Lecteur : Frison Sophie

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lundi, 30 mars 2020

Ce qui ne tue pas, de Rachel Abbott.

Ce qui ne tue pas

L'ouvrage:
Ce soir-là, après un appel à l'aide, la police doit intervenir chez Marc North. Dans la chambre principale, deux corps sont découverts. L'un est le cadavre d'un homme. L'autre, une femme, est en pleine crise de nerfs. Elle avoue tout de suite qu'elle a tué l'être qui est à ses côtés.

Critique:
Presque dès le début du roman, je me suis demandé comment l'autrice ferait pour que le lecteur ne s'ennuie pas. En effet, la femme avoue tout de suite son meurtre. Heureusement, Rachel Abbott ne se moque pas de son lecteur. Son intrigue ne traîne pas, et elle maîtrise ses rebondissements. Bien sûr, quelqu'un comme moi trouvera qu'il y a un peu trop de retournements de situation, mais à y bien réfléchir, la romancière ne pouvait pas faire autrement, son but étant de surprendre son lecteur, et les coups de théâtre étant réalistes. Je dois dire que je me serais passée du tout dernier rebondissement, car j'aurais voulu que l'un des personnages souffre davantage. Certes, l'autre personnage (celui qui va encore souffrir) mérite ce qui lui arrive, mais je me dis que ce personnage a déjà beaucoup souffert (peut-être pas assez, diront certains), et que l'autre pas assez. Bien sûr, ce n'est que mon avis, et il est évident que l'autrice veut que son lecteur réfléchisse là-dessus. Qui des deux personnages est le plus à blâmer? Peut-être sont-ce les deux. J'imagine que la plupart des lecteurs me trouveraient sévère envers l'un des deux, mais ce personnage m'a déplu dès le départ.

Les autres rebondissements m'ont paru pertinents. Chacun pousse le lecteur à penser à tel ou tel personnage en tenant compte d'un nouveau paramètre. Je suis contente que Rachel Abbott m'ait dupée concernant l'un des personnages. Celui-là, je l'avais très vite catalogué, et pourtant... En général, un livre ayant trop de retournements de situations m'agace, car l'auteur surenchérit dans le grandiloquent. Ici, j'ai trouvé que l'écrivain maîtrisait très bien le tout. Cela fait qu'elle décrit très bien la psychologie de chacun de ses personnages. De plus, deux protagonistes font vraiment froid dans le dos, parce qu'ils sont répugnants, mais éveillent également la compassion... On me dira que d'autres ont fait cela. Certes, mais Rachel Abbott l'a très bien fait, à mon avis.

Au long de l'histoire, on voit les policiers chargés de l'enquête. Ils suivent le procès, et en parallèle, on apprend ce qui arrive dans leur vie. Ces passages m'ont moins plu, parce que la vie de Stéphanie (la policière) m'intéressait bien moins que celles des personnages de l'intrigue principale. On retrouve souvent ce genre de choses dans les romans de ce genre, et je les trouve très bien, parce qu'il est normal qu'on ne voie pas les policiers ne faire qu'enquêter. Ici, c'est la première fois que cela m'a agacée, parce que pour moi, Stéphanie ne fait pas partie des personnages principaux. Son histoire m'a quand même plu, avec le recul, mais la romancière a mis tellement de suspense dans l'intrigue principale qu'au long de ma lecture, je ne voulais pas dévier de cette intrigue

Après que mon mari a lu «La disparue de Noël», il me l'a raconté, ce qui m'a donné envie de le fuir (le livre, pas mon mari ;-) ). Lorsque j'ai eu l'occasion de lire «Ce qui ne tue pas», j'ai eu peur d'avoir affaire à quelque chose qui me déplairait à cause de ce qui arrive dans «La disparue de Noël». Je suis contente d'avoir donné sa chance à ce roman que j'ai beaucoup aimé, même si j'ai un peu moins apprécié la toute fin. À un moment, j'ai souri, parce que j'ai pensé que «Ce qui ne tue pas» avait été écrit par une Jodi Picoult en creux: il y a beaucoup de coups de théâtre, dont un final censé tout changer, comme chez Jodi Picoult. Mais en général, chez Picoult, les personnages sont presque tous «gentils». Chez Rachel Abbott, ce n'est pas le cas.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sophie Frison pour les éditions Lizzie.

J'avais apprécié la lecture de cette comédienne dans «Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie». Ici, elle n'a pas démérité. Elle joue très bien les sentiments des personnages, notamment la colère et le désespoir. Je trouve un peu dommage que parfois, pour les hommes, elle modifie un peu trop sa voix, car pour moi, cela n'est pas naturel, mais elle ne le fait pas pour chaque réplique masculine.

Pour information, la structure du livre est respectée.

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lundi, 21 mai 2018

Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie, de Virginie Grimaldi.

Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie

L'ouvrage:
Un soir, Ben annonce à Pauline qu'il ne l'aime plus, qu'il veut la quitter. La jeune femme, espérant que c'est provisoire, va s'installer chez ses parents avec son fils (Jules). Elle décide de rappeler à Ben leur bonheur passé en lui écrivant les bons souvenirs qu'elle a de leur union.

Critique:
Lorsque j'ai vu que ce titre sortait en audio, j'ai d'abord voulu passer mon chemin parce que je n'aime pas ces livres qu'on qualifie de «livres qui font du bien», et dont certains (à mon avis) ne sont pas crédibles. Heureusement pour moi, j'ai lu des chroniques qui disaient que ce roman était plus grave, plus réaliste. Je l'ai donc essayé. Bien m'en a pris: je l'ai beaucoup aimé. Il raconte la vie. La famille de Pauline est très réaliste. On s'aime, et c'est justement ce qui fait qu'on ne peut pas s'empêcher de ressentir la moindre défaillance de l'autre comme une trahison. Par exemple, Pauline reproche à sa soeur (Emma) d'être très froide envers elle. De plus, celle-ci a une petite vie bien rangée, de laquelle rien ne semble déborder. Au départ, je trouvais ce personnage coincé. Et puis, Emma explique les raisons de sa façon d'être. Je les ai comprises.

Comme dans la vie, chacun ramène les choses à soi (pas par égoïsme, mais parce qu'instinctivement, on pense à soi, à se préserver), chacun voit les événements à travers son vécu, ses expériences, et réagit par rapport à cela. Hé oui, mais en face, il y a quelqu'un qui a un vécu différent, un caractère différent, qui interprète et conçoit les choses autrement. Voilà pourquoi la communication n'est pas toujours aisée. De plus, par souci de l'autre, on fait des erreurs, parfois assez grosses.

L'auteur montre différentes manières d'appréhender les épreuves de la vie. Pauline étant la narratrice, j'ai commencé par prendre son parti. À mesure que le livre avançait, j'ai appris ce que certains lui reprochaient, ce qui a nuancé ma perception. Cela n'a pas fait que je l'ai moins appréciée, cela a seulement montré que, comme nous tous, elle est faillible. Comment aurais-je réagi à sa place? Je ne peux pas le savoir, mais ce qui est certain, c'est que le ressenti que transmet Virginie Grimaldi quant à la douleur qu'on éprouve après un coup dur est réaliste. Que ce soit à travers Pauline ou d'autres personnages, même si on n'a pas vécu ces situations, on retrouvera forcément des échos de ce qu'on a pu ressentir à un moment ou à un autre à cause de circonstances similaires.

Grave, tendre, drôle (beaucoup de répliques et de situations cocasses jalonnent ce roman), Virginie Grimaldi décortique les mécanismes de cette famille, expose ses secrets et ses souffrances (des thèmes délicats sont abordés), ses malentendus et ses non-dits... mais surtout le profond amour qui unit ses membres cabossés.

J'aime bien le docteur Pasquier, surtout à cause de quelque chose qu'il dit, et que chacun de nous peut garder en tête: ce n'est pas parce que ça ne se termine pas comme on le souhaiterait que ça se termine mal. En outre, il exhorte Pauline à prendre tous les bons côtés de la vie.

Je n'aime pas le titre de ce roman. D'abord, je l'ai trouvé niais, et c'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai failli m'en écarter. Il est expliqué vers la fin. Si j'ai compris la métaphore, elle ne m'a pas parlé parce que... j'adore la pluie. Il faudrait peut-être que je transforme ce titre en: «Le parfum du bonheur est plus fort quand il fait 30°». ;-) Je sais que l'auteur a pensé utiliser une image qui parlerait à tout le monde, mais pour moi, la pluie n'est pas du tout synonyme de larmes. C'est probablement parce que je ne vois pas: dans ma tête, lorsqu'il pleut, c'est plutôt un signe de gaieté, parce qu'il ne fait pas trop chaud, ou s'il fait trop chaud pour moi, la pluie rafraîchit l'atmosphère.

Remarque annexe:
Le roman se passe à Arcachon, Bordeaux, etc. Je sais gré à Virginie Grimaldi de ne pas entrer dans le moule de la conformité, et d'employer le terme «chocolatine». Même si ce mot n'est utilisé que par une minorité de gens, je pense qu'il est plus proche de la réalité que «pain au chocolat». Le pain au chocolat, c'est du pain avec des pépites (ou une barre) de chocolat. De plus, historiquement, le terme «chocolatine» est tout à fait légitime. Ce n'est pas parce que la majorité pense le contraire qu'elle a raison. ;-)

J'ai conscience de n'avoir pas donné assez d'exemples montrant les qualités de ce roman, et j'ai donc peur de ne pas lui avoir rendu justice. Cela tient à ce que je pense qu'il fallait que je vous en dise le moins possible tout en vous donnant envie.

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sophie Frison.

Je ne connaissais pas du tout Sophie Frison. Avant de me risquer à lire cet ouvrage, j'ai réussi à écouter sa voix. Le fait qu'elle soit agréable ne voulait pas dire que l'interprétation du roman le serait, mais c'était déjà un bon point.
À mon avis, la lectrice s'en est très bien tirée. Elle n'avait pas la partie facile. Par exemple, elle devait modifier un peu sa voix pour les rôles masculins, ce qu'elle a fait sans affectation.
Elle a toujours dit les répliques inattendues avec beaucoup de naturel.
J'ai adoré son jeu lorsque Pauline met Jules au monde!
J'ai été déçue qu'elle prononce Milane pour Milan, d'autant que les trois enfants d'Emma et Jérôme ont des prénoms de ville, ce que souligne la narratrice. Il aurait donc été plus logique de dire Milan.

Dans ce roman, on a du mal à communiquer, alors beaucoup de choses importantes se disent par lettres. Au début de chaque lettre, l'éditeur a ajouté le bruit qu'on fait lorsqu'on écrit. Je n'ai pas du tout aimé cela. J'ai trouvé que ça parasitait le texte, que ça enlevait du naturel. De plus, lorsqu'on écrit, ce bruit n'est pas aussi fort.

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