Lecteur : Duperret Jacqueline

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vendredi, 8 mai 2015

Chroniques d'un coeur d'artichaut, de Claude-Inga Barbey.

Chroniques d'un coeur d'artichaut

L'ouvrage:
Le jour de ses quarante ans, Lisa part pour l'Italie. Elle va sur la tombe de son premier amour.

Critique:
Ce court roman raconte quelques jours de la vie de certaines personnes gravitant plus ou moins autour de Lisa. Il y a son mari (Tristan), ses enfants (Max et Lucie), la voisine (Astrid), son fils (Jean-Louis), etc. Claude-Inga Barbey a su créer des personnages sympathiques, certains parce qu'ils sont originaux, d'autres parce qu'ils le sont moins. Par exemple, Lucie ne se comporte pas vraiment comme une adolescente. J'ai trouvé cela rafraîchissant.
Un parallèle est fait entre Tristan et Jean-Louis. Chacun souffre, à sa manière, du regard des autres. Chacun nous force à bousculer nos clichés.

La romancière évoque certains sujets graves avec humour. par exemple, Eugène, surnommé (à juste titre) le Chacal, travaille sur une idée d'émission de téléréalité dont le concept est très intéressant: confronter des gens à leurs vices et voir combien de temps ils tiennent sans les assouvir. les exemples qu'il donne sont cocasses d'abord à cause des situations évoquées, mais également parce que le Chacal n'est pas si loin de ce qui pourrait être imaginé dans la réalité. D'ailleurs, peut-être une émission de ce type existe-t-elle...
À côté de cela, Tristan anime une émission de radio où il écoute les problèmes des gens. Au moment où se déroule le roman, il tombe sur un auditeur assez étrange qui suscitera également l'hilarité du lecteur, malgré ou à cause de la gravité de ce qu'il expose.

Claude-Inga Barbey provoque également le rire en caricaturant (mais si peu) certaines choses comme les appels téléphoniques où on est ballotté de part et d'autre, les guichets où on fait la queue à n'en plus finir et dont les règlements sont obscurs et peu sensés, etc.

Il m'a plu de suivre ce petit monde dans ses aventures et déboires. J'ai moins adhéré aux passages où on voit lisa. J'ai compris qu'elle se posait des questions, était effrayée... J'ai compris ses peurs, mais il m'a semblé que Lisa trouvait moins sa place que les autres, dans ce roman. Elle marque une parenthèse en s'absentant pour réfléchir, et j'ai ressenti cet éloignement. Elle m'a moins intéressée que les autres. Cette remarque n'est pas forcément un reproche. Les passages où on voit Lisa jouent sur un registre différent: plus grave sans hilarité. De ce fait, cela peut être un peu déroutant, mais pas désagréable.

Un livre sympathique, frais, enlevé, qui fait également un peu réfléchir.

Éditeur: Éditions d'autre part
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacqueline Duperret pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi, 6 avril 2015

La fiancée américaine, d'Éric Dupont.

La fiancée américaine

L'ouvrage:
Rivière du Loup, petit village canadien.
Louis Lamontagne aime raconter des histoires à ses enfants. Il raconte souvent celle de sa naissance à Noël 1918. Sa fille, Madeleine, née en 1950, adore ce récit, et d'autres qui lui apprennent l'histoire de sa famille.

Critique:
J'ai trouvé ce roman inégal. D'abord, j'ai eu du mal à me faire à sa structure. L'auteur commence par évoquer la famille Lamontagne en 1960, puis en 1918, puis l'adolescence de Louis, etc. J'ai trouvé qu'il y avait trop de louvoiements rapides entre le passé et le présent. Pour moi, cela faisait fouillis, brouillon, etc.

J'ai surtout apprécié les passages racontant l'enfance de Madeleine jusqu'à ses dix-huit ans. J'y ai retrouvé des moments marquants de l'histoire du Canada. Par exemple, la religion y était très présente et étouffante. L'auteur s'arrange pour faire passer certaines choses en les racontant de manière caustique. Par exemple, le prêtre pousse Irène (la mère de Madeleine) à avoir d'autres enfants alors que l'un des siens vient de mourir. Il est vrai qu'au Canada, dans les années 60-70, on poussait les gens à avoir beaucoup d'enfants.
J'ai trouvé que les passages où les jeunes filles étaient au couvent pour leur instruction étaient assez représentatifs de la manière dont se passaient les choses à l'époque.
Tout ce passage est bien raconté, plonge dans une ambiance particulière où rire et larmes se côtoient. Éric Dupont montre une famille pas toujours heureuse, mais qui s'en tire. Le personnage de Madeleine la mère (grand-mère de Louis) est également source d'amusement.

Pour moi, les choses se sont gâtées à partir du moment où Madeleine est partie. D'abord, il y a eu une grosse ellipse. Si l'auteur a continué de montrer, par la suite, le personnage clé qu'est Madeleine, j'ai eu du mal à m'attacher aux «nouveaux» personnages qui débarquaient sans qu'on les ait vraiment vus évoluer. Par contre, j'ai apprécié de voir les différents points de vue des enfants de Madeleine. On découvre que plusieurs vérités peuvent coexister, que plusieurs personnes peuvent avoir une opinion différente sur un même événement, et que tous ces points de vue peuvent se comprendre.

Ensuite, j'ai trouvé certaines choses assez grosses, notamment l'histoire de Magdalena et tout ce qu'elle implique... De plus, je ne me suis pas vraiment attachée aux personnages. J'attendais peut-être trop de ce roman...

Éditeur: Éditions du Toucan.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacqueline Duperret pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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vendredi, 13 mars 2015

Les convalescentes, de Michèle Gazier.

Les convalescentes

L'ouvrage:
Après qu'elle a foncé en voiture dans la grille du lycée dans lequel elle est professeur, Lise se voit prescrire trois mois de repos dans un lieu de cure. Elle choisit de retourner dans l'arrière-pays langdocien de son enfance.
Dans la maison de repos, elle fait la connaissance d'Oriane, vingt-quatre ans, coutumière de ce lieu à cause de son anorexie.
Daisy est paralysée à la suite d'un accident. Elle fait une cure thermale. Lise Oriane croisent souvent Daisy et son mari, Maxime. Il semble à Lise avoir déjà vu cet homme.

Critique:
Le roman m'a globalement plu, même si j'ai certains reproches.
J'ai trouvé un peu étrange que Lise et Oriane se lient ainsi d'amitié, alors que tout les oppose. Bien sûr, l'auteur sous-entend qu'Oriane est une espèce de déclencheur, de béquille. Lise réapprend à s'attacher, à aimer grâce à elle.
J'ai aussi trouvé curieux que l'indépendante Daisy se soit si rapidement mariée et ait si radicalement changé de mode de vie. Bien sûr, c'est expliqué par sa condition.
Ce qui conduit Oriane à la maison de repos peut sembler cliché, mais c'est pourtant terriblement réaliste.
Voilà pourquoi tous mes reproches sont discutables.

Michèle Gazier expose et analyse le mal être des personnages qu'elle décrit. La solution que chacun adopte n'est pas forcément la bonne, mais les trois femmes se remettent en question, même si cela arrive tard.

Pendant tout le roman, on oscillera entre deux hypothèses. Très vite, j'ai sauté sur l'une d'elles, et Lise n'a pas tardé à me suivre. Cependant, certaines choses que dit Oriane à la fin font réfléchir. Je continue à penser que j'avais raison, mais les indices que j'ai récolté (à l'instar de Lise, puis de Daisy), peuvent être interprétés différemment. Michèle Gazier rassemble un faisceau de preuves qui nous feront pencher d'un côté, mais finalement, rien n'aura vraiment été clarifié. J'aime les livres où les auteurs jouent ainsi: le lecteur se retrouve limier, il doit faire parler les indices le plus objectivement possible.

J'ai eu du mal à apprécier Oriane. Ce n'est qu'à la fin que j'ai éprouvé de la compassion pour elle, surtout parce qu'elle était plus posée que pendant le reste du roman. Pourtant, je sais que le fait qu'Oriane soit insupportable vient du mal être qu'elle ressent en permanence.

Au début, Lise m'agaçait un peu parce que j'ai du mal avec ceux qui n'aiment pas leur vie privée et se laissent porter par elle. Cependant, ce personnage m'a rapidement été sympathique. Les premiers jours de marasme passés, elle tente de faire quelque chose, de comprendre, et commence à s'intéresser aux autres.

Daisy est plus trouble. Étrangement, je l'ai tout de suite trouvée sympathique. Ensuite, j'ai compris son cheminement. Enfin, après avoir lu la fin du roman, je ne sais pas trop quoi penser d'elle...

Éditeur: Seuil.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacqueline Duperret pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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vendredi, 15 août 2014

L'enfant du silence, d'Abigail Padgett.

L'enfant du silence

L'ouvrage:
Une vieille indienne trouve un enfant de quatre ans dans une cabane. Il est attaché sur un matelas.
Bo Bradley, assistante sociale, s'occupe de ce cas. Elle se prend très vite d'affection pour l'enfant. Celui-ci étant en danger, la jeune femme fera tout pour le protéger.

Critique:
J'ai trouvé ce roman inégal. Au début, j'ai aimé découvrir le personnage de Bo et l'intrigue à laquelle elle est mêlée. La trame est classique: l'affaire éveille en elle des souvenirs qu'elle n'a jamais digérés, ce qui fait qu'elle va se pencher sur son passé. L'auteur insère des scènes d'action étant donné que l'enfant est traqué. Au début, tout cela est bien amené parce qu'on ne sait pas d'où viennent les coups, et parce qu'Abigail Padgett entoure cela de suffisamment de mystère.
J'ai également apprécié le personnage d'Annie Garcia, l'indienne. Elle fait figure de sage.
Malgré cela, au bout d'un moment, j'ai trouvé que les choses s'essoufflaient.

Bo est atypique, certes, mais elle finit par devenir typique du genre. Elle aime son métier, le fait avec son coeur, pour elle, l'enfant n'est pas seulement un cas. L'auteur ajoute un élément à son personnage: elle est cyclothymique. Cela lui donne peut-être davantage d'épaisseur, mais sans la démarquer vraiment.

Ensuite, j'ai trouvé la solution assez fade. Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais, mais cela ne m'a pas vraiment plu. D'abord, il me semble qu'en pinaillant, on peut trouver une incohérence. Ensuite, pour moi, ce genre de «solution» fait un peu bâclée. L'auteur n'a pas vraiment développé la psychologie de certains personnages, et cette façon de tourner les choses a déjà été utilisée.

Un polar ayant certains aspect sympathiques, mais dont les côtés trop prévisibles gâchent un peu le tout.

Éditeur: Payot et Rivages.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacqueline Duperret pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi, 11 août 2014

À ta santé la vie, tome 1: Cognac et porto, de Michèle Matteau.

À ta santé la vie, tome 1: Cognac et porto

L'ouvrage:Hampton, 1975.
Danielle a quitté Montréal afin de recommencer sa vie. Elle est professeur de français dans une école.

Critique:
Ce livre évoque une situation qui, au départ, est assez difficile. Une femme va tout quitter pour se reconstruire. Cette reconstruction ira au-delà de ce qu'elle pensait elle-même. j'ai aimé cette idée: Danielle se croit incapable d'être elle-même, elle pense s'être trop fondue dans sa vie de famille, et pourtant, elle découvre qu'elle peut faire autre chose, tout recommencer, se retrouver.
Michèle Matteau aborde ce thème à travers un autre personnage: Édith, enseignante dans la même école que Danielle. Les deux femmes deviennent amies, et l'auteur alternent les points de vue. J'ai un peu moins apprécié Édith que je trouvais très tranchée sur beaucoup de points. Cependant, je l'ai comprise. En outre, elle finit par remettre certaines choses en question, comprendre qu'elle a eu tort sur certains points. Et puis, elle aussi fait son possible pour être libre.

Nos deux héroïnes sont entourées de personnages qui ont tous quelque chose à dire, et dont certains seront sympathiques et d'autres moins. Par exemple, j'ai apprécié Claire et Suzanne, les filles de Danielle, et j'espère qu'elles seront développées dans les tomes suivants. J'ai trouvé certains aspects de l'histoire quelque peu prévisibles, mais finalement, cela ne m'a pas gênée. Je trouve un peu dommage que tant de personnages pratiquent l'adultère.

J'ai apprécié que l'auteur montre différents professeurs ayant différentes sensibilités et façons de faire. Danielle, par exemple, s'investit dans son travail. Il est peut-être dommage que celle qui ne s'investit pas soit celle qui est antipathique au lecteur. Cela fait un peu caricatural, mais il doit y avoir un fond de vérité dans cette façon de montrer les choses. Une personne ouverte et à l'écoute dans sa vie privée le sera aussi dans son travail et vice-versa.

Note: M'étant ennuyée sur le premier quart du tome 2, je ne finirai pas la série, et donc, ne chroniquerai pas les deux autres tomes.

Éditeur: l'Interligne.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacqueline Duperret pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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