Lecteur : Ferrette Damien

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jeudi, 12 mars 2020

Ne t'enfuis plus, d'Harlan Coben.

Ne t'enfuis plus

L'ouvrage:
Ce jour-là, Simon Green est dans un parc. Il écoute une chanteuse des rues. Cette jeune femme est sa fille, Paige, vingt-et-un ans. Elle a quitté le domicile familial parce qu'elle était devenue dépendante à la drogue. Simon l'a retrouvée, car il veut tenter de la convaincre de suivre une cure de désintoxication.

Critique:
Ce livre m'a globalement plu. J'ai apprécié la manière dont était menée l'intrigue: sans temps morts. J'ai aussi apprécié les personnages que l'auteur veut rendre sympathiques: Simon et sa famille, Cornélius... La famille Green connaît d'importants déboires. Par deux fois, Simon est confronté à un choix concernant Cornélius. J'ai eu peur qu'il pense qu'avec toutes les souffrances qu'il avait connues, il pouvait se permettre de ne pas être loyal. Heureusement, cela n'a pas été le cas. Cela m'a plu.
Tout au long du roman, j'ai compris les décisions de Simon. À la toute fin, j'ai aussi compris son hésitation. Je ne sais pas ce que j'aurais fait, à sa place. J'imagine que j'aurais voulu que la personne sache la vérité, mais cela ne lui aurait apporté que de la tristesse. Alors, peut-être aurais-je fait ce que Simon se décide, avec réticence au début, à faire.

Parmi les personnages secondaires, j'ai beaucoup aimé Esther, l'avocate. C'est un personnage haut en couleur, et elle a raison d'avoir confiance en elle: ce qu'elle dit s'avère exact. Je trouve dommage qu'on ne l'ait pas vue davantage.

Comme dans un autre roman d'Harlan Coben, les choses se terminent avec une question dérangeante. Ici, c'est: est-il normal qu'un meurtre reste impuni? Certes, nous avons un tas d'arguments en faveur du bourreau et en défaveur de la victime, et je sais que si la chose se présentait concernant des êtres qui me sont proches, je garderais sûrement le silence vis-à-vis des autorités, mais cet aspect trouble du roman reste dérangeant.

Très souvent, on dit qu'il ne faut pas se fier aux apparences. On le sait, on tente de se prémunir contre des conclusions hâtives... et un jour, on lit «Ne t'enfuis plus». Ce qui arrive dans les premiers chapitres est, à mon sens, une parfaite illustration de cela. Moi qui râle souvent après Harlan Coben, je dois dire qu'ici, il a très bien joué.

J'ai quand même un petit reproche à adresser à ce roman. Je trouve que DD et Ash ressemblent trop à Ken et Barbie, des tueurs que l'auteur a fini par exterminer, à mon grand plaisir. J'ai donc été déçue de voir une pâle copie de ces deux parasites dans ce roman. Bien sûr, il fallait bien qu'ils soient là, car outre leurs macabres missions, ils ont un rapport avec la solution de l'énigme, mais j'espère ne plus rencontrer ce genre de personnages.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Damien Ferrette pour les éditions Lizzie.

Je connais peu ce comédien. J'avais apprécié son travail dans «Le sourire des femmes». Ici, je ne lui reprocherai que son accent anglophone pour certains noms propres, comme Green, par exemple. À part cela, j'ai beaucoup apprécié son interprétation: il joue les sentiments des personnages sans monotonie ni exagération. Il modifie parfois sa voix, mais c'est à bon escient. Par exemple, il le fait un peu pour Esther, ce qui accentue le côté cocasse du personnage. Il le fait aussi pour Luther, ce qui renforce l'idée qu'on se fait de celui-ci.

Pour information, la structure du livre n'est pas totalement respectée. Quelques chapitres sont coupés en deux pistes.

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vendredi, 20 décembre 2019

Loin, d'Alexis Michalik.

Loin

L'ouvrage:
2008. Antoine Lefèvre a vingt-six ans, est fiancé, s'entend bien avec sa mère et son beau-père. Un jour, alors qu'il ramasse le courrier de sa mère, il tombe sur une carte postale envoyée dix-sept ans auparavant. La poste vient de la retrouver, et l'a enfin distribuée. Elle émane de Charles, le père d'Antoine, parti sans explications alors que son fils avait sept ans. Intrigué, Antoine décide de partir sur les traces de Charles.

Critique:
Ce roman m'a beaucoup plu. Antoine part accompagné de son meilleur ami (Laurent) et de sa sœur (Anna). Ce mélange est explosif. Avec la combinaison de ces trois phénomènes, n'importe quel voyage sera intéressant. Anna m'a un peu agacée, à chérir sa vie dissolue, à être un parasite, et à mépriser ceux qui préfèrent une vie plus calme. Cependant, chacun évolue au cours de ce périple. De plus, comme le souligne l'auteur lui-même, l'humour du livre n'aurait pu être sans la réunion de ces trois personnages. Le voyage n'aurait pu se faire sans Anna qui pimente les échanges de répliques sur lesquelles les autres se doivent de rebondir, et qui, de surcroît, aide souvent à débloquer des situations, et à en apprendre davantage sur Charles.

Ce livre m'a tentée, sinon je ne l'aurais pas lu, mais j'avais peur que ce voyage souffre de longueurs. Cela n'a pas été le cas. Je regrette même que le roman n'ait pas été plus long, car certaines choses restent en suspens.

Chaque pays visité apporte des renseignements à nos personnages. Tout arrive en désordre, parce qu'ils commencent avec ce qu'ils ont: la carte de Charles postée de Berlin. Ils tirent donc sur ce fil, et ce qu'ils mettent au jour est un autre fil allant dans une autre direction, etc. En général, je n'aime pas les puzzles. Cependant, ici, l'intrigue m'a plu, les personnages aussi, et il ne m'a pas été trop difficile d'assembler les pièces à mesure qu'elles étaient données, car l'auteur ne bâcle rien, ne parle pas à demi-mots, etc.
J'ai aussi apprécié de découvrir un peu de la culture des pays que visitent nos héros.
Bien sûr, j'ai été déçue que certains personnages qui m'étaient sympathiques souffrent, mais ce n'est pas un reproche adressé au romancier. Ces souffrances rendent le tout réaliste.

Venons-en aux quelques reproches que j'adresse à ce roman. À travers Anna, puis à travers certains événements, l'auteur montre qu'il pense qu'il n'est pas bon d'apprécier une vie calme, qu'il n'est pas bon de n'avoir jamais essayé drogue et alcool, qu'il n'est pas bon de ne pas vouloir (même une fois) tromper la personne avec laquelle on s'est engagé. Il semblerait que pour lui, ceux qui préfèrent ces choses sont coincés, ne profitent pas de la vie, etc. Je déteste cette façon de penser. Pour moi, elle s'apparente à de l'intolérance. Je fais partie de ces gens qui n'ont jamais été tentés par la cigarette (l'odeur m'a toujours écœurée) ou l'herbe, qui ne supportent pas le goût de l'alcool, qui sont fidèles, et je ne m'impose rien. Un jour, je me suis imposé de boire un verre de vin (même si je savais déjà que c'était la brûlure de l'alcool que je n'aimais pas, quelle que soit la boisson) pour qu'on ne me dise pas que je ne parlais pas en connaissance de cause. Cela ne m'a pas donné envie de recommencer, ni de tester ces autres choses qui ne me tentent pas. Je trouve donc dommage que l'auteur nous dise que ceux qui n'aiment pas ces choses sont des constipés. Dans le cas du personnage du roman, c'est peut-être un peu nuancé, mais j'ai eu l'impression que l'auteur (à l'instar de beaucoup de personnes) faisait une généralité de cela.

Il y a une incohérence quant à l'intrigue. Comment se fait-il que Charles soit à Nouméa, ou vive sur un voilier, alors qu'Antoine et Anna viennent de retrouver un autre de ses enfants avec qui il vit la plupart du temps?
Je n'ai pas aimé qu'on n'en sache pas davantage quand Anna et Laurent restent à Nouméa. (Je le tourne ainsi pour ne pas trop en dévoiler.)
Je n'aime pas l'espèce de coup de foudre entre deux personnages. Je reproche cela parce que je n'aime pas les coups de foudre d'une manière générale. Je les trouve trop peu crédibles. Je préfère la façon dont se passent les choses entre deux autres personnages du roman.

L'entretien avec l'auteur, en fin d'ouvrage, est très intéressant. Il n'y est pas question d'une suite, alors qu'à mon avis, il pourrait y en avoir une. Bien sûr, Alexis Michalik devrait jouer serré afin que le récit ne s'enlise pas, mais cela apporterait certaines réponses, et permettrait peut-être à l'auteur de nuancer son avis sur les gens qui aiment une vie calme. ;-)

Service presse des éditions Audiolib.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Damien Ferrette.

Je connais peu ce comédien. Dans ce roman, il a dû jouer de fortes émotions, et certaines n'allaient pas sans un petit côté caustique. Je pense surtout au moment où nos héros croient leurs derniers instants arrivés, et hurlent, totalement paniqués. Damien Ferrette s'est très bien sorti de cette scène. Il est parvenu à transmettre la peur des personnages, sans oublier le brin de rire à destination du lecteur. Tout cela sans en faire trop. Je pense vraiment que cette scène est très facile à mal jouer. Vous comprendrez que si, pour moi, Damien Ferrette a très bien joué ce passage, il s'est habilement tiré du reste du roman. C'est en effet ce que je pense. J'espère avoir beaucoup d'autres occasions d'entendre ce comédien. Puisse-t-il enregistrer d'autres livres qui me tenteront.

Pour information, la structure du livre n'est pas respectée: la plupart des chapitres sont coupés en plusieurs pistes.

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