Hiver

L'ouvrage:
Au début du mois de février, dans une ville suédoise, un homme découvre un cadavre pendu à un arbre. Ce corps n'est qu'une plaie.
Malin Fors et ses collègues ont fort à faire pour cette enquête: ils trouvent rapidement que le mort s'appelle Bengt Andersson, mais cette découverte ne fait qu'épaissir le mystère.

Critique:
Mon sentiment quant à ce livre est mitigé. D'abord, je l'ai trouvé trop balisé. C'est ce que j'appelle un polar classique. Il y a un meurtre, et on cherche l'assassin. On interroge des suspects, on trouve des pistes, on les explore... il n'y a pas vraiment de surprises. Aucun vrai rebondissement ne vient relancer l'intrigue. En outre, étant habituée à certaines ficelles, j'avais deviné, par exemple, quel rôle jouait la personne qui s'exprime dans le prologue.
D'autre part, certains chapitres sont mal placés, et accentuent la lenteur, alors qu'ils auraient pu être une diversion si on les avait trouvés juste avant. Je pense surtout au récit de la soirée dansante et de ce qui s'ensuit fait du point de vue de Rakel. Le lecteur sait déjà comment cela se termine à cause de ce que vient de découvrir Malin. La fin du chapitre explique le caractère de Rakel, mais le reste...

Cependant, plus on avance dans le roman, plus les découvertes et les révélations éveillent l'intérêt du lecteur. D'abord, l'auteur montre des côtés très noirs de l'âme humaine. De plus, il parvient à faire que rien n'est manichéen: à l'instar de Bengt, je n'ai pu que plaindre l'un des bourreaux. Et j'ai été soulagée pour lui, à la fin... Quant à certains autres, je les ai détestés tout en éprouvant de la compassion pour eux. Enfin, il y a ceux pour lesquels je n'ai éprouvé aucune compassion. Concernant l'un d'eux, j'approuve les pensées de Malin au chapitre 76. Cet éventail de souffrances, de culpabilité, de violence... tout cela m'a dégoûtée, mais me fait dire que ce roman explore bien la psychologie des personnages.
Le lecteur bénéficie également des pensées de Bengt après sa mort. C'est une originalité, qu'elle plaise ou non.
Quant à la fin, elle arrive sans qu'une question soit résolue, ce qui rend l'ensemble plus réaliste.

Malin m'a à la fois plu et agacée. Elle fait son métier avec conviction, tente d'élever sa fille (Tove), est tiraillée entre deux hommes (celui qu'elle aime encore, et celui avec qui elle aime coucher), a un petit penchant pour la bouteille... Tout cela la rend humaine. Mais j'en ai un peu assez des policiers qui ne peuvent réussir leur vie. Bien sûr, tous les auteurs ne présentent pas leurs détectives ainsi: il n'y a qu'à voir le héros des romans de Camilla Läckberg... mais je trouve qu'il y en a trop... Malin me rappelle trop Harry Bosch (même si elle n'est pas aussi désespérée) pour que je n'en sois pas agacée.

Si j'ai eu du mal à entrer dans le roman, l'intrigue secondaire est ce qui a fait que j'ai pu attendre que l'enquête s'emballe. Il m'a plu de découvrir la vie privée de Malin: ses rapports avec sa fille (personnage que j'apprécie), avec son ancien mari, ses parents...

Le style m'a un peu gênée. La majorité de la narration est au présent, ce que je n'aime pas. En outre, j'ai trouvé désagréable que plusieurs passages commencent par une phrase parlant du présent de Malin, puis reviennent sur les événements arrivés juste avant. Et au bout de quelques phrases, on revient dans le présent de la femme policier...

Remarque annexe:
Tout au long du livre, le froid règne en maître. Il est acteur du roman, car il influe sur les vies et les morts. Je suis toujours fascinée par le grand froid, la neige. Cela fait qu'à mes yeux, le roman a revêtu une ambiance particulière.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Alexandra Dima.
Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il sort en audio le 16 février.

J'ai découvert la voix d'Alexandra Dima grâce à «Hiver», et pourtant, il me semble déjà la connaître... Quoi qu'il en soit, j'ai apprécié son interprétation. Elle a su, tout au long du roman, mettre le ton approprié de manière naturelle. Par ailleurs, sa voix est très agréable. Si elle devient la voix officielle de la série, cela pèsera dans la balance quant à ma décision de lire la suite.
Il m'a plu que l'éditeur ait poussé l'art du détail: à un moment, un personnage parle la bouche pleine. La lectrice interprète donc cette réplique la bouche pleine, ou comme si elle mangeait quelque chose. J'ai trouvé cela très bien fait, car on comprend ce qu'elle dit.

La musique n'est pas trop présente, ce qui, pour moi, est une bonne chose. De plus, elle est appropriée au roman et à son ambiance.

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