Le voyage d'Anna L'auteur:
Je connais surtout Henri Gougaud pour ses talents de conteur. Quand j'étais petite, j'ai lu des légendes grecques, africaines, celtes, asiatiques, etc, contées par lui. Elles étaient dites écrites par lui, mais je pense qu'il a surtout repris ces légendes, les a remises en forme, et les a rassemblées.
Il a également écrit des romans comme "Les sept plumes de l'aigle", que je n'ai pas trop aimé.

L'ouvrage:
Anna est servante dans une famille de protestants. L'histoire commence en pleines guerres de religions. La ville où travaille Anna est envahie, et les protestants sont massacrés. Son maître est tué, et la femme de ce dernier s'est échappée. Derrière elle, elle laisse son nourrisson, Jean. Anna le trouve, et essaie de retrouver sa mère. Celle-ci est cachée chez son frère, mais ce dernier chasse Anna, affirmant que la mère de Jean n'est pas là. Pourtant, en partant, Anna voit la jeune femme à sa fenêtre.
Bien. Personne ne veut de cet enfant? Cet enfant, issu d'une famille protestante, est un danger pour tout le monde? Eh bien, Anna, elle, ne va pas le laisser seul au monde. Elle partira, elle trouvera où aller avec "son" enfant.

En effet, elle trouve. Elle se rend chez son frère aîné, Mathias, où elle raconte que cet enfant est le sien. Elle est mariée, mais son mari est loin, et elle doit trouver asile avec son enfant.
Elle finit par avouer la vérité à son frère, et celui-ci arrange un mariage entre Anna et un mourant. Ainsi, on pourra dire que son mari est mort, et la situation d'Anna sera régularisée...

Critique:
Comme c'est un livre d'Henri Gougaud, et que je l'ai entendu lu par lui (pour les éditions Livraphone, j'ai tendance à le voir comme un joli conte, un rêve. C'est vrai qu'il fait rêver. Anna (ainsi que son amie, Misa), traverse des épreuves, elle connaît de véritables drames, mais c'est quand même l'amour qui l'emporte. Les réactions d'Anna sont un peu enfantines, et font parfois sourire, mais sa force de caractère, son amour de la vie nous la rendent sympathique.
Quant à Misa, elle fait des choses terribles. Détruite par l'enlèvement de son fils, elle ne peut trouver l'apaisement que dans la vengeance. Le lecteur n'arrive pas à l'en blâmer.
Le personnage de Simon est également intéressant. C'est un sage. Il me fait penser à l'image que je me fais de Gougaud, d'ailleurs.

C'est un livre où les atrocités le disputent à toute la beauté de la vie. Cela reflète bien la vraie vie, d'ailleurs, avec ses joies et ses peines.
L'histoire d'amour est peut-être un peu incroyable, mais elle est si belle et intense, et elle va si bien avec l'ensemble du livre, qu'on ne peut s'empêcher d'y croire.

Acheter « Le voyage d'Anna » sur Amazon