rebondissements en rebondissements. Ils ont un but, et lorsqu'ils l'atteignent, quelque chose fait qu'ils doivent passer par d'autres épreuves pour l'atteindre vraiment. Dans certains thrillers, les rebondissements ne sont pas crédibles. L'auteur en fait trop, il veut surprendre, et en rajoute trop dans le spectaculaire, ce qui rend le roman fade. Ici, ce n'est absolument pas le cas. Les rebondissements sont très bien choisis, et provoquent un regain d'intérêt chez le lecteur.
En outre, la fin est vraiment inattendue. Elle peut sembler invraisemblable, pourtant, toutes les pièces s'imbriquent très bien, et le lecteur comprend les motivations de l'un des personnages, même si elles peuvent paraître folles.

En général, les personnages principaux de Brussolo sont un peu mollassons. Dan l'est moins que Marie ("La route obscure") ou que David ("Le chien de minuit") qui se laissent porter par les événements et les gens qui sont avec eux. Par contre, comme beaucoup de personnages principaux de Brussolo, Dan est sympathique au lecteur, car il est sensible, gentil (malgré le fait qu'il s'embarque dans l'escroquerie), attachant.

Accessoirement, on apprend que pour brouiller l'odorat d'un chien, il faut s'asperger d'anis. Si quelqu'un essaie, j'aimerais savoir si ça marche vraiment, ou si c'est une invention de Brussolo.

Éditeur: le Masque.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Claude Goy pour la Bibliothèque Braille Romande.

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