La maison du lys tigré

L'ouvrage:
Stuart Font, jeune et insouciant, profite de sa toute récente indépendance. Vivant au jour le jour, il songe davantage à fréquenter Claudia (une femme mariée) qu'à chercher un travail. Son projet actuel est sa pendaison de crémaillère, à laquelle il a invité ses voisins.

Critique:
Ce roman m'a plu. Pendant une grande partie, je n'ai pas su où l'auteur allait. J'entrevoyais bien certaines choses, mais sans trop pouvoir les assembler. Le récit est un peu lent, mais je ne me suis pas ennuyée, car la romancière plante un décor, présente des personnages. J'ai lu des chroniques: certains ont trouvé cela brouillon et poussif, au contraire de moi. J'ai bien aimé rencontrer ces personnages, découvrir leur vie quotidienne et les travers de certains, constater les minuscules interactions qu'il existe entre eux, voir ce que chacun pense des autres... Beaucoup d'entre eux ne sont pas très appréciables. En général, cela me rebute. Ici, cela ne m'a pas gênée. J'avais plutôt l'impression d'être complice avec l'auteur qui, je le pressentais, préparait des tours à jouer à ceux qui me déplaisaient. Du reste, certains m'étaient sympathiques.

À travers Olwen, Ruth Rendell développe le thème de l'addiction à l'alcool. J'ai été étonnée (même si je sais que je n'aurais pas dû) de voir jusqu'où pouvait aller cette femme pour se procurer de la vodka. Progressivement, elle perd la notion des choses, car rien n'est plus important à ses yeux. Cet assujettissement est assez effrayant.

Stuart fait partie de ceux que je n'ai pas aimés. Égoïste, couard, n'hésitant pas à profiter des autres, il me faisait l'effet d'une sorte de parasite. Je souriais lorsqu'il était corrigé par Freddy, le mari de sa maîtresse.

J'ai bien aimé Marius et Rose. Certains les trouveront peut-être un peu niais. Soit, mais cela ne nuit pas aux autres, donc je les ai volontiers excusés.

Le meurtre arrive assez tard. Il est préparé par tout ce qui se déroule avant. J'ai trouvé que c'était assez bien construit. D'abord, on nous montre la vie de personnages, puis l'un d'eux est assassiné. On commencera tout de suite à faire des associations d'idées en se basant sur ce qu'on sait pour trouver le coupable. En général, le genre d'histoires où on cherche l'assassin parmi une dizaine de protagonistes m'agace, mais ici, j'ai aimé connaître les événements précédents. Ayant été familiarisée avec ces personnages, c'est naturellement qu'après le meurtre, je me suis demandé qui avait bien pu le commettre. Les pistes auxquelles j'ai tout de suite pensé m'ont paru trop faciles. J'ai été contente de ne pas découvrir le meurtrier avant que l'auteur ne le dévoile.

J'ai lu une chronique dont l'auteur se plaignait que ce roman ne soit pas aussi palpitant à ses yeux que ceux mettant en scène l'inspecteur Wexford. N'aimant pas ces romans (je les trouve trop classiques), j'en conclus que l'auteur de cette chronique et moi sommes d'accord sur un point: si vous aimez les Wexford, il y a des chances que vous n'aimiez pas «La maison du lys tigré», et vice versa.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christine Dufaillé pour le GIAA
Ayant entendu le nom de la lectrice et ne l'ayant pas vu écrit, il se peut que je l'aie involontairement estropié. Si c'est le cas, j'en suis désolée.

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