Parce que je t'aime

L'ouvrage:
Le 23 mars 2002, Layla Hattaway, cinq ans, a disparu dans un centre commercial. Ses parents, Mark et Nicole, n'ont pas pu sauver leur couple, après cela.
Le 23 mars 2007, Layla réapparaît à l'endroit où elle avait disparu.

Critique:
J'ai préféré ce roman à «Je reviens te chercher». J'ai trouvé que sentiments et personnages étaient mieux décrits, mieux analysés, que le tout faisait plus réaliste.

L'auteur décrit des personnages dont la vie a été bouleversée par une immense souffrance, par une chose après laquelle il est quasiment impossible de continuer. Puis il montre comment ces gens gèrent leur détresse.
Si j'ai compris Nicole, Connor, Evie et Alison, j'ai eu du mal à comprendre Mark. On me dira que chacun fait ce qu'il peut, qu'on ne peut pas décider à la place d'une personne de la manière dont elle doit réagir à un cataclysme. Certes, mais la réaction de Mark montre qu'en fait, il ne s'est jamais réellement mis à la place de ses patients. En effet, il était psychologue, et s'était spécialisé dans la résilience. Sa réaction montre qu'il se place au-dessus de tous: que les autres souffrent, mais surtout pas lui! Malgré tout, j'ai eu du mal à m'attacher à lui, et n'y suis pas vraiment parvenue. Pourtant, au long du roman, il évolue. Je l'ai trouvé inconsistant, grandiloquent, égoïste... Accessoirement, on se demande ce qu'est devenu son chien. Entre Mark, Connor et Nicole, il semble que personne ne se soit soucié de son sort...

On pourrait trouver la situation d'Alison un peu clichée, mais cela ne m'a pas gênée, car au final, on comprend ce qui pousse la jeune femme.
C'est la même chose pour Evie. Ce personnage est très attachant. On ressent très bien à la fois son envie de s'en sortir et son besoin de se venger tout en tentant de réparer. Par contre, l'auteur gâche un peu les choses avec deux éléments. D'abord, cette scène digne d'un mauvais film d'amour où quelqu'un (vous verrez qui) propose à Evie de faire le sale boulot à sa place, espérant que du coup, cela la dissuadera. Je n'ai pas vraiment compris la portée psychologique de la chose. Il suffisait à l'adolescente de répondre: «Je ne te demande rien, c'est à moi de le faire.» Ensuite, si la méthode que souhaite employer Evie n'est guère de mise, pourquoi ses «protecteurs», ne lui proposent-ils pas de l'aider à engager des poursuites judiciaires?

L'intrigue est bien menée. Il y a des retours en arrière, ce que je n'aime pas trop, mais ici, ça passe... Certains sont un peu artificiels parce qu'il n'y a pas de raisons à ce qu'ils ne soient pas racontés chronologiquement, sauf, bien sûr, le fait de ne pas dévoiler le noeud de l'intrigue.
Je n'ai pas deviné ce qu'avait fait l'auteur avant qu'il ne le dévoile. J'ai même pensé à des choses totalement erronées: heureusement, car elles ne me plaisaient pas. J'ai relevé ce que je croyais être des incohérences, mais elles sont expliquées par ce qu'on découvre, sauf une: pourquoi Layla avait-elle quelque chose de métallique dans le corps? Au départ, cela lance le lecteur sur une piste, mais ce n'est pas expliqué lorsqu'on découvre la vérité.

Remarque annexe:
Curtis, le chauffeur de Richard Harrison, est-il le même que celui de «Je reviens te chercher»?

Éditeur: XO.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Yvette Descolonges pour l'association Valentin Haüy.

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