La prisonnière de Venise

L'ouvrage:
Venise, 1328.
Giulia jeune patricienne de seize ans, vit avec sa tante. Elle a une liaison avec Samuel, le fils d'un marchand de tissu de passage à Venise. Giulia est amoureuse, le jeune homme ne voit en elle qu'un agréable passe-temps. Après que son amant a quitté Venise, Giulia s'aperçoit qu'elle est enceinte.

Critique:
Ayant beaucoup aimé «La rebelle», je me suis empressée de lire ce roman. Il m'a plu, mais moins.
D'abord, il m'a semblé que l'intrigue était moins recherchée. L'auteur commence à tomber dans le «soap opera». Ce n'est pas à ce point, mais il y a des tendances. Les personnages ne m'ont pas paru très creusés. Pour certains (comme le frère Gaspare), ce n'est pas très grave, car on imagine quelqu'un de ce genre dans la vie réelle. Cristina m'a agacée, car très souvent, elle ne sait que s'emporter. C'est peut-être en ce sens qu'elle fait partie de ceux que je trouve peu creusés. Francesco, lui, m'a paru un peu passe-partout.

Le fait que deux personnages tombent amoureux est une grosse ficelle. D'abord, comment se fait-il que ce soit justement ces deux-là! Au long du roman, il y a d'autres ficelles de cet acabit. Certes, ce genre de choses peut arriver, mais ici, c'est surtout que Valeria Montaldi en avait besoin pour créer un rebondissement, et précipiter certains personnages dans la tourmente. Ce qui est un peu dommage à ce sujet, c'est que le lecteur, lui, sait ce qu'il y a à savoir quant aux amoureux. Bien sûr, il est intéressant de voir comment les personnages vont le découvrir, mais j'ai trouvé que c'était un peu long. D'ailleurs, à un moment, j'ai pensé: l'auteur passe la première partie du livre à faire ourdir des plans à certains, et la deuxième à faire en sorte que les autres découvrent ce qu'il en est. J'ai trouvé tout cela un peu trop transparent...
J'ai quand même globalement apprécié ce roman, et j'ai aimé la fin qu'a choisie l'auteur.

D'autre part, certains (surtout Giulia et Cristina) expriment leurs sentiments de manière assez poussée, et parfois, on a envie de leur dire d'abréger un peu les effusions. Bien sûr, il est compréhensible que Giulia, qui a tenté de tout étouffer en elle, éprouve de très fortes émotions, alors que le coeur du problème est abordé. J'ai très bien compris ce personnage, mais je trouvais que parfois, l'auteur en faisait trop.
Giulia évolue, se trompe, accepte (dans la douleur) ses erreurs, se remet en question... Elle finit par trouver en elle une force insoupçonnée. C'est un personnage positif, ainsi que Tobia Catellano, le médecin qui prône la tolérance, l'évolution, et qui semble soucieux de bien faire son métier.

Comme dans son précédent roman, l'auteur plonge son lecteur dans une époque. J'ai trouvé cela moins présent. Bien sûr, il y a l'épidémie de peste, ainsi que le grand tremblement de terre... cependant, il m'a semblé qu'on rencontrait moins les habitudes, les moeurs, la culture de la ville...

Éditeur: Pygmalion.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anne Fauch pour la Bibliothèque Braille Romande.
La lectrice a une voix agréable. Elle prend parfois un accent pour certains noms, mais ce n'est pas trop poussé. Elle met le ton approprié, mais elle lit trop doucement, comme si elle était à côté de quelqu'un qu'elle ne souhaitait pas réveiller. Elle le fait même quand un personnage crie. Cela fait qu'elle tente de crier doucement... j'ai trouvé cela dommage.

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