Treize marches

L'ouvrage:
Jun'ichi Mikami sort de prison. Il vient de purger une peine de deux ans pour coups et blessures ayant entraîné la mort. Sa réinsertion sociale s'annonce épineuse, lorsque Shôji Nangô, l'un des gardiens côtoyés en prison, lui propose de l'aider à prouver l'innocence d'un détenu (Ryô Kihara) condamné à mort.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. À mes yeux, c'est une réussite. Il m'a d'abord fait découvrir le système judiciaire et carcéral japonais. J'ignorais que les choses se déroulaient comme l'explique l'auteur. Il s'attache à en montrer les incohérences flagrantes. L'un des personnages va jusqu'à expliquer qu'un procès, c'est une affaire de chance. L'issue ne dépend pas des circonstances du délit, mais du contexte du procès...
Il met également en évidence le ressenti de la société quant à quelqu'un qui sort de prison. Peu de gens tiennent compte des circonstances. Le frère de Jun'ichi, par exemple, lui en veut, parce qu'à cause de ce qu'il a fait, la vie de la famille a pris un tournant totalement différent, et extrêmement dur. À cause de cette réalité qu'il découvre à sa sortie de prison, Jun'ichi se pose beaucoup de questions. Son cheminement intérieur sera renforcé par ce qu'il vivra et apprendra en aidant Nangô. En effet, il rencontrera des gens envers qui un crime a été commis, et se rendra compte qu'entre leur immense douleur et les failles du système, ils ne pourront pas s'en remettre.

Quant à Nangô, le lecteur apprend son passé peu à peu. Ce qu'il a vécu fait que lui aussi remet certaines choses en question. Cela fait également de lui quelqu'un de plus ouvert que le commun de la société. Il sait qu'il est très difficile pour un ancien détenu de se réinsérer, car il connaît le système, l'ayant vécu de l'intérieur.
Ces deux personnages sont travaillés, complexes, humains.

L'enquête, quant à elle, est aussi intéressante que le reste. Elle ne traîne pas. D'autre part, tout comme nos deux héros, je n'ai pas compris la découverte faite à un moment. Ensuite, j'ai adhéré à la théorie de l'un des personnages... Bref, le tout était si passionnant et bien mené que je n'ai pas compris ce qui se passait avant que l'auteur ne le décide. Tout est cohérent, rien n'est alambiqué. Les rebondissements sont bien placés, et bien pensés.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Marie Fonbonne.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audible FR, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.

Ce comédien est un lecteur de la première heure. En effet, il a enregistré des livres pour les éditions Livraphone, alors que celles-ci faisaient lire un livre à plusieurs voix. Il a enregistré (entre autres) certaines aventures de Sherlock Holmes avec Philippe Lejour et d'autres comédiens. Il fait partie de ceux dont j'apprécie beaucoup la voix et la lecture. Depuis que les éditions Audible FR publient des livres, il en enregistre régulièrement. J'ai été heureuse de voir son nom (qui avait disparu depuis quelques années) à leur catalogue. À chaque fois, j'enrageais car les ouvrages ne m'intéressaient pas. J'ai donc été ravie que «Treize marches» me plaise autant.
La voix de Jean-Marie Fonbonne n'a pas changé. Sa diction est toujours aussi soignée. Son intonation est toujours appropriée. En outre, il a prononcé les noms japonais sans affectation. J'espère vivement qu'il enregistrera encore beaucoup de romans qui m'intéresseront.

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