Lecteur : Fournier Jean-Yves

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mercredi, 9 octobre 2013

Pourquoi pas ?, de David Nicholls.

Pourquoi pas?

L'ouvrage:
Brian Jackson commence une nouvelle vie: celle d'étudiant. Il espère bien devenir populaire. Mais entre ses blagues parfois vaseuses, son acné, et la manière dont il se ridiculise le premier soir, ses chances semblent compromises. C'est alors qu'il s'inscrit à «University challenge», un équivalent de «Questions pour un champion». Pourra-t-il, grâce à sa prestation, gagner l'estime de certains de ses camarades?

Critique:
Souvent, les auteurs qui veulent faire rire en font beaucoup trop. Ici, on pourrait s'attendre à un Brian balourd, esseulé, rejeté, et trouvant soudain la gloire grâce à ce jeu. Heureusement, il n'en est rien. On pourra même s'identifier à Brian qui ressemble à un jeune normal. Il souhaite être apprécié, fait parfois des gaffes, n'est pas très sûr de lui, et bien sûr, s'amourache de la fille qu'il ne faudrait pas. David Nicholls rend très bien l'ambiance de cette année universitaire, à la fois renouveau et initiation dans la vie de son héros. Brian passe par la phase «Comment concilier cette nouvelle vie avec l'ancienne?» Cela se traduit majoritairement par ce qui arrive entre Spencer et lui.
Il passera aussi par la phase «je pense avec mes hormones et je veux uniquement m'amuser». Cela semble être une phase commune.

Cette histoire pourrait être banale si elle n'était servie par un style vif, sans fioritures, une écriture fluide, des tournures (répliques ou pensées du narrateur) humoristiques. À ce sujet, lorsque certains auteurs veulent faire rire, ils accumulent les traits soi-disant humoristiques, et cela devient vite très lourd. Ici, ce n'est pas le cas. David Nicholls a les répliques justes. Et lorsque cela n'amuse pas, c'est voulu.
Outre Brian (avec qui on rira, mais de qui on rira également), certains personnages sont synonymes d'amusement. Le meilleur exemple est Rebecca. Même dans les moments difficiles, la jeune fille, par ses répliques (non-dénuées d'agressivité), sa façon de rebondir sur tout, son à propos, suscitera sourires et rire.

J'ai aimé les discussions passionnées entre certains personnages quant aux classes sociales. Certains catégorisent un peu, mais il faut bien qu'il y ait des catégories pour qu'il y ait des exceptions. Patrick fait partie de ceux qui rangent tout le monde dans des tiroirs. On me dira, d'ailleurs, que ce pauvre Patrick est caricatural: rien n'est sympathique en lui. Soit, mais cela existe aussi. Cela passe car Brian est entouré d'autres personnes plus complexes que Patrick.

Chaque chapitre commence par une question de culture générale ayant un rapport avec ce qui sera évoqué dans le chapitre. J'ai trouvé cela sympathique.

Quant à l'intrigue, elle est assez simple, mais on ne peut pas vraiment prévoir ce qui arrivera. Bien sûr, il y a des moments un peu gros: par exemple, je me suis doutée qu'il se passerait quelque chose pour que Brian fasse partie de l'équipe. Ensuite, au long de l'intrigue, certaines choses sont prévisibles, notamment concernant les amours de notre héros. Quant à un autre pan de sa vie, il est une chose que j'aurais dû deviner, mais qui m'a autant surprise que Brian. Je suis contente d'avoir été trop immergée dans le roman pour l'avoir devinée.
Une chose m'a un peu agacée. L'auteur a quand même cédé à la facilité: je parle de ce qui arrive à la fin du jeu. L'auteur avait évité les lourdeurs jusque-là, mais il n'a pu s'empêcher d'en créer une. J'y ai tout de suite pensé, mais je me suis dit que c'était tellement bête et énorme que l'auteur ne le ferait pas. Malheureusement si. J'ai donc été déçue, non par les conséquences de ce qui arrive, mais par le fait que cela arrive ainsi.

Je ne peux terminer cette chronique sans donner un exemple de remarque stupide dite par Brian, l'une de ces répliques qui fait qu'on ne rira pas avec lui, mais de lui.
Après qu'Alice lui a dit son prénom, il dit: «Alice, c'est ça? Comme celle du pays des merveilles?»

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Yves Fournier pour l'association Valentin Haüy.
J'apprécie ce lecteur qui parvient, par exemple, à élever un peu sa voix pour montrer qu'une femme parle, mais à ne pas en faire trop. En effet, il est assez dur pour un homme d'interpréter une femme. S'il n'en fait pas assez, c'est un peu étrange, et s'il en fait trop, c'est ridicule. En outre, il reste égal à lui-même: sa lecture est fluide, il ne «dort» pas (je dis cela des lecteurs trop monotones), et n'en fait pas trop.
D'autre part, ici, le lecteur a eu ce que j'appelle une lecture intelligente. En effet, à certains moments, le texte précise que le personnage dit ceci ou cela avec un accent américain ou cockney. Cela ne voulait pas dire qu'il fallait prendre un accent anglophone pour dire la réplique, puisque ces références étaient donnés pour des mots dits en anglais. Il aurait fallu trouver à quoi cela aurait pu correspondre en français. Or, parfois, il n'y a pas de correspondances. Ici, Jean-Yves Fournier a pris le parti, lorsque la réplique s'y prêtait, de prendre une voix un peu gouailleuse.

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mardi, 7 août 2012

La fête des écoles, de Georges Coulonges.

La fête des écoles

L'ouvrage:
Fin du dix-neuvième siècle.
Adeline vient de terminer l'école normale. Elle va être institutrice. Elle sera d'abord en butte à l'agressivité du maire et de l'instituteur, qui refuse que quelqu'un d'autre que lui dispense un enseignement quelconque aux filles du village. L'école laïque en est à ses débuts, et n'est pas encore acceptée par certains.
D'autre part, le coeur de la jeune femme bat pour un garçon entraperçu, Elie Chabrol, mais Alphonse Durieux, camarade d'Elie, a juré qu'Adeline serait sa femme.

Critique:
Georges Coulonges fait partie de ces auteurs qui savent écrire. Voilà un roman du terroir qui ne tombe pas dans le mièvre ou le pathos, comme c'est trop souvent le cas. L'auteur s'attache à décrire une époque, des moeurs, des personnalités, tout cela alors qu'une espèce de bouleversement a lieu: l'école laïque tente de s'imposer. Il est fascinant de se dire que certaines choses qui nous semblent acquises aujourd'hui l'ont été de haute lutte. Il est intéressant de voir comment la jeune Adeline doit combattre à la fois superstitions et sexisme.
J'ai aimé que l'auteur distingue la machine des hommes. Je veux dire que l'abbé du premier village où enseigne Adeline n'est pas un fervent défenseur de l'école religieuse. L'église voudrait stopper l'avancée de l'école laïque, mais tous ses émissaires ne font pas preuve d'intolérance. C'est cet abbé qui, jusqu'au bout, se démarquera, affirmera son intelligence, sa tolérance, sa douceur.

J'ai apprécié la scène où les normaliens croisent les normaliennes et où la directrice s'en offusque. D'abord, cette scène est cocasse. De plus, elle semble incongrue à un lecteur de notre époque. Je ne savais pas à quel point les moeurs étaient prudes.

Le contexte historique, si bien décrit, explique en partie l'attitude et la personnalité d'Adeline. À mon sens, elle restera timorée jusqu'au bout. Elle prône l'école laïque, la tolérance des croyances, mais a bien du mal à appliquer ce qu'elle prêche. Elle se marie par faiblesse, et reste fidèle par piété, ce qui n'est pas forcément une bonne chose. Sa foi l'entortille dans des chaînes en ce qui concerne certaines façons de penser et d'agir. On dirait qu'il ne lui est pas facile de penser par elle-même, Elle est tiraillée entre ce qu'elle croit et ce qu'elle vit, et ne parvient pas à harmoniser les deux. Elle ne connaît pas vraiment la nuance. Et pourtant, elle y sera confrontée, par exemple, à cause de l'attitude de sa mère, Marie. Et pourtant, en tant qu'institutrice, elle se montre tolérante et compétente.
Adeline représente une espèce de transition entre deux mondes.

Marie est sympathique justement parce qu'elle n'est pas parfaite. Elle veut le meilleur pour sa fille, et fait ce qu'elle croit être le mieux. Ensuite, on peut réprouver sa conduite, mais on comprend que la vie ne lui a pas fait de cadeaux.
C'est Angèle qui représente le mieux la tolérance. Elle a vécu, a su tirer des leçons de la vie, a su se servir de ses expériences.
Je n'ai pas pu m'attacher à Alphonse. Il a des circonstances atténuantes, et n'a pas toujours tort, mais le personnage me déplaît en général.

L'auteur plonge ses personnages principaux dans une situation inextricable sur le plan personnel. Je ne savais pas vraiment comment il allait les en sortir sans que cela ait l'air invraisemblable ou bâclé. Je n'ai pas vraiment apprécié la fin, mais force m'est de reconnaître qu'il ne pouvait pas y en avoir d'autres...

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Yves Fournier pour l'association Valentin Haüy.
J'apprécie beaucoup ce lecteur qui a une voix agréable, et sait lire de manière sobre, tout en jouant quand il le faut. Il feint à merveille la colère, la détresse, le dégoût, la forfanterie, la pruderie (notamment dans la scène où les garçons rencontrent les filles exprès), l'outrage.

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mardi, 31 juillet 2012

La septième vague, de Daniel Glattauer.

La septième vague

Voir la chronique du tome 1.

L'ouvrage:
En partant à Boston, Leo a désactivé son adresse e-mail. Mais Emmi écrit de temps en temps. Au bout de dix mois, Leo revient, et leur correspondance reprend.

Critique:
Il n'est pas aisé d'écrire une suite à un roman. Pourtant, «Quand souffle le vent du Nord» laissait le lecteur déconcerté. Certes, tout aurait pu se terminer ainsi, mais connaissant Emmi et Leo, cela ne pouvait durer.
En outre, la fin du tome 1 laissait à penser que nos deux héros ne parviendraient pas à franchir un certain cap. J'ai donc eu peur qu'ils ne fassent qu'avancer et reculer dans «La septième vague». Ils le font un peu, mais l'auteur ne s'amuse pas à faire une pâle copie du tome 1, ce qui n'engendrerait que lenteurs et ennui. La situation change.

Cette suite m'a plu. D'abord, Emmi m'a moins agacée que dans le tome 1. Il faudrait que je le relise, car je n'arrive pas à savoir si cet agacement tenait au caractère d'Emmi ou au fait que je n'apprécie pas la lectrice qui l'a interprétée. Dans le tome 2, elle se montre parfois retorse, mais Leo n'est pas en reste. Les rôles sont un peu mieux partagés. Leo n'est pas aussi sage que dans le tome 1. Il montre davantage ses peurs, ses doutes.

No héros ne pouvaient revenir sans leur humour incisif, leurs conversations parfois compliquées, leurs questions à choix multiples, leur verve, l'analyse de l'un par l'autre, leur romantisme. Pour ce qui est de tout cela, je n'ai pas été déçue. J'ai tout retrouvé. L'auteur a su les faire revivre.

Certains seront peut-être agacés par cette espèce de huis clos que nous partageons avec les deux protagonistes. Cela m'a beaucoup plu. D'abord parce que j'ai retrouvé l'ambiance du tome 1, mais aussi parce que c'est tout à fait ainsi que se comportent des amoureux virtuels. Daniel Glattauer a fait une chose qu'on pourrait lui reprocher. Il trouve le moyen de remettre le message que Bernhardt a adressé à Leo dans le tome 1. Ça peut être vu comme une lenteur, puisque le lecteur le connaît déjà. Cependant, si on lit «La septième vague» plusieurs mois après «Quand souffle le vent du Nord», il n'est pas mauvais que l'auteur nous remémore la teneur du message de Bernhardt. En outre, le message n'est pas si long.

La fin me convient. Elle est telle que je la souhaitais. Pourtant, l'auteur a quand même su me surprendre. En effet, je m'attendais à une autre fin tout en désirant celle qu'a choisie l'auteur.

Éditeur: Bernard Grasset.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Yves Fournier pour l'association Valentin Haüy.
Ma petite déception de ne pas retrouver Jean-Marc Delhausse (puisque ce livre n'est pas sorti en audio dans le commerce), a été atténuée par le fait que j'aime beaucoup la lecture de Jean-Yves Fournier. Il ne tente jamais d'en faire trop, mais n'est pas monotone. D'autre part, même si j'aurais aimé que le rôle d'Emmi soit interprété par une femme, je préfère nettement le jeu de ce lecteur bénévole au surjeu de la comédienne Nathalie Hugo qui interpréta Emmi dans le tome 1.

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lundi, 28 mai 2012

Seul le silence, de R. J. Ellory.

Seul le silence

L'ouvrage:
Augusta Falls, Georgie, 1939.
Joseph Vaughan, onze ans, est un garçon sensible. Son institutrice, Alexandra Weber, l'encourage à développer son goût pour l'écriture. C'est alors que l'horreur survient: le cadavre d'une fillette, Alice, est découvert. Joseph est d'autant plus bouleversé que la ville étant petite, il connaissait l'enfant, il était ami avec elle. Alice ne sera pas la dernière victime.

Critique:
N'ayant pas du tout aimé «Les anonymes», je pensais ne plus lire de livres de R. J. Ellory. Cependant, une amie a tellement aimé «Seul le silence» que j'ai décidé de l'essayer. Bien m'en a pris.

Le premier point fort de ce roman est son personnage principal. Joseph entraîne le lecteur dans sa vie, lui confie ses pensées. Il s'indigne sincèrement des meurtres. Il fait réellement preuve d'empathie. Sa compassion et son dégoût ne sont aucunement frelatés. Chez certains, entre une part de voyeurisme lorsqu'ils se désolent d'un meurtre. Joseph est vrai. Il rappelle à tous (les autres personnages, mais aussi au lecteur) qu'un meurtre, a fortiori d'enfant, c'est l'une des choses les plus ignobles qui soient.
Outre son extrême sensibilité et son talent pour dire les choses, notre héros force l'admiration. Il touche plusieurs fois le fond, et pourtant, il se relève.

D'autres personnages sont admirables par leur douceur, leur abnégation, leur force, leur sagesse, leur amour: Mary, Alexandra, Bridget, Reilly...

L'auteur fait quelque chose qu'en général, je n'aime pas. Le roman s'étale sur plus de trente ans. D'habitude, les romans qui se déroulent ainsi semblent bâclés, car on voit les personnages par tableaux. On n'a que des instants de leurs existences, et ils paraissent superficiels. Ici, il n'en est rien. Le lecteur assiste à la vie du personnage principal. Si les années passent vite, il n'y a pas réellement d'ellipses, et rien n'a l'air bâclé.
Quelque chose m'a quand même gênée dans la structure: le prologue et quelques passages çà et là indiquent comment se termine l'intrigue. C'est un peu dommage.

Ne vous attendez pas à un roman au suspense haletant et aux rebondissements incessants. Cela ne m'a pas gênée parce que je pense que l'étiquette «roman policier» n'est qu'un prétexte à montrer la vie et la psychologie d'un personnage marqué dès son enfance. L'intérêt est de voir évoluer ce protagoniste face à quelqu'un qu'il sait malade, et qui ressemble à un insaisissable fantôme. Joseph l'imagine toujours ayant l'air fou et monstrueux. Et pourtant, il sait que ce n'est pas le cas: il ne peut imaginer que son âme. D'ailleurs, les ficelles policières ne sont pas transcendantes. Elles sont même classiques. Certains lecteurs devineront peut-être qui est le tueur fou. Si cela ne gâche pas le roman, le romancier se rend quand même coupable de quelques lenteurs. L'ennui qu'elle m'ont fait ressentir a été compensé par le style doux et poétique du narrateur (je pense vraiment que R. J. Ellory a adopté un style propre à son personnage), mais elles m'ont quand même un peu dérangée. Heureusement, elles ne sont pas trop nombreuses.
L'écrivain s'attache quand même à détourner quelques ficelles convenues. Par exemple, tous les ingrédients sont réunis pour que le lecteur pense qu'un des personnages sait quelque chose.

Cette intrigue est également un prétexte pour montrer ce dont sont capables des gens qui ont peur. La peur excite les rumeurs, le racisme, la bêtise. Elle est très mauvaise conseillère.

Éditeur: Sonatine.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Yves Fournier pour l'association Valentin Haüy.
Voilà une autre raison pour laquelle j'ai décidé de tenter ce roman: j'apprécie beaucoup ce lecteur dont la lecture est sensible, mais exempte de cabotinage.

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vendredi, 27 avril 2012

Blaze, de Stephen King.

Blaze

L'ouvrage:
Blaze est grand, costaud, il en impose. Il n'est pas très futé parce que son père a endommagé son cerveau, lorsqu'il était enfant, en le jetant plusieurs fois dans les escaliers.
Aujourd'hui, il vit seul, et doit trouver comment se procurer de l'argent afin de vivre tranquille. Pourquoi ne pas mettre à exécution le plan que son ami George et lui projetaient: enlever le bébé d'une riche famille, et demander une rançon.

Critique:
Stephen King précise, dans sa préface, que ce livre est un fond de tiroir. Il l'a remanié, mais il le présente avec un peu de honte à son lecteur. Je le comprends, car le lecteur qui a aimé «Ça», «Misery», «Simetierre», et d'autres, seront peut-être déçus. Pour moi, qui n'ai pas du tout aimé les trois romans sus-cités, ce livre est une bonne surprise.
D'abord, il n'est pas trop long. On voit bien que l'auteur ne cherche pas à tout prix à remplir et à amasser les pages. Ensuite, le fantastique est bien exploité. Je reproche souvent son fantastique à Stephen King: je le trouve spectaculaire, voire inutile, et il me fait souvent soupirer d'ennui. Ici, c'est au lecteur de décider s'il est présent ou non. J'aime bien ce flottement. Je n'ai d'ailleurs pas décidé si c'était du fantastique ou une sorte d'intuition de Blaze. Qu'il y soit ou pas, il est là de manière subtile et crédible.

L'auteur centre son roman sur la psychologie de Blaze. Il fait cela intelligemment. Il nous présente d'abord ce géant amical (malgré ses actes, Blaze est un gentil), puis nous explique, par petites touches, comment il en est arrivé là. On pourrait dire que Blaze est né sous une mauvaise étoile, qu'il n'a fait que côtoyer les mauvaises personnes, même s'il a eu des amis. En effet, c'est rendu vraisemblable parce que ce n'est pas le pauvre Blaze contre tout le monde. Notre héros rencontre quand même des personnes qui le respectent et l'aiment sincèrement, mais cela ne suffit pas. On n'aura aucun mal à s'attacher à ce personnage complexe malgré son apparente simplicité. On ne pourra s'empêcher de compatir, et d'être touché par lui. La toute fin montre qu'une personne, au moins, se souciait encore de lui...

En général, je n'aime pas les retours en arrière dans les romans. Ici, ils étaient bien placés, et même si le présent nous révèle certaines choses, le passé n'est pas si redondant.

J'aurais aimé que la fin fût différente, mais je pense que j'aurais été la première à crier à l'invraisemblance si elle l'avait été. Il ne pouvait y avoir une autre fin que celle qu'a imaginée l'auteur.

Un Stephen King différent de ce pour quoi on le connaît habituellement. Un livre que je suis heureuse d'avoir tenté. À lire si vous êtes difficile quant aux écrits de cet auteur... et même si vous ne l'êtes pas!

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Yves Fournier pour l'association Valentin Haüy.
Ayant été très déçue par plusieurs livres de Stephen King, je me suis décidée pour celui-là parce qu'il était lu par ce lecteur que j'apprécie. Là encore, il n'a pas démérité.

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