Lecteur : Duperret Jacqueline

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi, 23 novembre 2017

Je rêve de dormir, de José Haba-Rubio et Raphaël Heinzer.

Je rêve de dormir

L'ouvrage:
Les docteurs José Haba-Rubio et Raphaël Heinzer nous expliquent ce qu'est le sommeil, à quoi il sert, etc. Puis ils nous parlent des maladies du sommeil.

Critique:
J'ai voulu lire ce documentaire parce que je ne dors pas toujours très bien. J'ai appris des choses très intéressantes. J'en donnerai une plus particulièrement en exemple, car elle va m'aider à mieux gérer mon sommeil à l'avenir. Les médecins expliquent que dormir toute une nuit sans se réveiller ne nous est pas naturel. Il est davantage dans notre nature de dormir quelques heures, de nous réveiller une ou deux heures, puis de nous rendormir. Moi qui me réveille régulièrement au milieu de la nuit, et qui me maudis parce que je ne me rendors pas tout de suite, je ne stresserai plus, sachant que c'est normal, et donc, me rendormirai sûrement plus vite. L'inconvénient, c'est que (comme pour beaucoup de monde), mon réveil nocturne se produit entre 3h30 et 4h30, et le réveil sonne à 6h. La solution pour ne pas se rendormir trop peu de temps avant de devoir se lever, c'est... de se coucher plus tôt, pour se réveiller plus tôt, et se rendormir plus tôt. Facile à dire. Je suis la première à avoir du mal à me coucher tôt parce que j'adore mes loisirs, et j'ai envie de continuer à lire ou à regarder des séries... Je pense que maintenant que j'ai lu cela, je vais essayer (davantage qu'avant) d'avoir une meilleure hygiène de sommeil.

Je me suis attardée sur cet exemple, car il m'a beaucoup parlé, mais il est très loin d'être le seul. J'ai apprécié que les auteurs reviennent sur certaines idées concernant le sommeil, et expliquent pourquoi elles sont vraies ou fausses. Il en est une en laquelle je croyais dur comme fer: celle qui dit que nous dormons moins bien les nuits de pleine lune. J'y croyais surtout parce que les rares fois où mon mari dort mal, il se rend compte, le lendemain, que ce sont des nuits de pleine lune. Les médecins disent qu'il n'y a aucune preuve scientifique flagrante, et justifient cette croyance par le fait que quand on dort mal, et qu'on se lève, on voit la lune, et on se souvient, ensuite, que c'était la pleine lune. Mais ils disent que peut-être, il y a d'autres mauvaises nuits dont on ne se souvient pas. Il faudra que je pense à vérifier toutes les fois où mon mari dormira mal.

J'ai souri, parce que j'ai expérimenté certaines choses décrites ici. Par exemple, il m'est déjà arrivé de me rendre compte que si je bougeais à l'intérieur d'un rêve, en réalité, rien n'arrivait. C'est assez perturbant... Les médecins expliquent que lors des rêves, les muscles «se paralysent» pour qu'on ne vive pas ce qu'on est en train de rêver. Je me souviens avoir rêvé que je disais des âneries avec une amie, que nous parlions très fort toutes les deux... J'imagine la tête de mon mari si mon cerveau ne m'avait pas empêchée de le faire.

Quant aux maladies évoquées, j'en connaissais certaines, mais j'en ai découvert. Par exemple, le «Night eating syndrome»: la personne se réveille et ne peut se rendormir tant qu'elle n'a pas mangé.
Il va de soi que je suis très loin d'avoir évoqué toutes les informations contenues dans ce livre. Très souvent, les médecins font appel à notre bon sens, ce qu'ils disent est logique.

Les auteurs n'utilisent pas de jargon (ou alors, l'explicitent tout de suite). Ils ont parsemé l'ouvrage de petites plaisanteries sympathiques qui s'insèrent bien dans leurs propos. Je trouve un peu dommage qu'ils aient préféré mettre des titres qu'ils pensaient sûrement accrocheurs lorsqu'ils évoquaient certains cas. J'aurais préféré que le titre du sous-chapitre soit le nom de la maladie dont souffre le patient. Bien sûr, c'est du pinaillage, et c'est le seul reproche que j'adresserai à ce livre.

Éditeur: Favre.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacqueline Duperret pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Acheter « Je rêve de dormir » sur Amazon

jeudi, 1 juin 2017

Je n'ai pas peur, de Niccolo Ammaniti.

Je n'ai pas peur

L'ouvrage:
Un jour, en jouant, Michele, neuf ans, se retrouve dans une maison abandonnée. En furetant, il découvre «un trou» dans lequel un enfant est retenu prisonnier.

Critique:
Peut-être attendais-je trop de ce roman. En tout cas, j'ai été déçue, malgré certaines qualités indéniables. Par exemple, les sentiments de Michele sont très bien analysés. Il est brutalement parachuté dans un monde où les adultes font sciemment le mal. Il doit l'assimiler, tout en aidant le petit prisonnier de son mieux. Il est très jeune, et n'a pas beaucoup de liberté de mouvements. Le revers de la médaille est que cela engendre des lenteurs. On voit beaucoup Michele avec ses parents, ou jouant avec ses amis. Dans tous les cas, il tente de se distraire pour ne pas penser à l'enfant prisonnier. C'est bien décrit, et on ressent bien la tension sous-jacente, mais cela m'a paru trop long.

Par opposition, la fin est trop rapide. J'aurais aimé davantage de détails. Que va-t-il arriver? Que vont devenir certains personnages? On se doute de certaines choses, mais pour moi, des réponses manquent. C'est d'autant plus frustrant que j'ai eu l'impression que le roman se traînait par moments. Là encore, je pense que l'auteur a souhaité quelque chose de brutal, un coup de poing. Certes, mais rien ne l'empêchait de donner quelques explications. Pour moi, la fin n'aurait pas perdu en force, elle en aurait même gagné.

Je n'ai pas pu m'attacher aux adultes. Certains sont un peu plus nuancés que d'autres, mais la raison de leur mauvaise action me les montre comme des enfants capricieux. Pour moi, ils n'ont aucune circonstance atténuante, même ceux qui, parfois, semblent se montrer un peu humains dans telle ou telle situation.

Ma déception quant à ce roman vient aussi, je pense, de ce que j'ai beaucoup aimé «Et je t'emmène», du même auteur. De ce fait, j'ai placé la barre très haut. J'ai retrouvé le style à la fois vif, très imagé, et souvent drôle, de Niccolo Ammaniti. J'ai également retrouvé sa capacité à dire certaines choses graves de manière légère, surtout que ces choses sont vues par un enfant. Cependant, je m'attendais à quelque chose de mieux.

Éditeur: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacqueline Duperret pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Jacqueline Duperret fait partie des lecteurs que je retrouve avec plaisir. Elle lit un peu trop lentement pour moi, mais il me suffit d'accélérer le débit. D'autre part, sa lecture est vivante sans exagération. Enfin, elle ne tente pas de faire des accents très marqués pour les noms propres étrangers. Ici, elle a bien été obligée de prononcer Mikélé pour Michele, mais elle ne l'a pas fait de manière exagérée, ce qui, pour moi, aurait été ostentatoire et pas naturel.
D'autre part, il arrive que la BSR découpe certains chapitres jugés trop longs en plusieurs «plages». Lorsque cela arrive sur un livre enregistré par cette lectrice, elle indique clairement si le découpage suit la structure du livre ou s'il est dû à la BSR. Cela me facilite la vie, car lorsque je garde le livre, je lui rends sa structure originelle en collant les morceaux de chapitres découpés. Lorsqu'il n'est pas précisé si le découpage est artificiel ou s'il suit la structure du livre, je suis bien embêtée. Cela m'est arrivé récemment avec «Une autre idée du silence» de Robyn Cadwallader où les chapitres narrés par Sarah sont découpés. Une âme charitable a emprunté le livre papier à sa bibliothèque, et m'a donné la solution: le découpage suit la structure du livre. ;-)

jeudi, 13 août 2015

Chère Laurette, tome 4: La fuite du temps, de Michel David.

Chère Laurette, tome 4: La fuite du temps

L'ouvrage:
1966.
Les enfants Morin ont grandi. Certains sont mariés. Jean-Louis, Gilles et Carole vivent encore chez leurs parents. Carole a un petit ami que ceux-ci n'apprécient pas vraiment...

Critique:
Ce roman, qui clôture la saga «Chère Laurette», est, à mon sens, égal aux trois autres. J'apprécie que l'auteur ait écrit une saga dont tous les tomes sont dans le même esprit. J'ai lu beaucoup de séries qui n'étaient pas égales et qui, de ce fait, étaient décevantes.

J'ai été ravie de retrouver la famille Morin. La vie de la famille a quelque peu changé, puisque certains enfants sont mariés. Cependant, leurs relations sont peut-être plus étroites que lorsqu'ils vivaient sous le même toit. Par exemple, Laurette est beaucoup moins injuste envers Richard. La famille reste très soudée. Ses membres sontS toujours prêts à s'entraider, et surtout à rendre service à Gérard et Laurette.

Les personnages sont égaux à eux-mêmes. Je n'apprécie toujours pas Jean-Louis. Pourtant, avec le temps et les événements, ses défauts s'atténuent un peu.
Le lecteur éprouvera de la compassion pour Carole. Les choses ne sont pas simples pour elle. Je sais que ce qui arrive vers la fin est pour le mieux, mais je me dis que les personnages auraient peut-être pu faire preuve de davantage d'empathie vis-à-vis d'elle. Ils auraient pu être un peu plus souples. Laurette, par exemple, ne pense qu'à son bonheur d'obtenir finalement ce qu'elle veut, mais ne pense pas à Carole. Personne ne propose un arrangement... On me dira qu'à l'époque, cela ne se faisait pas. Certes, mais dans la famille Morin, on est en avance sur beaucoup de choses, alors pourquoi pas ici? Bien sûr, un autre arrangement aurait peut-être lésé d'autres personnages...
Pour moi, Denise est toujours un peu gourde. Cependant, elle acquiert un peu de personnalité.
Laurette est à la fois drôle et agaçante. Sa mauvaise foi est souvent pénible. En outre, elle est un peu trop sur le devant de la scène. Bien sûr, son fort caractère l'explique, mais c'est parfois un peu trop marqué. Par exemple, elle pense tout le temps qu'on va oublier son anniversaire, que Gérard va oublier leur anniversaire de mariage... et bien sûr, cela n'arrive pas. Elle reçoit toujours des cadeaux montrant l'attention des siens. Or, on ne voit jamais Gérard recevoir de cadeaux pour son anniversaire, ni les autres membres de la famille... À un moment, l'auteur rattrape un peu cela dans ce tome, d'ailleurs.

Il me semble que dans ce tome, l'humour est davantage présent. C'est surtout Laurette qui provoque le rire. J'ai d'ailleurs eu un fou rire lors de la soirée que le couple passe dans un restaurant huppé de la ville. D'abord, il y a un décalage entre eux et ce genre d'établissement. Ensuite, Laurette (toujours très naturelle, et faisant fi des conventions) se fait fatalement remarquer. Pour donner d'autres exemples, avec le temps, la messe change: elle n'est plus en latin, etc. Laurette commente tous ces changements avec son bagout habituel. Il y a encore beaucoup d'exemples de situations très drôles (le week-end dans le chalet, le mariage, etc).
L'auteur joue également sur le comique de répétition. En effet, lorsqu'il est question de Colombe, Laurette lui reproche toujours les mêmes choses. C'est amusant parce qu'à chaque fois, le lecteur assiste à ce qui fait qu'ensuite, Laurette grogne après sa belle-soeur. Cela renforce la complicité entre le lecteur et Laurette.

Éditeur: Hurtubise.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacqueline Duperret pour la Bibliothèque Sonore Romande.
J'ai été contente de retrouver cette lectrice sur le tome 4. Pour moi, elle entre bien dans la peau des personnages, notamment lorsqu'il s'agit des dialogues.

Pour les trois premier tomes, il y avait un fichier par chapitre. Ici, les chapitres ont été découpés. Je n'aime pas qu'un chapitre fasse plusieurs fichiers: comme je l'ai déjà dit, je trouve que ce n'est pas propre, et qu'en plus, cela ne respecte pas la structure du livre papier. Je n'ai pas compris le choix de découper les chapitres de ce roman... Peut-être certains auditeurs des tomes précédents ont-ils trouvé que les fichiers étaient trop gros, qu'un fichier de plus d'une heure, c'était trop long. Si c'est l'explication, je ne la comprends pas. En effet, je fais partie des personnes qui se passent très bien du format DAISY, mais si j'ai bien compris, le format DAISY permet justement de se repérer, et d'atteindre un point donné très facilement. Dans ce cas, pourquoi couper les chapitres en plusieurs fichiers?

Acheter « Chère Laurette, tome 4: La fuite du temps » sur Amazon

jeudi, 6 août 2015

Chère Laurette, tome 2: À l'écoute du temps, de Michel David.

Chère Laurette, tome 2: À l'écoute du temps

L'ouvrage:
1952. Suite de la vie de la famille Morin.

Critique:
Je pense avoir préféré ce tome à «Des rêves plein la tête», que j'ai beaucoup aimé. Je reprochais au tome 1 de trop s'étaler dans le temps. Le tome 2 est aussi épais et se déroule sur un an, ce que j'ai beaucoup apprécié. L'ambiance est toujours la même. Le roman est toujours porté par des dialogues savoureux et des situations souvent cocasses. L'auteur prend le temps de dépeindre les conditions de vie de ses personnages. La famille Morin est dans le même appartement depuis vingt ans, et n'a pas beaucoup d'argent. Cela fait que les personnages font de leur mieux. D'1n autre côté, la soeur de Gérard (Colombe) et son mari ont davantage d'argent, et pas d'enfants. Ils n'hésitent pas à étaler leurs richesses devant Gérard et Laurette. De ce fait, Laurette oscille entre honte de sa condition et envie de celle de sa belle-soeur. Cela se comprend.

Parfois, une situation engendrée par la pauvreté de la famille est source de rire. Par exemple, personne ne va chez le dentiste, car c'est bien trop cher. À un moment, Gilles doit se faire arracher plusieurs dents. Il est effaré de ces «trous» à la place de ses dents. C'est alors que Richard, goguenard, lui dit qu'il pourra toujours emprunter le dentier de Gérard pour séduire les filles.

Ce tome se déroule «tranquillement», et est rythmé par le quotidien de la famille (l'école, les premières amours, les disputes entre frères et soeurs). Cela m'a beaucoup plu, car c'est raconté d'une plume alerte et réaliste. En outre, l'intérêt est relancé par une facétie du destin: Gérard et Laurette vont devoir héberger Lucie (la mère de Gérard) pendant presque trois semaines. Cela n'ira pas sans heurts. Certaines scènes sont (comme je m'y attendais) amusantes, mais j'ai surtout retenu le fait que la famille fait beaucoup de concessions, et que si Lucie les voit et semble les prendre en compte, elle ne peut s'empêcher d'être blessante. Par exemple, elle affirme qu'une demoiselle doit savoir jouer du piano, alors qu'il est évident (même pour quelqu'un qui n'est pas très futé) qu'il serait impossible à Gérard et Laurette de faire ce genre de dépenses. En outre, l'auteur souligne que Lucie ne s'est jamais montrée très aimante et généreuse avec ses petits-enfants, à l'inverse des parents de Laurette.
Enfin, Lucie ne peut s'empêcher de faire enrager sa belle-fille. Elle a d'ailleurs raison sur certains points, mais elle prodigue ses conseils de telle manière que n'importe qui s'en offusquerait. L'un d'eux porte sur le poids de notre héroïne. Ce sujet suscitera tour à tour le rire et l'exaspération du lecteur.

Ce tome permet aussi de mieux connaître les cinq enfants de Gérard et Laurette. Personnellement, je n'aime pas Jean-Louis, dont le caractère égoïste a sûrement été accentué par la préférence marquée de sa mère à son égard... préférence qui est assez casse-pieds. J'aime beaucoup Gilles et Richard. On remarquera que si Richard est le plus pénible, il semble aussi être celui ayant le plus grand coeur.
Denise est parfois un peu godiche avec son maquillage et ses romans-photos.

La fin est un tournant. Laurette va devoir réorganiser sa façon de vivre. Sachant que malgré ses défauts (dont son très mauvais caractère), elle est courageuse, il était évident qu'elle ferait ce qu'il faudrait pour s'en sortir. Il sera intéressant de voir les conséquences de ce tournant dans le tome 3.

Remarque annexe:
Je n'ai lu aucune autre saga de Michel David, mais j'ai lu les résumés des tomes 1 de ses autres séries. Il semblerait que les Morin rencontrent les personnages d'au moins une autre série. J'aime bien que les écrivains fassent cela.

Éditeur: Hurtubise.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacqueline Duperret pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Acheter « Chère Laurette, tome 2: À l'écoute du temps » sur Amazon

lundi, 3 août 2015

Chère Laurette, tome 1: Des rêves plein la tête, de Michel David.

Chère Laurette, tome 1: Des rêves plein la tête

L'ouvrage:
Montréal, 1930.
Laurette Brûlé a dix-sept ans. Sa famille doit faire face à la crise qui sévit à cause du crac boursier de 1929 aux États-Unis. La jeune fille au caractère très affirmé aide ses parents du mieux qu'elle peut. C'est alors qu'elle rencontre Gérard Morin, magasinier.

Critique:
J'ai découvert la littérature québécoise à la faculté. Je l'ai très vite beaucoup appréciée. En lisant ce tome 1, j'ai été plongée dans une ambiance qui m'a un peu rappelé celle de «Les chroniques du plateau Mont Royal» de Michel Tremblay. Mêlant l'histoire de ses personnages à l'Histoire du Canada, Michel David évoque paysages, coutumes, événements importants... Outre la crise, les personnages seront confrontés à la seconde guerre mondiale. Elle aura d'ailleurs un effet revigorant sur l'emploi.

L'ambiance ne serait pas ce qu'elle est si les dialogues ne regorgeaient pas d'expressions québécoises, assortis à une syntaxe populaire. Ce n'est quand même pas du joual, mais cela s'en rapproche. Je trouve que cela contribue beaucoup au fait que le livre est vivant. D'ailleurs, l'auteur se contente de faire parler ses personnages normalement. J'aurais trouvé étrange que la langue parlée soit du «français standard».

Il m'a plu de suivre les péripéties de ces personnages. Laurette ressemble aux héroïnes des sagas. Elle n'hésite pas à faire valoir son opinion, même si elle doit aller contre l'avis de son mari. À l'époque, les femmes n'avaient pas autant de liberté que maintenant. Elle a bien sûr des côtés agaçants qui la rendent plus humaine. Par exemple, si on comprend ses emportements, ils font qu'elle n'est pas toujours diplomate. Elle peut aussi également être très entêtée. Sa préférence marquée pour l'un de ses enfants est sûrement ce qui m'a le plus agacée chez elle. J'ai apprécié la manière dont elle mène la petite guerre qui a cours entre sa belle-mère (Lucie) et elle. Il est vrai que Lucie est son opposée, et qu'en plus, elle non plus ne sait pas dire les choses avec diplomatie. Cela engendre de savoureuses joutes.

Les parents de Laurette sont des personnages très sympathiques, ainsi que ses frères. Annette, sa mère, entre douceur, fermeté, et sagesse, mène son petit monde comme il faut. Honoré (le père de Laurette), calme, avisé, généreux, est apprécié de tous. Puis viennent les enfants de Laurette. Chacun a ses particularités, surtout les garçons. En effet, pour l'instant, Denise ne s'affirme pas trop.

L'auteur raconte la vie de gens simples, qui connaissent la valeur de l'argent, et ne supportent pas le gaspillage. Laurette, obligée de faire vivre sa famille avec peu, se révèle une redoutable femme d'affaires. (Voir comment elle a eu un prix sur des vêtements neufs, puis plus tard, sur les lunettes destinées à Gérard.) Il ne faut pas oublier les scènes humoristiques dont l'auteur parsème son roman. Entre dialogues savoureux (très vivants) où les personnages n'hésitent pas à se taquiner, et situations cocasses (S'il ne fallait prendre qu'un exemple, je parlerais de l'anecdote du frère de Conrad lors du mariage de Laurette.), on sourira souvent.

J'ai trouvé que le tome 1 de cette saga s'étalait peut-être un peu trop dans le temps, mais ce n'est pas si gênant.

Éditeur: Hurtubise.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacqueline Duperret pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Acheter « Chère Laurette, tome 1: Des rêves plein la tête » sur Amazon

- page 1 de 4