Alone

Note: À ma connaissance, ce livre n'a pas été traduit en français.

Note: Ce livre est le tome 1 de la série mettant en scène Bobby Dodge et DD Warren. Il est indispensable de lire «Alone» avant «Sauver sa peau», qui est le tome 2, car l'auteur y raconte presque tout ce qui se passe dans «Alone», et surtout, la fin.

L'ouvrage:
Ce soir-là, les urgences reçoivent un appel d'une femme affolée: Catherine Gagnon. Son mari, Jim, est ivre, et les menace, elle et leur fils de quatre ans, d'une arme à feu. Les voisins ont entendu un coup de feu. C'est le policier Bobby Dodge qui se rend sur les lieux. Au vu de la scène, il se voit contraint de tirer sur Jim, quelques secondes avant que celui-ci fasse feu.
Les ennuis ne font que commencer.

Critique:
Si ce roman m'a paru moins palpitant que les tomes 4 et 5 de la série (je les ai lus dans le désordre), je l'ai quand même trouvé passionnant. D'abord, l'intrigue est très bonne. Il y a quelques lenteurs, mais elles passent bien, et ne sont pas si nombreuses. Comme j'ai fait l'erreur de lire «Sauver sa peau» avant, je savais certaines choses. Cela m'a quelque peu gâché la lecture. Cependant, je n'arrivais pas à deviner comment ce que je savais allait arriver. J'ai trouvé cela très fort de la part de l'auteur.
Le lecteur fait plusieurs découvertes d'importance tout au long du roman, ce qui relance sans arrêt son attention.

La romancière analyse bien ses personnages. La plupart d'entre eux sont complexes, intéressants. La complexité de l'intrigue vient principalement d'eux.
Catherine est assez trouble. Le lecteur ne pourra décider ce qu'il pense d'elle. DD ne voit que le mal qu'elle fait et qu'elle représente. Pourtant, cela n'est pas si simple. Je pense que c'est Bobby qui la cerne le mieux. Entre ce qu'elle a vécu, ce qu'elle refuse de subir, les dommages colatéraux qu'elle est prête à accepter... Sa priorité, c'est son fils, ce qui est admirable. Pourtant, lorsqu'il est né, elle a commencé par ne pas s'y attacher, ce qui peut également se comprendre.
On pourra la plaindre ou la blâmer, mais quelqu'un qui a vécu ce qu'elle a vécu ne peut pas en ressortir indemne. C'est en ce sens qu'elle est admirable. C'est aussi pour cela qu'on comprend qu'au lieu de se transformer en pauvre chose pitoyable, elle décide d'être une tigresse.
Pour couronner le tout, n'oublions pas son immense charisme!

J'ai vraiment découvert Bobby dans ce roman. C'est amusant comme au fur et à mesure des livres, c'est DD qui est davantage sur le devant de la scène, surtout à partir du tome 3. C'est dans le 5 que les choses se rééquilibrent.
J'apprécie Bobby qui, lui aussi, doit se débrouiller avec son passé. Même si c'est un homme blessé, on ne ressent pas ce qu'on trouve chez trop de policiers de romans, et qui finit par les rendre insipides: blessures ressassées, hypersensibilité qui les pousse à agir stupidement ou violemment, etc. Cela le rend plus épais. Lisa Gardner évite un autre écueil: après ce qu'il a dû faire, et surtout après ce qui en découle, Bobby doit suivre une thérapie. En général, les policiers y sont réfractaires, et s'enferment dans un raisonnement destructeur. Bobby l'accepte, et joue vraiment le jeu, avec une réelle volonté de s'en sortir. Outre que c'est plus sain, ça sort de l'ennuyeux schéma qu'on trouve trop souvent du policier qui se révolte contre l'aide qu'on tente de lui apporter.

Tout comme dans le tome 2, DD m'a beaucoup agacée. Elle a raison, en un sens, mais elle est très rigide. Elle fait son travail, elle ne vit que pour lui (comme dans le reste de la série, d'ailleurs), mais elle ne semble pas y mettre son coeur. Elle paraît insensible. On peut également penser qu'elle est jalouse des sentiments confus qu'elle devine chez Bobby. Soit...

James et Maryanne Gagnon sont peut-être un peu plus manichéens. Je ne les ai pas trouvés aimables. James a l'habitude d'avoir ce qu'il veut à n'importe quel prix. Quant à Maryanne... on dirait qu'elle n'est pas finie, qu'il manque des composantes dans son cerveau. La plupart du temps, elle larmoie, elle se montre sotte, et dit des choses inappropriées. On me dira que James et Maryanne ont été poussés par leur amour l'un pour l'autre, toute leur vie. Certes, mais apparemment, c'est un amour destructeur. Ils s'y enferment, et James le prend comme prétexte pour mal agir, alors que Maryanne fait l'enfant gâtée.

Remarques annexes:
La structure est différente de celle des autres tomes. On ne commence pas par voir les personnages autres que les policiers pendant une bonne partie du roman.
Là encore, on retrouve l'un des thèmes souvent abordé par Lisa Gardner: la pédophilie.
À un moment, Bobby va voir Dylan, l'un des personnages principaux de «Jusqu'à ce que la mort nous sépare». J'ai trouvé ce clin d'oeil sympathique. On a l'impression que les personnages ne sont pas figés, on a «de leur nouvelles». Ça les rend plus crédibles. Bien sûr, il vaut mieux avoir lu «Jusqu'à ce que la mort nous sépare» avant de lire «Alone» pour mieux profiter du clin d'oeil, et aussi parce que l'auteur raconte la fin.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anna Fields pour les éditions Books on tape.
La lectrice a une bonne intonation. Cependant, je trouve qu'il y a trop de différence de volume entre certains passages narrés et certains dialogues... En outre, elle prend une voix trop affectée pour faire les personnages masculins. C'est un peu dommage.

Acheter « Alone » sur Amazon