Une terrasse sur le Nil

L'ouvrage:
Tunis, 1932.
Sultana est pauvre, ayant perdu ses parents adoptifs. C'est alors que Raoul Smadja, riche Cairote, demande sa main. Cependant, il lui soumet un étrange contrat: dès qu'elle aura accouché de leur fils, ils ne partageront plus le même lit. La jeune fille, déjà amoureuse de Raoul, est atterrée, mais elle accepte. Elle sait qu'elle a une chance inespérée d'épouser un bon parti.

Critique:
Mon sentiment est mitigé quant à ce roman. J'ai apprécié qu'il démarre très vite, qu'il n'y ait pas de fioritures, que le style soit fluide, que Sultana soit attachante. J'ai aussi aimé que cela se déroule en Égypte. Cela m'a quelque peu changé des romans français ou anglo-saxons. Il m'a plu de suivre l'évolution des personnages, surtout celle de Sultana qui, malgré des moments d'abattement bien compréhensibles, trouve toujours le moyen de retomber sur ses pattes, et de faire en sorte que son appétit de vivre prenne le dessus.

Cependant, certaines choses m'ont déplu. J'ai trouvé que l'intrigue se basait sur des éléments un peu faciles. Le «secret» de Raoul évoque de très mauvais romans à l'eau de rose. D'autre part, l'auteur fait attendre le lecteur bien trop longtemps avant de le dévoiler. J'espérais qu'il ne s'agissait pas de ce que j'avais deviné presque tout de suite... Malheureusement, c'était bien cela. Cela a rendu l'attente imposée par l'auteur d'autant plus dérisoire. Attendre pour découvrir un faux mystère... quelle chance!
D'autre part, la façon dont Sultana découvre le secret est un peu rocambolesque.
Par la suite, l'auteur fait durer une situation qui, on le découvre, aurait pu changer. D'ailleurs, en apprenant la vérité, Sultana se demande pourquoi cela n'a pas été fait. L'auteur aurait été bien en peine de répondre... Je trouve dommage qu'elle ait agencé son intrigue ainsi, car le tout ne tient pas très bien. Les personnages semblent éprouver de grands sentiments qui les consumeront s'ils n'y cèdent (surtout l'un d'entre eux), et on découvre que tout n'est pas aussi «compliqué»... L'auteur complique ce qu'elle aurait pu simplifier.
Accessoirement, j'ai été gênée par cette société où, apparemment, tout le monde pratique l'adultère sans que personne n'y trouve à redire.

Je n'ai pas apprécié que le prologue se passe en 1956, car on sait tout de suite comment se termine le roman. On ne sait pas pourquoi Sultana prend la décision dont on voit le résultat dans le prologue, mais on sait qu'elle en arrivera là.

J'ai trouvé deux erreurs de syntaxe: «La nuit, seule sur son divan, les questions affluaient.» Grammaticalement, il serait plus juste de dire: «La nuit, alors qu'elle était seule sur son divan, les questions affluaient.»
Enfin, «revivre une deuxième fois» est un pléonasme.
Je sais très bien qu'il est très difficile de voir toutes ses erreurs, surtout lorsqu'on est immergé dans son texte. Le correcteur, lui, aurait dû les voir.

Éditeur: Ramsay.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Catherine Frichet pour l'association Valentin Haüy.
Je n'ai pas l'orthographe exacte du nom de la lectrice, je lui présente donc mes excuses si celui-ci est mal écrit.
La lectrice a une voix nette et claire. Elle a lu ce roman sans trop en faire, sans verser dans le pathos. Elle a mis l'intonation adéquate. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

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