Lecteur : Excoffier Jo

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lundi, 29 mai 2006

Terre de mirages, de Daryush Shayegan.

Terre de mirages L'ouvrage:
Kaveh est iranien.
Marianne est française.
Tous les deux s'aiment profondément. Ils ont vécu ensemble en France et en Iran. Mais Marianne ne supporte pas l'Iran, avec sa culture si différente. Ils sont donc chacun dans son pays. Ils ne peuvent pas se passer l'un de l'autre, mais ils ne peuvent pas non plus s'expatrier.

De 1997 à 1999, faisant fi des nouvelles technologies qui leur permettraient de se parler beaucoup plus fréquemment, ils s'écrivent des lettres. Ils y parlent des différentes cultures de leurs pays, et plus tard, de celle des Etats-Unis, lorsque Kaveh y fait un séjour. Ils parlent aussi de leur amour, de leurs difficultés à vivre cette histoire à distance.

Critique:
Marianne et Kaveh nous touchent. Leur histoire intime, ainsi que ce qu'ils disent de leurs pays nous passionnent. Ils sont tour à tour passionnés, mélancoliques, fougueux, drôles... Leur situation n'est pas simple, et ils font tous les deux des efforts pour ne pas sombrer dans la tristesse...
Kaveh, comme le lui fait remarquer Marianne, a parfois l'air d'un sain. Cela peut paraître agaçant.

Quelque chose m'a frappée. A un moment, Marianne se ronge les sangs, car elle se sent attirée par un autre homme. Kaveh se montre conciliant, expliquant qu'il est normal, dans leur situation, d'avoir des aventures. Ensuite, Marianne passe à l'acte, et s'auto-flagelle. Kaveh peut se montrer conciliant, étant donné qu'il a, lui-même, une aventure, n'en fait pas mystère, et ne semble pas en éprouver du remords. Et Marianne se voue aux gémonies, parce qu'elle s'est laissée aller une fois, et ne songe même pas à reprocher cela à Kaveh, ou à se dire qu'après tout, lui aussi a fait cela. Je comprends que Marianne se repente. Je comprends aussi le point de vue de Kaveh, mais je ne comprends pas qu'ils ne comparent pas leurs situations, ce qui aurait amené Marianne à s'accuser un peu moins.

Je n'ai pas aimé la fin, mais je pense qu'il faut y voir une alerte: saisissez le bonheur, lorsqu'il est à portée de main. Si vous attendez trop, il sera trop tard.

C'est un bon livre, avec des réflexions pertinentes, des considérations sur la vie, l'amour. Je le conseille.

Éditeur: éditions de l'Aube.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jo Excoffier, Laurence Bovay, et Thierry Grossenbacher, pour la Bibliothèque Braille Romande.

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jeudi, 5 mai 2005

Une voix dans la nuit, d'Armistead Maupin.

Une voix dans la nuit L'auteur:
Armistead Maupin est l'auteur de "Les chroniques de San Francisco", en 6 tomes, adapté en feuilleton télévisé. Il a également écrit "Maybe the moon", qui raconte les péripéties d'une jeune femme, naine, dans le monde du show business. C'est très réaliste, et donc, assez cruel...

L'ouvrage:
Gabriel Noon est animateur de radio. Son émission s'appelle "Noon at night". Un jour, il reçoit le manuscrit d'un petit garçon, Pete, qui lui explique qu'il l'admire beaucoup, et qui lui raconte son histoire: lorsqu'il était petit, ses parents et des amis de ses parents abusaient de lui. Un jour, il a rassemblé des vidéos et des photos, et est allé porter tout ça à une assistante sociale. On aurait pu croire qu'à présent, il aurait un peu de répit et pourrait essayer d'oublier son calvaire. Mais non. Pete ne pourra jamais cesser d'y penser: il a attrapé le SIDA. Gabriel prend contact avec lui, et une grande amitié se noue entre eux.

Critique:
Alors, je voudrais des avis parce que je n'ai rien compris à la fin. L'histoire est bouleversante, le sujet est vraiment d'actualité. Maupin exploite très bien le sujet. Il sait être grave, et montrer ce qui peut arriver à quelqu'un atteint du SIDA. En même temps, il garde l'humour qu'on lui connaît pour certains passages un peu plus légers, comme lorsque Gabriel prend l'avion, et se fait draguer par un stewart, alors qu'il discute avec une dame "respectable"... Mais je pense que la fin gâche le sérieux, le grave de la situation. Ou alors, peut-être faut-il lire la fin à la lumière du tout début. Et encore, même en repensant au tout début, on est un peu perdu, avec cette fin. On ne sait plus trop où Maupin veut aller.

Sinon, il y a un petit clin d'oeil aux "chroniques de San Francisco", parce qu'Anna Day (la fille de Dede Day dans "Les chroniques") travaille pour Gabriel.

Éditeur: éditions de l'Olivier.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jo Excoffier pour la Bibliothèque Braille Romande.

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