Happy Birthday Grand-mère L'ouvrage:
Le jour de ses quatre-vingts ans, Eléonore décide de tuer sa fille, Elisabeth. Cela fait deux ans qu'Eléonore est hémiplégique. Elisabeth et son mari, Michel, sont venus s'installer chez elle, sous prétexte de s'occuper d'elle. Eléonore a bien une dame de compagnie, la fidèle Léonie, mais elle se fait vieille, et ne peut pas assumer entièrement les soins à apporter à sa maîtresse.
Elisabeth a cinquante ans. Elle a raté sa vie, et attend avec impatience la mort de sa mère, pour pouvoir hériter, et prendre sa revanche sur la vie. Excédée par cette mère qui s'obstine à vivre, elle ne perd pas une occasion de la maltraiter par des mesquineries.

Critique:
Ce livre est à lire, à mon avis. Dans les commentaires de "Qui a tué Héloïse van Hool?", une lectrice m'a fait remarquer que le roman décrivait très bien les rapports humains. Personnellement, je n'en suis pas convaincue quant à ce livre; par contre, je pense que "Happy birthday grand-mère" analyse très bien les rapports humains, à partir de certaines situations, bien sûr. A lire mon résumé, on imagine la méchante Elisabeth, maltraitant la pauvre Eléonore, poussant peu à peu celle-ci au meurtre. Effectivement, il y a de cela. Mais ce n'est pas si simple. Eléonore a été, tout au long de sa vie, une personne détestable. Elle était pianiste, et était habituée à ce que tout le monde soit à ses pieds. Elle a collectionné les maris et les amants, et a tout fait pour que Léonie n'ait pas d'amoureux, pour ne pas qu'elle se marie et la quitte. Elle a eu deux enfants, et a ostensiblement marqué sa préférence pour Bryan. Elisabeth a toujours été quantité négligeable pour elle. Le lecteur comprend pourquoi celle-ci a l'impression d'avoir une vie ratée, est devenue aigrie, se réfugie dans la nourriture et l'alcool, se venge sur sa mère de toute une vie passée à être ignorée, et n'attende que l'héritage pour essayer d'être heureuse. Je pense qu'à sa place, si j'avais à ma merci l'un de mes parents qui aurait passé sa vie à me rejeter, à avoir honte de moi, et à me prendre de haut, je ne pourrais pas m'empêcher de prendre ma revanche. C'est humain.
Les deux femmes sont toutes deux méprisables. Si j'ai compati lorsqu'Eléonore explique le sadisme de sa fille envers elle, j'ai également eu pitié de la petite fille rejetée par sa mère.
Le côté positif, c'est que quelle qu'eût été la fin, je n'aurais pas vraiment été déçue, étant donné que les deux personnages principaux me faisaient pitié et me dégoûtaient à la fois.

Eléonore s'adoucit un peu. A cause de sa paralysie, elle dépend des autres, et elle perd un peu de sa superbe. Malgré cela, elle a une langue acérée. Certaines choses qu'elle dit sont des méchancetés gratuites. Par exemple, elle se moque abondamment, et avec force détails des ébats amoureux d'Elisabeth et Michel, et de leur apparence. En effet, ils ont cinquante ans, donc commencent à avoir du ventre, et ne sont plus de la première fraîcheur. C'est normal. Eléonore s'appesantit sur des détails peu ragoûtants, sans beaucoup insister sur elle-même. Elle parle parfois de son corps et de sa peau fatigués, mais beaucoup moins. Cela a accentué mon exaspération à son égard.

Le lecteur se doute de certaines choses. On voit assez vite que Bryan n'est pas très net, par exemple. On sait aussi qui finira par hériter d'Eléonore.

Donc, même si Eléonore, Elisabeth, et Bryan ne nous sont pas sympathiques, je pense que ce livre fait réfléchir sur la complexité des rapports humains. Il sonne juste.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Claudine Garnavault, j'ignore pour quel éditeur.

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