Les Eygletières, tome 3: La malandre

L'ouvrage:
Les événements racontés ici commencent quelques mois après le coup de théâtre qui clôt le tome 2 de la série.

Critique:
J'avoue avoir eu du mal avec certains personnages de ce tome 3, notamment (et surtout) Philippe. On me dira que s'il est à blâmer, il est également à plaindre. Il agit stupidement, égoïstement, mais qu'en retire-t-il? D'ailleurs, il commence dès le tome 2 en ne voulant pas comprendre qui a le plus mal agi dans l'affaire qui l'a blessé. Je ne l'ai pas plaint, mais je sais qu'il est à plaindre. Malgré mon absence d'empathie, je reconnais qu'Henri Troyat a excellemment dépeint ce personnage qui semble plus vrai que nature. En effet, lequel d'entre nous n'a pas croisé la route d'un Philippe?

Le romancier a choisi un tournant quant au destin de Jean-Marc. J'aurais espéré qu'il prenne une autre direction, mais dans ce cas, je ne sais pas comment cela aurait pu se terminer. Jean-Marc lui-même explique qu'il n'est pas assez fort pour affronter la situation. Il est vrai qu'entre son caractère et l'époque, cela n'aurait pas été simple. Ce n'est toujours pas simple aujourd'hui, mais peut-être cela commence-t-il à l'être davantage...

À un moment, les parents de Danny discutent de la façon dont ils ont élevé leurs enfants et de celle dont les parents de Daniel ont élevé les leurs. Ils disent que malheureusement, aucune façon n'est bonne, alors qu'elles sont opposées. Je ne pense pas qu'elles aient été opposées, mais différentes: une famille était trop laxiste par amour, l'autre trop sévère par entêtement. Il est évident que les enfants Eygletières n'ont été réellement aimés que par Madeleine.

Malgré le pessimisme ambiant, il y a certaines notes d'optimisme. Certains personnages se remettent en question. Françoise, que je trouvais très coincée, s'est assouplie, affronte la vie en face, son jugement s'affine.
Quant à Daniel, il continue de m'agacer, malgré son évolution. Il se responsabilise, ce qui montre que tout n'est pas perdu. Certes, mais pour moi, il prend une mauvaise décision pour de mauvaises raisons... Décision qu'il aurait sûrement regrettée si l'auteur avait écrit la suite.

Au début, j'avais un peu de mal à supporter Nicolas que je trouvais paresseux et frimeur, mais là encore, Troyat met son personnage dans une situation délicate, et celui-ci sait bien agir quand il le faut.

La toute fin est une preuve que la vie reprend son cours, que chacun reprend ses habitudes, et que malgré l'évolution de certains, les enfants Eygletières ont encore du mal à ressentir de l'empathie. C'est mi-agaçant mi-amusant.

Éditeur: Flammarion.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Géraldine Freeman pour la Bibliothèque Braille Romande.
La lectrice a une voix agréable. En outre, elle entre dans la peau des personnages, et parfois, prend un ton qui leur va. Par exemple, elle prend souvent un ton évaporé pour Carole. Elle en fait peut-être un peu trop, mais son interprétation n'a fait que renforcer l'image que je me faisais de Carole. De plus, je préfère cela à une interprétation trop sobre. De la même manière, la lectrice prend un ton coléreux quand quelqu'un est en colère, etc. J'ai bien ri quand elle fait Gilbert soûl. Je trouve qu'elle l'a bien fait.

Je trouve dommage que les trois tomes de la série aient été lus par trois lectrices différentes, d'autant que chacune a une façon très différente d'interpréter...

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