Je ne suis pas un serial killer

L'ouvrage:
John a quinze ans. Sa mère et sa tante ont un funérarium. Le jeune garçon est obsédé par les serial killers, et pense qu'il pourrait en devenir un. Il a donc établi plusieurs règles qu'il ne doit pas transgresser afin de museler le monstre en lui.

Critique:
Ce livre m'a beaucoup plu. D'abord, j'ai aimé découvrir la psychologie de cet adolescent qui sait que ce qu'il aimerait faire est mal, et qui tente d'échapper à ses pulsions. Il est intéressant de voir ce jeune garçon très intelligent, responsable, se débattre avec ce qu'il sait être mal, bien qu'il ne ressente pas que cela l'est. En effet, comme il l'explique, il est sourd émotionnellement. La façon dont il explique son absence d'émotions est bien décrite par l'auteur.
Accessoirement, on apprend certaines choses sur les serial killers...

On me dira peut-être que la psychologie de John ressemble à celle de Dexter (le héros des romans de Jeff Lindsay), et que ce qu'il finit par faire le rappelle aussi. Quant à moi, je n'ai pu faire ce rapprochement qu'en me basant sur la série télévisée, car je n'ai pas lu les romans. Je pense que même s'il y a des ressemblances, c'est logique puisque Dexter et John ont le même «problème». Cela ne doit pas empêcher les amateurs de Dexter de lire la trilogie de Dan Wells.

À un moment, une chose m'a gênée: l'auteur introduit du surnaturel dans son roman. J'ai eu peur que cela tourne au spectaculaire, mais non. Cela s'insère bien dans une histoire qui, par ailleurs, est ancrée dans la réalité.
L'intrigue est bien menée. Elle ne souffre pas de temps morts. D'autre part, si les meurtres sont sanglants, les descriptions ne sont pas trop longues.

Dan Wells parle bien évidemment du contexte familial de son jeune héros. Bien sûr, cette famille est brisée, et ses personnages sont abîmés par la vie. Cependant, il n'est pas question d'énormes traumatismes. On ne s'entend pas vraiment, et il y a eu des grincements. Je préfère que l'auteur n'ait pas expliqué une partie de l'obsession de John par un traumatisme familial. John est comme ça. Il a un terrain favorable entre sa famille fragile et le métier de sa mère, mais ce ne sont pas des facteurs déterminants.

Ce premier tome s'achève sur quelques questions. John a progressé, mais il a perdu l'une de ses béquilles. Comment va-t-il continuer dans ce monde? Un autre mystère reste: celui entourant son père. L'auteur ne le rend pas spécialement mystérieux, mais ce qu'il en dit ajouté à certaines réflexions du narrateur me font penser que ce personnage prendra de l'importance par la suite. Pour toutes ces raisons, j'ai hâte de découvrir les tomes suivants!!!

Éditeur: Sonatine.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie Faure pour l'association Valentin Haüy.
Cette lectrice a une voix très agréable, et elle met le ton approprié sans en faire trop. En outre, elle ne prononce pas les noms anglophones en y mettant un accent, ce qui fait que sa prononciation est naturelle. Je la réentendrai avec grand plaisir.

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