Lecteur : Fontaine Anne-Marie

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lundi, 10 novembre 2014

Je reviens te chercher, de Guillaume Musso.

Je reviens te chercher

L'ouvrage:
Samedi 31 octobre 2007.
Ethan est psychiatre. Quinze ans plus tôt, il a fui une ville où il n'avait pas d'avenir, et a juré qu'il se ferait un nom. Il y a réussi. Cependant, il n'est pas heureux. Les événements de cette journée vont le forcer à voir cette vérité en face.

Critique:
Je sais qu'avec Musso, je dois m'attendre à des intrigues faciles. Ici, j'ai été déçue, malgré le fait que mes attentes n'étaient pas très grandes. Je ne reprocherai pas que l'auteur ait repris une trame déjà utilisée. C'est le genre d'idées qui peut très bien marcher, même souvent employée. L'auteur n'oublie pas d'assortir cela de personnages récurrents, comme le docteur asiatique et le chauffeur de taxi noir.
Par contre, j'ai trouvé que l'intrigue mettait du temps à démarrer. Or, dans ce genre de romans, normalement, tout doit démarrer très vite.

Dans les autres romans de cet auteur que j'ai lus, il m'a semblé que les personnages étaient attachants. Ici, à part Jessie, aucun ne l'est vraiment.
Ethan est imbuvable et le sait. Il a choisi une vie, mais certains de ses choix ne lui conviennent pas. Soit, il n'a qu'à se débrouiller pour que cela change. On me dira qu'il le fait au cours de ce samedi, mais c'est un peu tard.
Céline aussi m'a agacée. Si elle ne parvient pas à oublier Ethan, pourquoi se marie-t-elle? Surtout si c'est pour agir comme elle le fait ensuite...
Jimmy se dévoue corps et âme à sa fille, et quand les choses ne vont pas, il reprend des habitudes qu'il sait néfastes.
Quant à Marisa, entre son aigreur et sa fierté mal placée, elle a tout de la mégère.
Bien sûr, certaines choses vont changer, mais ce changement n'est pas très crédible.

Ensuite, la structure du récit m'a déplu. Les premiers chapitres racontent le présent d'Ethan. Ensuite, certains racontent sa rencontre avec Céline. Certes, l'histoire est intéressante, mais placée à cet endroit, elle fait plutôt réchauffée. C'est un peu pareil en ce qui concerne les chapitres avec Jimmy et Marisa. Tout cela aurait dû arriver plus tôt dans le récit. Certains me diront que cela aurait obligé l'auteur à révéler quelque chose qu'il tient secret le plus longtemps possible. Peut-être, mais j'ai deviné cette chose dès que le personnage la concernant est apparu, donc cela ne m'aurait pas gênée.

Le coup de foudre me paraît toujours aussi discutable. Bien sûr, ici, il est assorti de certains actes romantiques... qui m'ont paru incongrus étant donné que les deux personnages ne se connaissaient pas.

Il y a une incohérence: Ethan sent que Céline est en danger avec lui. Or, s'il ne l'avait pas quittée, les choses auraient tourné différemment, et le danger aurait été évité. Il aurait donc dû sentir que le danger la guettait s'il la quittait. Musso aime bien ce genre de situations. Il les a déjà utilisées. Je les trouve assez agaçantes.

Ce qui m'a le plus surprise, c'est que la fin n'est pas conforme à ce que préconisent les codes des comédies romantiques. J'aime qu'on détourne les codes, mais pas dans ce genre de romans.

Enfin, mon plus grand reproche concerne une invraisemblance. Il n'est absolument pas crédible qu'Ethan ne se souvienne pas de ce qu'il a fait la veille au soir. J'ai bien compris qu'il était soûl au-delà des limites, mais ce genre de choses ne s'oublie pas. Surtout que l'idée ne lui est pas venue en une soirée, il y a réfléchi...

Éditeur: XO.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anne-Marie Fontaine pour la Ligue Braille.
J'aime beaucoup cette lectrice a la voix sympathique, et qui ne cabotine pas. Ici, je n'émettrai qu'un petit bémol: elle a commencé par prononcer Ethan comme je m'attends à ce qu'on le prononce, sans faire d'accent. Ensuite, elle s'est mise à le dire comme si la première lettre était un I. Je trouve cela dommage, elle aurait dû continuer de le prononcer comme au début.

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jeudi, 3 mai 2012

Cold granite, de Stuart McBride.

Cold granite

L'ouvrage:
La petite ville écossaise d'Aberdeen est en émoi. On a retrouvé le corps mutilé d'un petit garçon disparu depuis trois mois. D'autre part, des cadavres de fillettes sont retrouvés, et un autre garçonnet disparaît.

Critique:
J'ai un sentiment mitigé quant à ce livre. Ce qui m'a le plus dérangée, c'est que l'auteur n'a pas pris la peine de camoufler ses fausses pistes. Il est tellement évident qu'elles sont fausses que ça engendre d'énormes lenteurs. En plus de m'ennuyer, j'ai pesté après ces imbéciles de policiers qui sautaient sur le moindre bout de début de preuve pour s'enflammer, et arrêter Truc ou Bidule, et tout cela de manière musclée. Étant donné que l'auteur crie à son lecteur que ses pistes sont fausses, tant elles sont grosses, j'ai vu les policiers comme des benêts. Cela les rend peu crédibles pendant une partie du roman.
L'intrigue est linéaire. Même si plusieurs affaires se croisent, on ne trouve les solutions qu'à la fin. Cela manque de rebondissements.

Par ailleurs, certains personnages sont un peu clichés. Isobel, ancienne maîtresse de Logan, ne sait pas se comporter en professionnelle lorsque Logan est là, et ne trouve rien de mieux que l'accabler.
Collin Miller illustre bien le journaliste avide de scoops, mais même s'il peut se montrer sympathique, il est trop cliché. Il semble n'être poussé que par la perspective du bon papier. On me dira qu'il a su s'arrêter après avoir été victime de menaces. Soit, ça montre juste qu'il n'est pas trop bête.
Logan est sympathique, mais un peu trop parfait... Je l'ai trouvé vraiment épais au moment de son dilemme concernant Miller, sinon, il m'a paru assez fade.
L'histoire d'amour (ou son début) qui fait le yoyo m'a un peu agacée.

J'ai aimé que plusieurs affaires se croisent. Ça a un peu contrebalancé la lourdeur de l'absence de vrais rebondissements.
L'auteur a su montrer comment des faits pouvaient être interprétés de différentes manières selon qu'ils sont racontés d'une façon ou d'une autre. J'aime beaucoup ce genre de démonstrations qui rappellent sans arrêt qu'il faut avoir l'esprit critique.

La psychologie du principal coupable est intéressante. Je n'avais pas deviné son nom et son mobile. Pourtant, c'était évident.

Il est sympathique de voir des policiers qui travaillent en équipes, et qui s'apprécient. J'ai trouvé cela davantage développé que dans la plupart des romans parce que souvent, ils sont deux. Ici, cela varie et les équipes peuvent changer.

Il y a aussi quelques moments amusants, notamment les moments où les policiers ont la gueule de bois, mais aussi la manie continuelle de l'inspecteur Inch à s'empiffrer de bonbons gélifiés de toutes sortes. Cette faiblesse m'a d'ailleurs rassurée: on n'a pas besoin d'être enfant pour aimer ces cochonneries. J'ai trouvé sympathique qu'un adulte, policier qui plus est, soit atteint de ce vice. ;-)

Un roman où le déroulement de l'intrigue est un peu trop classique, mais où certains éléments sont intéressants.

Éditeur: Michel Lafon.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anne-Marie Fontaine pour la Ligue Braille.

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lundi, 24 mars 2008

Le masque de l'oubli, de Dean Koontz.

Le masque de l'oubli

L'ouvrage:
Paul et Carolle Tracy sont de brillants médecins. Leur mariage est solide. Ils ont le projet d'adopter un enfant, Carolle étant stérile. Le jour où ils commencent les démarches d'adoption, de curieux phénomènes se produisent: un violent orage manque de les tuer, d'étranges martèlements se font entendre dans leur maison...

Un peu plus tard, en voiture, Carolle renverse une jeune fille qui, semble-t-il, s'est presque jetée sous ses roues. Heureusement, elle s'en tire. Seulement, elle est amnésique. On l'appelle Jane Doe, nom qu'on donne à toute femme non identifiée. On recherche activement ses parents. Personne me se manifestant, Carolle décide de tenter l'hypnose, afin que la jeune fille retrouve son passé.

Critique:
Ce thriller fantastique est une bonne découverte. D'abord, il ne traîne pas trop. Ensuite, même si certaines ficelles sont éculées (les esprits frappeurs, les phénomènes naturels cataclysmiques), il remplit bien son rôle: effrayer et tenir le lecteur en haleine. Certains livres d'épouvante veulent tellement en faire, donnent tellement dans le spectaculaire, qu'on n'est pas tellement effrayé: on a juste envie que cela se termine pour pouvoir en prendre un autre. J'ai trouvé que Dean Koontz savait doser les ingrédients.
Le lecteur se doute de quelques petites choses, par exemple, on sait que Laura est, d'une manière ou d'une autre, liée à Paul et à Carolle. Mais il ne se doute de cela que parce que l'auteur le veut bien.

L'intrigue est bien menée. Le livre démarre lentement (si on excepte le prologue), mais l'histoire s'emballe de plus en plus, et la fin est une course folle.
Le prologue est à l'image du livre: une longue descente aux enfers où l'angoisse est savamment instillée. Le lecteur est avec cette adolescente, il ressent ce qu'elle ressent.

J'ai quelques reproches.
Il est dommage que Paul et Carolle aient l'air d'être parfaits. Ils ont plusieurs activités intellectuelles, sont gentils avec tout le monde, etc. Ils sont un peu agaçants.
D'autre part, un passage m'a paru particulièrement artificiel... Ces deux personnages ont fait de brillantes carrières, ont des tonnes de diplômes. On peut donc supposer qu'ils savent réfléchir, savent faire la part des choses, sont ouverts d'esprit. Et on apprend que Paul se dit souvent qu'il a de la chance qu'une si belle femme que Carolle soit mariée avec lui dont le physique est si banal.
Dans le même ordre d'idée, on trouve assez rapidement que Carolle devrait demander à sa patiente, alors qu'elle est sous hypnose: «En quelle année sommes-nous?« On se dit qu'il est étrange qu'une psychiatre si intelligente et fine ne pense pas à cela, surtout que le lecteur avisé l'a déjà deviné.

J'aurais aimé que le livre ne s'arrêtât pas ainsi. Bien sûr, on peut supposer que telle et telle choses vont arriver. On se doute de ce qui aurait pu se passer si le livre s'était poursuivi, mais cette fin abrupte m'a un peu frustrée.

Éditeur: Fleuve Noir.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anne-Marie Fontaine pour la Ligue Braille.
(Note: Les noms des lecteurs de la Ligue Braille ne sont écrits nulle part. Je dois donc deviner leur orthographe. Je présente ici mes excuses à ceux dont j'estropie les noms.

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