Maman, pourquoi tu manges pas ?

L'ouvrage:
Marie pèse 39 kilos. Après maintes exhortations à manger émanant de sa famille, de son médecin, il faut l'hospitaliser, car sa santé est en danger. Elle n'aura pas le droit de revoir sa famille tant qu'elle n'aura pas repris quelques kilos.
La mort dans l'âme, elle se résout à grossir pour pouvoir revoir les siens.

Critique:
Ce livre est à lire. D'abord, on s'instruit. Je savais certaines choses sur l'anorexie, sur la façon de réagir des malades, mais Marie Dupont m'en a appris d'autres. La narratrice commence par agir comme il est logique qu'elle réagisse: elle se sent flouée, et la seule raison pour laquelle elle tente de manger est qu'elle veut revoir son mari et ses enfants. Elle commence donc par agir pour de mauvaises raisons.
Puis, elle réfléchit, elle se penche sur son passé, décortique les raisons qui créèrent ce mal être en elle. Elle se rappelle son enfance, les incompréhensions entre ses parents et elle, le souci permanent que se faisaient les parents pour leur autre fille... Elle ne dénigre pas ses parents, elle ne met pas tout sur leur dos. Elle fait état des difficultés que chacun eut à se comprendre. Elle explique ensuite comment elle a réagi à ce mal être. Certains dépriment, ont des maux inexpliqués, elle n'a plus pu manger...
Marie a donc une démarche positive. Au lieu de se refermer sur elle-même, et de maudire ceux qui l'empêchent de voir sa famille, elle tente de jouer le jeu en mangeant, et elle fait tout pour comprendre son mal, afin de mieux le combattre.

En outre, si Marie a pu se laisser entraîner dans cette spirale, elle n'a pas perdu de vue que c'est une destruction. En effet, elle raconte un épisode où le lecteur peut constater sa lucidité: la fois où sa fille refuse de se nourrir.

Je dois avouer que je n'ai pas pu m'empêcher de saliver en lisant que Marie avait un croissant tous les matins. J'ai honte, car je sais que c'est une tentative pour redonner à Marie le goût (si j'ose dire) de manger. En outre, choisir ses menus en fonction de ses goûts (ou du moins, ceux qu'elle avait avant), lui renvoie immanquablement son mal en pleine figure lorsqu'elle n'arrive même pas à toucher à ses plats, ou qu'elle en mange peu.

On assiste donc à l'évolution d'une femme qui, malgré son abattement, se révèle forte. La narratrice fait preuve de courage et de force de caractère. Cette volonté est une note d'espoir pour ceux qui doutent. Je vous conseille ce livre qui vous laissera un sentiment positif.

Éditeur: Philippe Rey.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Françoise Gillet pour la Ligue Braille.

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